Saint James, le plus british des rhums français

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Les Plantations Saint James auront cette année 250 ans. Leader mondial du rhum agricole, la marque martiniquaise a derrière elle une longue histoire.

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Comme les vins de Bordeaux, le rhum Saint James fait partie des fleurons du patrimoine de la gastronomie française à devoir quelque chose aux An­glais. Nous sommes en 1765, sous le règne du roi Louis XV. En Martinique, au pied de la montagne Pelée, le roi confie aux Frères de la Charité la gestion de l’hôpital du Fort Saint-Pierre. Ces derniers, pour les besoins de l’établissement, font construire une sucrerie, bientôt accompagnée d’une « vinaigrerie » où sont distillés, au lieu-dit le Trou Vaillant, les résidus de la sucrerie. Le résultat, le tafia, a simplement le mérite d’exister…

Mais les moines ont la conviction que l’on peut faire mieux. Beaucoup mieux, tout en en tirant bénéfice en vendant les excédents de production aux Anglais. Seulement, pour une bouche anglaise, prononcer « Rhum du trou Vail­lant » représente à peu près la même épreuve que celle exigée d’un Français quand il demande de la « Worcestershire Sauce ». Compréhensifs et avisés, les Frères abandonnent l’appellation « Trou Vaillant » au profit de « Saint James » qui voyagera mieux.

Le rhum Saint James est né. Il faudra pourtant attendre 1882 pour qu’il prenne son réel envol : la marque est déposée. Elle se forge une identité par l’intermédiaire de la bouteille à base carrée (qui optimise l’espace et limite la casse dans les cales des bateaux). Elle se lance même dans la publicité où, tout en mettant en garde contre les imitations, elle affirme être recommandée par l’unanimité du corps médical… Surtout, et dès cette époque, Saint James affirme sa spécificité en tant que rhum agricole.

Cuvées spéciales anniversaire

À l’inverse des rhums artisanaux ou industriels produits à partir de la mélasse (résidu de sucrerie), le Saint James est élaboré à partir du jus de la canne. Une spécificité sur laquelle la marque s’appuie dès 1885, pour se lancer dans la production de « millésimes ». Et c’est sur ce fameux millésime 1885, évidemment rarissime, que Marc Sassier, l’actuel œnologue de la rhumerie, s’est notamment appuyé pour concevoir la Carafe Millésimes Saint James, une série limitée à 800 exemplaires qui sera proposée en mai prochain et en exclusivité aux cavistes pour célébrer le 250e anniversaire de la marque. Prix de vente conseillé : 800 €. Que la grande distribution se rassure, elle aussi aura son flacon avec la « Cuvée anniversaire », assemblage unique de rhums vieux vieillis en fûts de chêne…

Propriété du groupe La Martiniquaise, Saint James, aujour­d’hui leader mondial du rhum agricole, est présent dans une cinquantaine de pays. Et compte bien profiter de l’occasion fournie par cet anniversaire. D’autant plus que tous les segments du rhum ont le vent en poupe, poussés par le succès des cocktails, mais aussi, pour les rhums vieux, par la dégustation. Le programme de communication s’étend de mars à juillet pour l’ensemble de la gamme : affichage, communication presse, et PLV. Bon anniversaire St James.

en dates 

  • 1882  Paulin Lambert dépose la marque Saint James.
  • 1885  Premier millésime.
  • 2003 La Martiniquaise reprend la marque.
  • 1914 Première Guerre mondiale. Les colis expédiés aux Poilus contiennent une bouteille de rhum Saint James.

En chiffres

  • 3 Ml produits/an
  • 50 pays
  • 10% de PDM volume sur les rhums (hors gastronomiques).

Source : La Martiniquaise 

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Article extrait
du magazine N° 1HSB2015

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