Ronald Sargent, Staples : L'homme de la relève

Le 3 février, Ronald Sargent succédera au fondateur de Staples, Thomas Stemberg. Le nouveau PDG devra passer d'une expansion à tous crins à une croissance plus mesurée et diversifiée.

A 52 ans, Thomas Stemberg laisse derrière lui l'une des plus belles « success stories » de la distribution américaine. Quinze ans après sa création, Staples est devenu le leader du marché des articles de bureau avec 1 300 magasins et 11 milliards de dollars (11,32 Mrds EUR) de chiffre d'affaires. Mais les plus belles années du distributeur sont derrière lui et son successeur devra faire preuve de doigté pour réussir sa reconversion. Après une période d'expansion rapide, durant laquelle les ventes et les bénéfices ont augmenté d'environ 30 % par an, les résultats déclinent. Les ventes à périmètre constant stagnent et les profits sont en baisse.

Staples, comme d'autres spécialistes nés dans les années 80, doit faire face à une quasi-saturation du marché. Aujourd'hui au nombre de 3 - Staples, Office Depot et Office Max -, les enseignes d'articles de bureau alignent plus de 3 000 magasins. Le ralentissement de l'économie américaine a assombri leurs perspectives : Office Depot a fermé 70 magasins, Office Max 50 et Staples a ralenti ses ouvertures (80 magasins en 2002 au lieu des 100 prévus).

Ronald Sargent prend donc la relève du fondateur à un moment clé. Il doit maintenir la dynamique, mais aussi trouver un nouveau rythme et de nouveaux moteurs de croissance. Âgé de 46 ans, il a rejoint Staples en 1989 après dix ans au sein des supermarchés Kroger. Avant d'être nommé directeur général, il fut responsable des deux divisions les plus prometteuses : l'international et la vente directe. Staples Direct, qui regroupe les ventes sur le Net et par catalogue, représente déjà 23 % des ventes et 30 % des bénéfices. L'international (Canada et Europe) est également appelé à se développer.

S'il est un point sur lequel Ronald Sargent risque de se démarquer de son prédécesseur, c'est celui de l'expansion. Jusqu'au bout, Thomas Stemberg fut un partisan acharné de l'ouverture de nouveaux magasins, arguant que les risques de cannibalisation étaient compensés par l'amélioration du service et la croissance des ventes.

Avec une économie toujours en récession et une concurrence de plus en plus vive, il n'est pas exclu que Ronald Sargent révise cette stratégie. Mais il attendra son intronisation officielle pour faire part de ses vues.

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Article extrait
du magazine N° 1753

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