Romain Roy (Greenweez) : "Nous rachetons Planeta Huerto pour bâtir un vrai champion du bio spécialisé online"

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Acquis par Carrefour il y a deux ans, le supermarché bio en ligne Greenweez s'offre Planeta Huerto, un site leader en Espagne et au Portugal qui lui ressemble comme deux gouttes de crème Weleda.

Romain Roy, cofondateur et directeur général de Greenweez.
Romain Roy, cofondateur et directeur général de Greenweez.© Greenweez

Le site marchand de produits bio Greenweez, créé en 2008 à Annecy par Romain Roy (lire l'interview ci-dessous), Carl Pimenta de Miranda et Jean-Paul Bize puis racheté par Carrefour mi-2016, a signé le 28 septembre l'acquisition de son homologue espagnol Planeta Huerto pour un montant non divulgué. Fort d'une belle croissance, le français, dont le chiffre d'affaires 2017 dépassait 30 millions d'euros, tablait pour 2018 sur 40 millions d'euros d'après nos sources chez Carrefour. Finalement, il devrait donc pouvoir afficher 50 millions dès cette année : Planeta Huerto, qui d'après la presse espagnole avoisinait l'an dernier 8 millions d'euros de ventes, devrait atteindre 10 millions cette année sur la base d'un rythme de croissance comparable à celui de son modèle français.

Fondé par les frères Pablo et Alfonso Sánchez en 2011 à Alicante, sur la côte sud-est de l'Espagne, Planeta Huerto ("planète potager") revendique aujourd'hui 35.000 références, qu'il commercialise toutes en propre. Davantage que les 20.000 de Greenweez, donc, même si on retiendra surtout la largeur d'offre des deux e-commerçants, en comparaison par exemple des 10.000 références autour desquelles tournent classiquement les cybermarchés conventionnels.

Par cette acquisition, Greenweez franchit donc un grand pas dans son européanisation. Leader du bio online en Espagne, Planeta Huerto l'est aussi au Portugal et dispose de sites en Italie et en France. Greenweez, dont les incursions à l'étranger n'avaient pas porté leurs fruits, y gagne donc une activité dans trois pays supplémentaires pour le prix d'un. Des synergies vont également être mises en place aux achats mais chaque société conservera sa marque, ses équipes et son management. Enfin, Greenweez gagne avec Planeta Huerto, qui n'a jamais levé de fonds, une activité profitable.

LSA - Romain Roy, vous annoncez l'acquisition de l'espagnol Planeta Huerto. Pourquoi, et pourquoi eux ?

Romain Roy - Nous voulons nous développer en Espagne depuis longtemps, nous avions même lancé des sites espagnol et italien en 2013. Mais dans ces pays, le bio fait partie des habitudes de consommation au même titre qu'en France et il existe donc nombre de marques bio locales connues. Notre catalogue très français n'y a donc pas trouvé son public et bâtir un catalogue plus local nous aurait demandé trop de ressources. Nos sites, que nous avons tout de même conservés, ne sont donc pas en croissance.

Quand nous avons étudié Planeta Huerto, nous avons ressenti énormément de proximité avec Greenweez. Son histoire, d'abord, est similaire à la nôtre : le site s'est lancé sur les produits écologiques et les équipements pour cultiver chez soi puis, avec l'essor du bio dans les tendances de consommation, a développé une offre alimentaire qui constitue aujourd'hui le gros de son chiffre d'affaires. Mais ce n'est pas tout. Son état d'esprit, son engagement, même sa charte graphique et son logo sont proches des nôtres. C'est aussi un vrai pure player e-commerce, très semblable à nous du point de vue web-marketing, mais doté d'une excellente connaissance du marché bio espagnol. Enfin, il existe entre nous une vraie communion de pensée. Nous avons commencé à parler très naturellement, avant même d'envisager un rapprochement, et aujourd'hui je suis quasiment un frère Sanchez !...

Qu'attendez-vous concrètement de ce rapprochement ?

Greenweez et Planeta Huerto partagent bon nombre de fournisseurs. Les premières synergies sont donc attendues aux achats. Ce rapprochement va nous permettre de mieux acheter les marques bio espagnoles et à Planeta Huerto de mieux acheter les marques bio françaises. Par ailleurs nous allons mettre en place des échanges entre les équipes pour partager les bonnes pratiques. Enfin, Planeta Huerto est aussi présent depuis plusieurs années au Portugal, où il est leader du bio online comme en Espagne, en Italie, où il a une vraie présence, ainsi qu'en France. L'international est d'ailleurs significatif dans son chiffre d'affaires.

Le site français de Planeta Huerto met beaucoup en avant son offre de produits écolos et de jardinage, tandis que sur Greenweez, le supermarché bio prend le dessus. Allez-vous faire converger vos approches ?

Nous allons les laisser continuer à se développer sur tous les aspects de leur business. Nous allons aussi voir comment développer chez l'un ce que l'autre est seul à faire, et comment rationaliser ce que nous faisons tous les deux.

Quels sont aujourd'hui les axes de croissance de Greenweez ?

Nous sommes déjà loin devant les autres acteurs, mais nous entendons nous concentrer sur le digital, en France et en Espagne, pour construire un vrai champion du bio spécialisé online. Si les frères Sanchez, fondateurs de Planeta Huerto, restent à sa tête, c'est pour que nous travaillions ensemble à cet objectif.

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