Santé commerciale 2014 : le top 6 des pays européens

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

BILAN Les enseignes parviennent tout juste à la stabilité ou au léger positif, pour leur bilan 2014, dans une Union Européenne au contexte économique tendu, selon le baromètre Eurelia qui mesure les tendances d’évolution de chiffres d’affaires de 90 enseignes adhérentes sur 6 pays. Suisse, Allemagne, Italie, Belgique et Pologne sont globalement stables. La France et le Portugal en léger négatif. Seule l’Espagne dépasse les 2% de croissance.

Pour la première fois depuis 5 ans l’Espagne boucle un bilan positif à +2,3%. Mais avec son taux de chômage encore élevé et sa perte de pouvoir d’achat le pays n’est pas encore sorti de la crise. Photo : centre de la Maquinista à Barcelone.
Pour la première fois depuis 5 ans l’Espagne boucle un bilan positif à +2,3%. Mais avec son taux de chômage encore élevé et sa perte de pouvoir d’achat le pays n’est pas encore sorti de la crise. Photo : centre de la Maquinista à Barcelone.

Bilan mitigé pour le baromètre Eurelia qui mesure l’indice d’activité des enseignes commerciales dans 6 pays européens. "A l’exception du "mince" négatif au Portugal et en France, 2014 aura permis aux adhérents de finir l’année en légère progression ou à performance étale pour les six autres marchés observés [à savoir l’Espagne, la Pologne, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne et la Suisse], notent les auteurs. En replaçant ces résultats dans le contexte d’une Union européenne dont l’économie est fortement ralentie".

Le baromètre Eurelia créé par Procos, la fédération du commerce spécialisé fournit la tendance d’évolution des chiffres d’affaires de 90 enseignes adhérentes sur 6 marchés européens. Ceci à périmètre comparable, relativement à l’année précédente. "En fonction du degré de maturité de l’armature commerciale des pays étudiés, 12 à plus de 30 sites commerciaux leaders (rues, centres commerciaux), par pays, ont été intégrés au baromètre", précise la méthodologie Eurelia/Procos. Voici le résumé des résultats clôturés à 2014. Assorti d’un indice d’activité pour chaque pays que nous exposerons du plus négatif au plus positif.

Indice 99,4 pour la France : concurrence de l’internet

Notre pays se classe donc en lanterne rouge des 8 pays européens du panel Eurelia. En décembre, l’activité du commerce de détail spécialisé s’est certes redressée pour finir à +2,2% par rapport à décembre 2013 à périmètre comparable, selon l’enquête de panel mensuel de Procos. Malgré tout, le cumul annuel à -0,6% reflète les difficultés à retrouver les rendements d’avant crise de 2009. Pour la fin de l’année notamment, l’augmentation des ventes internet (+10% par rapport à Noël 2013) additionnée à la baisse du budget des ménages pour les achats de Noël (environ -4,5 %) ont constitué des freins importants.

Indice 99,6 pour le Portugal : en attendant que la consommation reprenne

L’année se termine en léger négatif, comme 2013 ; seul le secteur de l’équipement de la maison trouve la croissance. Si la tendance de fond reste globalement favorable, pour autant, 2014 montre que la reprise de la consommation n’est pas totalement acquise.

Indice 100 pour la Suisse : stabilisation fragile

Avec une deuxième année consécutive se clôturant à 0%, la stabilisation se confirme après la dure période 2011-2012 (à -6% et -4% respectivement). Pour 2015, le déblocage du franc suisse réintroduit une inconnue : l’évasion commerciale transfrontalière va-t-elle repartir ?

Indice 100 pour l'Allemagne : stabilité intrigante

"La clôture des ventes 2014 à 0% est pour le moins surprenante, au vu des indicateurs ‘’au vert’’ du pays qui s’affiche comme le plus solide de l’U.E. dans la tourmente de la crise", s’étonnent les auteurs. Le ralentissement économique allemand en 2014 a-t-il conduit le consommateur à la plus grande prudence ? Ou bien, la montée des parts de marché internet explique-t-elle, encore une fois, la baisse inquiétante de fréquentation en fin d’année ?

Indice 101 pour l'Italie : Vive les promos et les réseaux physiques

Après une année 2013 clôturée à - 1%, et deux années 2010 et 2011 à 0%, 2014 apporte un sursaut inattendu sur ce pays jusqu’alors au ralenti et en pleine réforme, dont les retombées sont à venir. «Les ventes sont très clairement soutenues par les promotions – ce qui amoindrit les marges - le temps que s’amorce le redémarrage d’une tendance de fonds, indique le communiqué Eurelia. Avec, à la différence d’autres pays européens, un élément porteur pour les réseaux « physiques » : le magasin reste un lieu prisé des consommateurs qui aiment vérifier la qualité du produit. »

Indice 101 pour la Belgique : les grandes rues commerçantes résistent

Chaque année amène la crainte d’un tassement pour ce marché non indéfiniment extensible (11 millions d’habitants). Et pourtant, «2014 finit en léger positif pour la deuxième année consécutive. Elle aurait été plus favorable même sans le recul de septembre (-13%). Les rues n°1 des grandes villes (Namur, Bruxelles, Anvers…) ont plus particulièrement tiré leur épingle du jeu, tandis que les centres commerciaux marquent le pas, à la fois en résultats et en fréquentation »

Indice 101 pour la Pologne : reprise toute relative

Depuis l’année 2011 particulièrement difficile où la consommation avait accusé la crise, les ventes se maintiennent et résistent, oscillant entre -1% et +1%. L’année 2014 se clôture ainsi en léger positif. Essentiellement pénalisée par le ralenti de fin d’année (novembre-décembre), alors que le premier trimestre 2014 avait été favorable tout comme les mois de mai, août et octobre. Mais "en 2015, le ralentissement devrait se poursuivre, d’autant plus avec l’impact de la variation du franc suisse pour les ménages ayant emprunté en devise". Cet effet s’ajoutant à un contexte immobilier "en tension, avec baisse du trafic en centres commerciaux et suréquipement dans de nombreuses villes, telles que Lublin, Plock ou Poznan".

Indice 102,3 pour l'Espagne : l’embellie durera-t-elle ?

And the winner is - y la ganadora es - : l’Espagne avec un indice équivalent à une reprise de 2,3%. Ainsi le redressement des ventes observé depuis fin 2013 se confirme. 2014 finit sur un bon décembre (+3,3%) "et génère au final, ce qui n’était pas arrivé depuis plus de 5 ans, un cumul annuel positif." Ce signe tant attendu ne doit pas faire oublier la fragilité de la situation : chômage élevé et salaires amoindris, enjeux politiques et économiques sur la sellette. Pour le commerce, la fréquentation en baisse en centres commerciaux reste préoccupante, comme sur d’autres marchés européens. De même que le poids des loyers en rapport avec des ventes divisées par deux - voire par trois - par comparaison avec l’avant crise. Le « moyen de gamme » subit la concurrence et même la déstabilisation opérée par les enseignes « bas prix » de type Primark.
 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA