Sca s'offre l'hygiène papier de Georgia-Pacific

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Pour 1,32 milliard d'euros, le suédois Sca désire acquérir l'hygiène papier de l'américain Georgia-Pacific en Europe. Pertinent en termes de stratégie, le rachat reste soumis aux autorités européennes.

LE POIDS DES DEUX ACTEURS

Georgia-Pacific en Europe 1,25 Mrd E Le chiffre d'affaires en 2010 Dont Hygiène papier 65 % Produits professionnels 30 % Autres 5 % Part de marché 11 % en GMS SCA 11,9 Mrds E Le chiffre d'affaires en 2010 Dont 8,9 Mrds E en Europe (75 %) 58 % du CA sont réalisés avec l'hygiène papier

L'hiver arrive et les papiers migrent vers le nord. Le suédois Svenska Cellulosa (Sca) a proposé une offre d'achat au groupe américain Georgia-Pacific (GP). L'offre de 1,32 milliard d'euros porte sur ses activités européennes grand public et professionnelles d'hygiène papier. La société américaine détient 11% de part de marché en grande distribution, avec, entre autres, la marque Lotus pour les mouchoirs et le papier toilette, mais également Demak'up, Okay ou Moltonel.

« L'opération permet à Sca de compléter son activité dans le secteur et d'asseoir son emprise géographique et en termes de marques nationales », commente Yves Marin, Senior Manager chez Kurt Salmon. Très présent en fabrication de MDD, le suédois possède surtout deux grandes marques en hygiène féminine (Nana) et en fuites urinaires (Tena).

Avec cette acquisition très pertinente stratégiquement, il étend son influence sur tous les segments. Ses parts de marché en grandes surfaces passeront de 25% à 35%. Car GP est aussi présent en MDD. « Le groupe pourra ainsi peser fortement sur l'ensemble de la catégorie », continue Yves Marin. Notamment exercer une pression en amont du marché, au niveau des matières premières.

 

Une position contestable

En aval, si MDD et marques nationales constituent deux axes de négociations séparées, le groupe, avec 1,25 milliard d'euros supplémentaires de chiffre d'affaires, influera sur les deux tableaux.

Si amicale qu'elle soit, l'OPA n'est pas encore signée. Elle nécessite l'avis des représentants du personnel et, surtout, de l'Autorité de la concurrence à Bruxelles. Il n'y aurait aucun problème pour certains segments, comme les démaquillants. Mais la question se pose pour d'autres, dont le papier toilette. « Les autres acteurs du marché n'ont pas un poids considérable, et la position de Sca pourrait être qualifiée de dominante », explique Yves Marin.

Sans spéculer sur la décision des autorités compétentes, il se pourrait qu'elles demandent de vendre une partie de ces activités à un tiers. Ce qui arrive lors de telles acquisitions. Et c'est précisément ce qui inquiète les employés de GP. « Nous avons fait valoir notre droit d'alerte », prévient Albéric Deplanque, secrétaire fédéral FG Force ouvrière papier-carton. Un expert en stratégie industrielle analysera la situation des usines de Georgia-Pacific afin de permettre aux employés d'anticiper sur les scénarios possibles. Si l'inquiétude rôde, l'heure est plus à l'observation. La décision de Bruxelles déterminera le sort des quinze usines européennes de Georgia-Pacific et de leurs 5 000 employés. Si l'Autorité donnait son plein accord, tout le monde y gagnerait.

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Article extrait
du magazine N° 2205

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