Marchés

[Saga] Une girafe nommée Sophie

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Née en 1961, la plus célèbre des girafes en caoutchouc naturel fête en ce mois de mai ses 55 ans, avec des animations et une minitournée gourmande en France.

A chaque bébé sa Sophie ! Avec 800 000 unités écoulées, il se vend chaque année presque autant d’exemplaires de la girafe de Vulli en France que l’Hexagone compte de naissances. Un succès qui ne date pas d’hier : depuis 1961, le jouet en latex se fait mordiller les oreilles par les tout-petits…

« À l’époque, la plupart des jouets avaient la forme d’animaux domestiques ou de la ferme. C’est un certain Monsieur Rampeau, employé de Delacoste, à Asnières-sur-Oise, qui a eu l’idée de proposer un animal exotique », raconte Stéphanie Arnaud, directrice du marketing chez Vulli. Et de fait, ce n’est pas une, mais trois girafes qui apparaissent alors au catalogue de Delacoste : Cléo de 31 centimètres de haut, Mona de 22, et Sophie de 18 centimètres. Une taille idéale pour la préhension des bébés, intrigués par ses taches, ses aspérités et son inégalable « pouet-pouet », dont le bon fonctionnement est testé manuellement dans l’usine de Vulli, qui a racheté Delacoste en 1981. Conçues à Rumilly (74) depuis les années 90, les girafes sont réalisées par la rotomouleuse d’origine. « Et il faut toujours quatorze opérations manuelles pour les fabriquer », note Lysiane Milloz, responsable de la communication de Vulli. Après des semaines de séchage, chaque girafe est peinte à la main. Chacune est un exemplaire unique, mais aussi un jouet diffusé dans 75 pays. « L’export ne pesait que 3% de notre chiffre d’affaires en 2006, qui était de 6,9 millions d’euros. Aujourd’hui, il représente la moitié de nos ventes, de 29 millions d’euros en 2015 », précise Stéphanie Arnaud.

La force du bouche-à-oreille

L’année 2006 est, en effet, charnière pour Vulli qui change de stratégie : capitaliser sur l’emblématique Sophie, la décliner sur de nouveaux produits et la développer à l’international. Après avoir déployé en propre les premiers produits dérivés de sa girafe, Vulli l’ouvre en 2011 au licensing. « Nous avons aujourd’hui 38 licenciés dans le monde, tous spécialisés dans la puériculture, avec 220 produits. À lui seul, Vulli compte 250 références estampillées Sophie », détaille la directrice marketing. Pour l’export, Vulli choisit une tactique à rebours : lancer le bouche-à-oreille avant que le produit ne soit distribué. « Nous nous adressons aux consommateurs, et non aux réseaux de distribution habituels, via la blogosphère, les sphères d’influence, les stars… », expose-t-elle. Car si Sophie est un incontournable cadeau de naissance en France, vendu entre 10 et 15 €, elle coûte environ 21 € aux États-Unis, 29 € au Japon et 34 € en Australie : un vrai effet « french touch » !

En France aussi, Sophie travaille son image : très présente sur les médias digitaux, la marque réédite aussi son événement « les Mômans », avec des ateliers dédiés aux jeunes parents, et sera la star d’une minitournée organisée en partenariat avec de grands pâtissiers qui réaliseront des gâteaux pour son anniversaire.

En dates

  • 25 mai 1961 : démarrage dela production de Sophie la Girafe par Delacoste,à Asnières-sur-Oise (95).
  • 1981 : Vulli rachète Delacoste.
  • 2006 : Vulli lance Sophie à l’export.
  • 2011 : Sophie la Girafe devient une licence, gérée par Deliso.
  • 2017 : ouverture prévue d’une seconde usine dans les Vosges.

En chiffres

  • 800 000 Sophie la Girafe vendues chaque année en France
  • 29 M € de CA pour Vulli en 2015, dont 50 % à l’export
  • 110 salariés
Source :  Vulli 

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