Savéol pousse ses pions dans le sud de la France

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Loin de la Bretagne, son berceau, la coopérative encourage l'installation de jeunes producteurs dans le sud de la France. À l'occasion de ses 30 ans, elle entend ainsi positionner sa marque sur les tomates d'hiver. Bilan et perspectives avec Philippe Daré, président de Savéol.

Philippe Daré, président de Savéol, souhaite prolonger la saison de la tomate.
Philippe Daré, président de Savéol, souhaite prolonger la saison de la tomate.© DR

A Plougastel-Daoulas, berceau de la coopérative bretonne Savéol, les regards sont tournés non pas vers l'océan Atlantique mais vers la Méditerranée. En 2012, cinq producteurs de tomates rejoindront la coopérative, dont trois à quelques encablures de Marseille Au total, 4,5 hectares seront ainsi plantés dans des serres haut de gamme. Les tomates seront commercialisées sous la marque Savéol. Une première pour la coopérative bretonne qui célèbre cette année les 30 ans de sa marque ! Certes, au regard des 200 hectares de tomates cultivés en Bretagne, ce projet revêt une dimension encore anecdotique. Il n'en symbolise pas moins les ambitions de la marque pour renforcer sa présence dans le sud de la France. « En raison du climat breton, nous ne sommes pas présents à la production entre les mois de novembre et de février. Ces installations vont nous permettre de positionner la marque pendant les mois d'hiver », s'enthousiasme Philippe Daré, président de Savéol.

Pour autant, la coopérative bretonne observe la plus grande prudence : « Nous n'avons pas d'objectifs chiffrés en matière d'installations d'ici les prochaines années. Les producteurs vont devoir s'adapter à un climat très différent. Ce projet a valeur de test », tient à préciser Philippe Daré. Le sud de la France ne constitue pas complètement une terra incognita pour Savéol, qui est déjà liée à une autre coopérative, Primeurs du Mistral, dont elle commercialise la production, soit 2 500 tonnes de tomates. Contrairement à Prince de Bretagne, marque apposée uniquement sur des produits originaires de Bretagne, Savéol entend donc repousser les frontières de son territoire naturel et entre ainsi en concurrence avec Rougeline, principale griffe de tomate du sud de la France.

Un projet qui s'inscrit dans un contexte porteur pour Savéol. En 2010, la coopérative a vu son chiffre d'affaires s'envoler de + 12,5 %. Une belle année portée principalement par la tomate et en particulier un regain de valeur sur les marchés basiques du vrac et de la grappe, après plusieurs années difficiles. À l'origine de cette embellie, une concurrence moins vive des produits importés du Maroc et d'Espagne mais également du Benelux. De mars à juin, les volumes importés ont chuté de 14 % en raison de problèmes sanitaires et climatiques au Maroc et dans la péninsule Ibérique. Quant aux producteurs du Benelux, ils ont réorienté leurs exportations vers les marchés d'Europe de l'Est. De quoi donner un nouveau souffle à la production française, d'autant plus qu'en 2010 les conditions climatiques se sont montrées assez favorables à la consommation sur le territoire français. Fort de ces résultats, Savéol mise une production de 75 000 tonnes de tomates en 2011, soit un gain attendu de 3 000 tonnes par rapport à l'année précédente. Parmi ses priorités, le bio, avec actuellement 5 000 m2 de serres en reconversion.

 

Économies d'énergie

Enfin, la coopérative entend poursuivre ses efforts en matière de réduction de consommation d'énergie. Ce poste représente 30 % dans le coût de production des tomates. « En l'espace de dix ans, la consommation d'énergie nécessaire à la production des tomates a chuté de 40% mais nous devons poursuivre nos efforts en misant sur différentes technologies, comme les écrans thermiques », insiste Philippe Daré. De quoi célébrer dans la sérénité les trois décennies de la marque. Assurément une bonne nouvelle alors que les producteurs bretons, confrontés à une sécheresse sans précédent, redoutent une crise sévère pour les légumes de plein champ.

Les chiffres

158 M €

Le CA 2010

235 ha

exploités (33 de fraises)

Production

- 70 500 t de tomates

- 1 400 t de fraises

- 700 t de concombres

- 20 t de framboises

Commercialisation

- 79% en France

- 21% à l'export

150

producteurs

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Article extrait
du magazine N° 2186

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