[Saga] Les aventures de Canal BD au royaume des bulles

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Né il y a vingt ans comme un simple label, Canal BD est, depuis dix ans, un groupement d’indépendants qui rassemble, aujourd’hui, 113 librairies. Et cartonne.

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01 - mep Legend BB.indd© © Denis Vasquez / Canal BD

La petite cinquantaine de libraires qui, il y a dix ans, ont franchi le pas du groupement Canal BD sont toujours là pour en parler. Loin d’être anecdotique, c’est au contraire révélateur. Car le marché du livre est en crise structurelle depuis des années. Dans ce contexte, constater que la disparition des indépendants ne va pas forcément de soi n’est pas anodin. Mais, tout indépendants qu’ils fussent, ces libraires, seuls, ne s’en seraient pas tous sortis.

D’où Canal BD, avec un système de droits et de devoirs, et la volonté de se regrouper suivant un modèle proche, par exemple, de celui des Mousquetaires : chacun à son rythme, suivant sa volonté et ses moyens mais, toujours, selon le principe « un homme, une voix », quel que soit son chiffre d’affaires. « Notre raison d’être est de rendre pérenne le métier de libraire indépendant, spécialisé dans la bande dessinée », souligne son délégué général, Bruno Fermier (à droite sur la photo, avec Marc Szyjowicz, président du groupement). Malgré ces bonnes paroles, reste encore à sortir du seul vœu pieu. Car, enfin, comment viabiliser une activité de libraire, quand on assiste à une telle désaffection du livre ? D’abord, on parle ici de spécialistes de la bande dessinée, soit le secteur qui, mine de rien, s’en sort le mieux : + 0,5 %, par exemple, en 2016.

Une croissance à comparer aux + 5 % des membres de Canal BD. Le signe, donc, que le groupement est efficace. « Notre leitmotiv est que chacun puisse donner et recevoir des conseils, que l’entraide se fasse naturellement et que chacun puisse se nourrir des expertises des autres », appuie le délégué général.

Piloter avec finesse

Concrètement, le groupement s’appuie sur la diffusion, par tout le réseau, de deux bimestriels, Canal BD Magazine (70 000 exemplaires) et Canal BD Manga Mag (40 000 exemplaires). « Deux outils formidables pour aider à mieux vendre, souligne Bruno Fermier. Quand ces magazines sont distribués, les paniers moyens sont multipliés par trois. » Plus fort encore : les libraires bénéficient du portail internet commun, à charge pour chacun de se contenter d’un service d’image ou bien de pousser plus loin les vertus de l’omnicanalité, en allant jusqu’à la vente en ligne s’il le souhaite.

Tous les outils de gestion de caisse et de stock sont, par ailleurs, mutualisés, ce qui permet aux membres du réseau d’avoir une vue en temps réel des meilleures ventes. À la clé, la possibilité de piloter avec une finesse accrue son offre. Et on touche là, un peu, au nerf de la guerre. « Notre métier, c’est le choix et le conseil », souligne Bruno Fermier. Si l’on dénombre quelque 5 000 nouveautés chaque année, le fond de rayon, chez ces spécialistes, est d’une importance capitale : « Chez nous, cela représente 40 % de nos ventes quand, pour une librairie généraliste plus axée sur les best-sellers du moment, cela tournera plutôt autour de 10 % », précise le délégué général de Canal BD.

En dates

  • 1990 une trentaine de libraires indépendants, spécialisés dans la BD, se regroupent en association pour défendre la loi sur le prix unique du livre
  • 1997 création du label Canal BD
  • 2007 naissance du groupement

En chiffres

  • 113 libraires indépendants membres du groupement
  • 10 à 15 nouveaux libraires accueillis chaque année
  • 14 % de part de marché sur les ventes de BD en France
  • Objectif : 20 % dans les dix ans à venir

Source : Canal BD

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Article extrait
du magazine N° 2453

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