Saint-Amand poursuit la chasse au dioxyde de carbone

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Les modifications intervenues dans la supply chain entre l'embouteilleur Saint-Amand et la centrale régionale de Système U Ouest confirment les efforts des embouteilleurs pour réduire leur empreinte carbone. Un axe de travail sur lequel Danone accélère la cadence.

CYRIL MARNIQUET, directeur supply chain chez Danone Eaux France
CYRIL MARNIQUET, directeur supply chain chez Danone Eaux France

Mâcon (71), Prahecq (79), Saint-Aignan-de-Grand-Lieu (44), puis Ploufragan (22)... l'eau de montagne embouteillée dans les Alpes du Sud par la société Saint-Amand pour la centrale Système U Ouest, est passée en 2011 du tout bitume au transport multimodal. Franck Catry, le directeur achat et supply chain du groupe Saint-Amand sur la plate-forme de Chorges (05), explique sans détours le contexte de cette évolution : « Lorsque quelqu'un vous dit que vous êtes son " point noir ", il faut faire des efforts. » Et ce « quelqu'un », c'est tout simplement le coordinateur du transport pour la centrale régionale Ouest de Système U (SU).

Franck Catry connaît bien la GSA, puisque le groupe des eaux minérales Saint-Amand, basé à Saint-Amand-les-Eaux dans le Nord, a développé une grande partie de son activité autour des eaux embouteillées à marques de distributeurs. Une clientèle que la société ne peut donc pas décevoir : « On se bat pour sécuriser l'approvisionnement. »

Une saison sereine

Car, jusqu'au début de l'année 2011, SU Ouest devait s'appuyer sur un modèle de transport compliqué, qui générait des retards, un taux de saturation des camions assez faible et un bilan carbone franchement mauvais. « La volumétrie Saint-Amand représentait dix camions par jour de Chorges à nos quatre entrepôts dans l'ouest, se remémore Jean-Noël Phelippon, le coordinateur transport. Contrainte forte, nous devions faire face à la difficulté de trouver des camions disponibles pour un chargement dans les Alpes du Sud et un déchargement dans l'ouest. » Saint-Amand s'est appuyé sur un partenaire, le loueur de palettes LPR-La Palette rouge, pour mettre en place un nouveau schéma logistique.

À Chorges, les camions arrivent depuis l'entrepôt lyonnais géré par LPR, chargés de matières premières et repartent avec les palettes d'eau à destination de l'entrepôt de débord. Système U enlève les produits à Lyon et place les palettes sur des trains à destination de ses bases dans l'ouest de l'Hexagone.

Le bilan apparaît aujourd'hui très positif, comme l'explique Jean-Noël Phelippon : « Aujourd'hui, nous avons totalement supprimé les kilométrages à vide et diminué de 8% le nombre de camions sur les routes. Outre un gain de temps réel en approvisionnement, nous avons vécu, en 2011, une saison sereine, sans retard de livraison. »

Une demarche regardée avec attention

Mais, au-delà des améliorations apportées à la supply chain et des gains financiers directs et indirects, la société Saint-Amand s'attache aussi à communiquer sur les avancées en termes de réduction de l'empreinte carbone de son activité. Le groupe a calculé avec les partenaires, SU et LPR-La Palette rouge, que les actions développées engendrent une économie de 390 tonnes de CO2 par an.

Au sein du pôle eaux de Danone, qui fédère les marques Badoit, La Salvetat, Volvic et Evian, l'action de Saint-Amand depuis Chorges est regardée avec attention. Et pour cause. « Nous développons depuis le site de la Salvetat-sur-Agout, vers la région parisienne et le nord de la France, un transport en multimodal, explique Cyril Marniquet, directeur supply chain pour Danone Eaux France. Cela représente une économie de 450 tonnes de C02 par an par rapport à un transport exclusivement routier. »

Danone multiplie, depuis 2008, les actions autour de la thématique du développement durable : plan de réduction de 40% de l'empreinte carbone d'ici à 2012 ; expérience pilote de boucles de transports en 2010 avec Carrefour ; déploiement de l'expérience en 2011 avec Casino et Carrefour au niveau national et création, en mars 2011, d'un stock industriel régional hébergé sur le site embranché fer de Carrefour à Clésud, près de Marseille (13). « Le site de Carrefour, historiquement livré en camions, est désormais approvisionné par trains complets depuis Evian et Volvic, nous avons ainsi retiré environ 1 000 camions sur les routes par an, soit 500 tonnes de CO2. » Que ce soit pour Danone ou pour Saint-Amand, les enjeux sont les mêmes.

Les patrons de la supply chain ont comme objectifs de trouver des solutions pour saturer toujours plus les contenants et pour favoriser également la mutualisation des outils. Dans ce contexte, le bilan carbone est avancé par les deux acteurs de l'eau embouteillée comme un défi majeur. Mais pour leurs clients intermédiaires, comme les enseignes de l'alimentaire, l'efficacité, l'absence de ruptures et de retards sont aussi primordiales. Franck Catry, à Chorges, y réfléchit toujours et propose de développer une livraison directe en magasins. « Lorsque l'on est proche d'une usine, c'est un peu bête de repasser par une plate-forme. Mais il faut que cela soit gagnant-gagnant. » Avec, pourquoi pas, un bilan carbone encore meilleur à la clé.

Une économie de 390 tonnes de co² en trois étapes

  • La création des navettes entre l'entrepôt LPR-La Palette rouge, dans la banlieue de Lyon (69), et l'usine de Saint-Amand à Chorges (05) permet d'économiser 69 tonnes de CO2.
  • L'optimisation du taux de remplissage des camions, avec deux palettes supplémentaires de bouteilles par camion, permet d'économiser 106 tonnes de CO2.
  • Le passage à quai des produits finis à Lyon et le rechargement sur le train par Système U en direction de Mâcon (71), Prahecq (79), Saint-Aignan-de-Grand-Lieu (44) et Ploufragan (22), économisent 215 tonnes de CO2.

La gestion selon Saint-Amand à Chorges

56 000 km La réduction de la distance globale de transport chaque année 650 Le nombre de camions en moins sur les routes avec le nouveau système logistique 4 Le nombre de palettes supplémentaires chargées par voyage en direction de SU Ouest, soit 2 800 palettes chaque année

La saturation selon Danone pôle Eaux

  • 70% Le taux d'expédition des bouteilles d'eau Evian par le train
  • 50% le taux d'expédition des bouteilles d'eau Volvic par le train
  • 98,5% Le taux de remplissage des camions sur les boucles au départ des sites d'embouteillage
  • 10% Le taux de remplissage des trains en retour de livraison auprès des clients en France et en Europe

La sécurisation pour la plate-forme de Système U Ouest

  • 100% La baisse des kilométrages à vide avec Saint-Amand
  • 8% La diminution du nombre de camions sur les routes
  • 0% Le niveau de retards dans la livraison des palettes de bouteilles

On se bat pour sécuriser l'approvisionnement. Lorsque quelqu'un vous dit que vous êtes son « point noir », il faut faire des efforts.

FRANCK CATRY, directeur Achats et Supply chain du groupe Saint-Amand

Notre supply chain travaille sur le développement du fret ferroviaire, la saturation et la mutualisation des moyens de transport.

CYRIL MARNIQUET, directeur supply chain chez Danone Eaux France

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Article extrait
du magazine N° 3HSB2011

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