Secteur Environnement : Responsable développement durable

Dossier Le responsable de développement durable contribue à la définition de la politique de développement durable de l’enseigne et coordonne les initiatives prises dans ce domaine. Il a pour mission de diffuser les bonnes pratiques auprès des collaborateurs de l’entreprise.

 

Tableau récapitulatif de la profession

 

Salaire
Cadre confirmé : entre 60 et 80 K€
Les fourchettes de rémunération sont données à titre indicatif.
Les rémunérations peuvent varier en fonction de l’enseigne, de l’ancienneté, du niveau d’expérience…
Qui recrute ?
- Les groupes de grande distribution à prédominance alimentaire.
- Certaines enseignes du commerce spécialisé.
- Certaines enseignes de grands magasins et de magasins multi-commerces.
Rattachement hiérarchique
- Directeur des ressources humaines
- Directeur des relations sociales
- Directeur de la communication ou des relations extérieures
- Directeur général
Relations fonctionnelles
En interne :
- Direction des ressources humaines
- Direction des finances
- Direction du marketing
- Direction commerciale
- Direction de la communication
- Directions des achats
- Direction de la logistique
- Direction de la production (le cas échéant)
- Ensemble des filiales et entités de l’enseigne
En externe :
- Instances professionnelles :FCD (Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution), CIES
(Comité international d’entreprises à succursales)…
- Experts en développement durable dans les domaines de la gestion des déchets de la nutrition, de l’agriculture, de la logistique…
- Cabinets d’audit
- Agences de notation sociale et environnementale
- ONG (Organisations Non Gouvernementales) et associations diverses
- Organisateurs de manifestations sur le développement durable
- Pouvoirs publics et collectivités locales
- Associations de défense des consommateurs

 

 

Activités principales

Poste transversal (à l’instar de la fonction qualité par exemple), il est largement fondé sur la concertation et la coordination entre toutes les parties prenantes de l’entreprise. En général, le directeur de développement durable ne dispose pas d’une équipe dédiée.

Elaboration de la politique de développement durable de l’enseigne

• Prendre connaissance des objectifs stratégiques et de développement de l’entreprise.
• Identifier des relais « développement durable » dans les différentes directions.
• Mettre en place un groupe de concertation « Développement durable » et définir ses missions.
• Piloter une réflexion concertée sur la philosophie et les enjeux du développement durable pour l’entreprise. Par exemple, maîtriser les risques de la chaîne d’approvisionnement ou améliorer de façon permanente la qualité nutritionnelle des produits vendus, sensibiliser les clients
  à la consommation de produits éthiques et solidaires, etc.
• Identifier les axes stratégiques et les orientations sur lesquels le groupe souhaite affirmer son engagement (environnement, social, sociétal, commerce équitable…).
• Définir les ressources indispensables à la mise en œuvre de la politique de développement durable (ex : budget, équipe dédiée.)
• Concevoir un tableau de bord développement durable avec des indicateurs de performance.
• Elaborer le plan de développement durable de l’entreprise et le présenter à la Direction Générale pour validation.

Coordination des actions de développement durable

• Diffuser le plan de développement durable auprès des différents acteurs de l’entreprise et définir les modalités de mise en œuvre : procédures, planning des audits…
• Réunir régulièrement le comité de concertation pour échanger sur les réalisations et les pratiques relevées dans les différents secteurs de l’entreprise (ex : les réussites, les obstacles, les procédures…).
• Favoriser l’échange de bonnes pratiques (ex : l’indication de l’indice carbone sur l’étiquetage, l’utilisation d’emballages recyclables, l’optimisation de la logistique…) en particulier si l’entreprise a une activité internationale.
• Répondre aux diverses questions des collaborateurs de l’enseigne (ex : comment sensibiliser les consommateurs à l’achat de produits du commerce équitable ? comment

Formation et information des collaborateurs de l’entreprise

• Réaliser des supports de formation à l’attention des managers de l’entreprise.
• Former des relais dans l’entreprise sur les problématiques du développement durable pour diffusion auprès des managers.
• Organiser des forums, des séminaires internes.
• Communiquer dans le journal interne sur les bonnes pratiques, les accords signés avec les fournisseurs et les pouvoirs publics, les indicateurs chiffrés (indice carbone, nombre de recrutements en contrats CDI), les relations avec les ONG.

Veille réglementaire

• S’informer régulièrement sur les évolutions réglementaires en droit du travail, hygiène, sécurité, environnement au niveau national.
• Se tenir informé des évolutions réglementaires dans les pays d’implantation de l’entreprise.
• Mettre à jour le tableau de bord en fonction des évolutions réglementaires et assurer sa diffusion au sein de l’entreprise.

Suivi des indicateurs de développement durable

• Collecter les indicateurs clés auprès des différentes directions impliquées : indicateurs sociaux, environnementaux, sociétaux, économiques et réaliser le tableau de bord.
• Faire un reporting régulier des indicateurs de développement durable auprès du groupe de concertation et de la direction générale.

Réalisation du rapport de développement durable

Les entreprises cotées en bourse sont soumises à la publication d’un rapport de développement durable.

• Rédiger en concertation avec les relais de l’entreprise un rapport annuel de développement durable sur les réalisations du groupe (enjeux, indicateurs, perspectives…)
• Faire valider ce rapport par la direction générale.
• Assurer sa diffusion en interne et en externe auprès des partenaires de l’entreprise et sur Internet.

Communication vers l’extérieur

• Représenter l’entreprise auprès des pouvoirs publics et des collectivités.
• Dialoguer avec les ONG, les groupes d’opinion, les associations de consommateurs pour comprendre les attentes des
  consommateurs, promouvoir le respect des droits de l’homme au travail, les organisations professionnelles.

Activités éventuelles

Le directeur de développement durable est souvent membree divers comités de décision et associé à des projets variésans l’entreprise (choix des fournisseurs, amélioration des conditions de travail des salariés…).
Il peut aussi avoir une activité de représentation du groupe dans des organismes en rapport avec sa mission (agence de sécurité alimentaire, éco-organismes…).

Variabilité des activités

Le métier de directeur de développement durable peut varier selon :

• L’organisation de l’entreprise. Dans certaines d’entre elles, la composante « environnement » du développement durable ne fait pas partie du périmètre de responsabilité du directeur de développement durable en raison de sa forte technicité. La fonction est alors centrée sur les aspects économiques, sociaux et sociétaux.
• L’internationalisation ou non de l’entreprise. Les responsabilités du directeur de développement durable sont beaucoup plus larges lorsque le groupe a des implantations internationales. Par exemple, il doit pouvoir informer et conseiller les distributeurs locaux de l’enseigne sur les pratiques définies au niveau du groupe tout en tenant compte des législations (sociales, environnementales) propres au pays. La connaissance de l’anglais est alors requis pour l’exercice du métier.
• La stratégie de l’entreprise. Lorsque l’entreprise se diversifie dans les services (banques, voyages, services à domicile), le champ d’intervention du directeur de développement durable peut s’étendre aussi à ces nouveaux produits et nécessiter des connaissances dans ces  secteurs.

Facteurs d’évolution du métier

Si la très grande majorité des acteurs de la grande distribution intègre d’ores et déjà les problématiques de développement durable dans leur stratégie, tous n’ont pas pour autant créé un poste de responsable ou de directeur de développement durable.
Dans les années à venir, on devrait assister au développement de cette fonction, notamment sous la pression des associations de consommateurs (magasins plus près de chez soi, demande de produits bio, chasse au gaspillage, réduction des déchets d’emballage).
Sous réserve de moyens budgétaires suffisants, le développement des démarches développement durable pourrait aussi conduire à une structuration de la fonction avec une petite équipe dédiée au niveau du siège et à une extension du périmètre de la fonction avec des compétences managériales.

 

Diplômes requis

Une formation supérieure est requise, mais pas nécessairement spécialisée en développement durable, puisqu’il s’agit d’une fonction de nature plus généraliste que technique.
Il existe toutefois de nombreuses formations au développement durable (initiale et continue) qu’il s’agisse de masters proposés par les universités ou de mastères dispensés par les écoles d’ingénieurs ou de commerce (ex : master management de l’environnement et du développement durable/ IAE Gustave Eiffel…)
• Ecoles de commerce ou de gestion (mastères ou MBA)
• Ecoles d’ingénieurs (mastères ou MBA)
• Masters 1 et 2 en marketing, ressources humaines, gestion, etc.

Durée d’expérience

Les directeurs de développement durable sont recrutés avec une solide expérience professionnelle (une dizaine d’années par exemple), de préférence dans la grande distribution. Il est souhaitable qu’ils aient occupé plusieurs types de postes dans différentes directions (DRH, direction commerciale, qualité…). Une bonne connaissance de l’ensemble des fonctions et de l’organisation d’une entreprise du commerce est
en effet un pré-requis important.
Ce poste peut être pourvu en promotion interne dans l’entreprise.

Compétences techniques

• Aptitude à concilier des pratiques dans des domaines divers (consommation, commerce équitable, environnement, ressources humaines).
• Connaissances des référentiels de responsabilité sociale.
• Compétence en ingénierie de formation.
• Compétence en gestion budgétaire et administrative.
• Compétence en technique de communication.
• Aptitude à analyser des rapports d’audits sociaux et des agences de notation sociale.
• Maîtrise des langues étrangères, principalement l’anglais (si implantation à l’international de l’entreprise).

Traits de personnalité

• Rigueur et organisation compte tenu du grand nombre et de la diversité de dossiers à traiter tant en interne qu’en externe.
• Dynamisme pour faire face à de nombreuses sollicitations (déplacements dans les sociétés du groupe, interventions dans des séminaires).
• Sens pédagogique et pugnacité pour convaincre et résister à la critique (par exemple dans le cadre des relations avec les ONG, les groupes de pression écologistes, etc.).
• Grande capacité de communication, d’écoute et de dialogue.
• Curiosité et ouverture d’esprit car il est nécessaire de s’intéresser à de nombreux sujets.
• Sensibilité aux questions de société, sociales et environnementales.

 

Postes précédents (P-1)

• Responsable (affaires sociales, formation…) dans une direction des ressources humaines
• Responsable des études de marché
• Responsable qualité
• Responsable environnement

Evolutions professionnelles (P+1)

• Directeur de développement durable dans un autre secteur d’activité
• Dirigeant de cabinet d’audit de responsabilité sociale
• Dirigeant d’agence de notation sociale
• Directeur de ressources humaines

Exemple d’offre

Responsable développement durable H/F-Levallois puis Boulogne

Le groupe, c’est aujourd’hui plus de 470 000 collaborateurs dans plus de 30 pays.
N° 1 de la grande distribution en Europe et n° 2 dans le monde, nous exerçons notre métier sous 5 formats principaux (Hypermarchés, Supermarchés, Hard Discount, Proximité et Cash & Carry) avec un objectif commun : être le commerçant préféré de nos clients.
La direction développement durable groupe recherche un responsable communication.
Les principales missions sont de :
– Participer à l’élaboration de la communication externe et interne de la direction développement durable
– Piloter le rapport de développement durable du groupe et des supports de communication annexes
– Assurer le benchmark des bonnes pratiques des grandes entreprises en termes de développement durable
– Assurer la diffusion des bonnes pratiques développement durable au sein du groupe
Pour cela, il faut :
– Piloter et suivre la réalisation du rapport développement durable du groupe (benchmark des différents rapports existant sur le marché – recensement des informations – mise en forme – rédactionnel – pilotage de l’agence de communication)
– Animer les comités de pilotage pour l’élaboration du rapport développement durable
– Préparer la réunion annuelle de consultation des parties prenantes
– Coordonner les informations avec le rapport annuel du groupe
– Proposer et développer des améliorations et nouveaux modes de communication pour l’élaboration du rapport de développement durable
– Assurer la mise en ligne du rapport de développement durable
– Piloter et suivre la réalisation des leaflets développement durable déclinés par chaque pays du groupe
– Organiser les manifestations évènementielles de la direction du développement durable ou en collaboration avec d’autres directions
– Traiter les demandes d’informations sur la politique du groupe en matière de développement durable et proposer des éléments de réponse (gestion de la boite mail développement durable du groupe et rencontres d’étudiants)
– Proposer des réponses aux questions des agences de notations internationales
– Identifier les informations nécessitant une adaptation des pratiques groupes et les mettre en avant
– Coordonner la communication développement durable avec les directions communication internes et externes
– Réaliser des dossiers thématiques
– Suivre les coûts des prestataires externes (agence de communication, traducteur…)
Profil et compétences recherchés :
– Profil ingénieur, avec une expérience réussie dans le domaine du développement durable (en entreprise ou cabinet spécialisé) dont au moins une en communication.
– Maîtrise parfaite de l’anglais.
– Très bonne connaissance des outils développement durable : GRI, OIT, Grenelle, Global contact OCDE, etc.
– Très bon rédactionnel.
– Avoir un bon relationnel.
Source : Trovit Emploi

 

Gilbert Delahaye, Directeur de développement durable, groupe Casino

« Ma principale mission est de démultiplier et diffuser les messages de développement durable auprès des managers et collaborateurs de l’ensemble du groupe, toujours et encore. Pour exercer cette fonction, il faut avoir une âme de militant. »

Avant d’être nommé directeur du développement durable en 2002, Gilbert Delahaye, titulaire d’un diplôme en techniques de commercialisation, a occupé plusieurs postes à responsabilité dans le groupe Casino. Il a été successivement Directeur commercial proximité (réseau des supérettes), puis contrôleur de gestion branche proximité et directeur administratif et financier de la franchise supermarchés dans le
groupe Casino.

Autant de postes qui ont permis à Gilbert Delahaye de découvrir les multiples enseignes et facettes du groupe (de l’hypermarché à la supérette, du discompteur à l’espace commerce…), puisque sa fonction est transversale et qu’elle s’étend à l’ensemble des activités de l’entreprise aussi bien nationales qu’internationales. « Un directeur de développement durable doit avoir une très bonne connaissance de l’activité de son entreprise et de son fonctionnement. Il doit être généraliste et posséder des connaissances dans de nombreux domaines, sans compétences techniques particulières. Il doit savoir s’appuyer sur des experts, recourir à leurs initiatives et à leurs idées… »

Une des missions premières de Gilbert Delahaye consiste à « diffuser des pratiques dans l’ensemble des métiers du groupe. Dans les filiales internationales, où il peut aussi y avoir des services de développement durable, nous échangeons sur les bonnes pratiques, sans nécessairement les adopter car les problématiques et les législations sont différentes ; c’est le cas par exemple en Amérique du Sud où le groupe
Casino est fortement implanté ».

Gilbert Delahaye a mis en place un comité développement durable d’une cinquantaine d’experts. Ils représentent les différentes entités et filiales du groupe en France et à l’étranger. « Ce comité se réunit régulièrement et définit pour l’ensemble des entités de Casino les grands axes de notre politique de développement durable. Il fixe les objectifs annuels et les réalisations à mettre en place. Ce sont nos feuilles de route ».

Il consacre aussi une part importante de son activité à la formation des managers aux enjeux du développement durable. Il intervient en outre dans différentes universités, écoles de commerce et d’ingénieurs qui ont une spécialisation environnement ou qualité ainsi que dans le cadre de manifestations organisées par la CCI de St Etienne dont il est vice président.

Dans le groupe Casino, la fonction « développement durable » dépend de la DRH, « c’est une organisation significative de la tradition sociale de Casino, mais elle pourrait être aussi bien rattachée à la Qualité ou au Marketing comme dans d’autres groupes de la grande distribution. Notre groupe a aussi une organisation atypique avec un directeur du développement durable et un directeur de l’environnement, alors que la plupart des autres enseignes ont une fonction développement durable qui inclut la composante environnement ».

Gilbert Delahaye parle d’ailleurs plus volontiers de RSE (Responsabilité sociale de l’entreprise) que de développement durable, car selon lui, « le Directeur du développement durable fait souvent référence à des questions d’environnement plus restrictives que les aspects sociaux et
sociétaux. Or il ne faut pas oublier que l’on doit avoir une approche équilibrée entre les trois piliers du développement durable : le développement économique, le développement social et le développement environnemental. Nous cherchons aussi bien à favoriser les producteurs locaux et les fournisseurs qui respectent les règles et les droits humains, que les méthodes de production respectueuses de l’environnement et le développement des compétences de nos collaborateurs. Deux exemples : en 2008 chez Casino, nous avons signé un accord de GPEC qui était un des objectifs de notre feuille de route sociale ; au niveau sociétal, nous avons lancé 19 références Casino  labellisées Max Havelaar sur 20 prévues ».

Pour Gilbert Delahaye, « ce qui compte, c’est d’avoir de l’intérêt et de l’enthousiasme pour le sujet. C’est un travail de “militant”, ce qu’ignorent souvent les parties prenantes comme les ONG. Il ne faut pas être carriériste, mais faire preuve d’honnêteté et d’humilité pour occuper une telle
fonction ».

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