Sega baisse les prix

Présentée comme l'aboutissement d'un plan mûri de longue date, la prochaine baisse de prix de la Dreamcast tombe à point nommé pour contrer l'arrivée de la PS2 de Sony et éclipser l'annonce de la GameCube de Nintendo.

Dans un marché qui ne comprend que trois intervenants, il paraît difficile au troisième de se croiser les bras lorsque les deux autres multiplient les initiatives. Alors que Sony prépare activement l'arrivée en France de sa PlayStation2 et que Nintendo dévoile les versions finales de sa console de salon et de sa Game Boy Advance, on voyait mal Sega s'abstenir de toute réaction. Celle-ci ne s'est pas fait attendre. Bien que cela n'ait officiellement aucun lien avec l'activité des concurrents, la Dreamcast va enregistrer le 8 septembre sa première baisse de tarif sur le marché européen, passant en France de 1 690 à 1 490 F.

Selon Jean-François Cécillon, président de Sega Europe (voir interview ci-dessous), il s'agit là d'une « deuxième salve » censée relancer les ventes de la Dreamcast. Mais pas question d'en conclure que le succès n'a pas été au rendez-vous en Europe. « Nous avons vendu 800 000 Dreamcast en neuf mois et nous comptons atteindre le million pour février 2001, qui est la date de clôture de notre exercice en cours, explique Jean-François Cécillon. Sony n'avait pas vendu plus de PlayStation en un an. Et si l'on considère qu'il existe en Europe environ 1,2 million de joueurs fanatiques, le score me paraît très honorable. » En France, Sega revendique 200 000 machines vendues à ce jour et 250 000 d'ici à février.

La même offre qu'aux États-Unis

Le principal atout que le fabricant souhaite mettre en avant est la possibilité de jouer en réseau avec sa Dreamcast, seule console connectée à internet. Satisfait, Jean-François Cécillon constate que 300 000 Européens se sont inscrits sur le portail de jeu réservé à la Dreamcast, Dreamarena, et que le premier jeu en ligne disponible, Chu Chu Rocket, s'est vendu à 130 000 exemplaires.

Dans un futur proche, d'autres jeux on-line vont apparaître et visent à « éduquer le marché ». Mais surtout, Sega compte sur la sortie, en décembre, de Quake 3. Ce jeu de combat en réseau pourrait imposer la Dreamcast comme la machine de référence du jeu on- line. À terme, il est question de lancer en Europe la même offre qu'aux États-Unis : une Dreamcast gratuite pour deux ans d'abonnement au service de jeu en ligne Sega. « Au Japon, remarque Jean-François Cécillon, on assiste à une vraie régression du marché du jeu interactif. Sur la PS2, par exemple, il se vend très peu de jeux par console. Je ne dis pas cela pour dénigrer mon concurrent, je crois qu'il s'agit d'un mouvement profond que nous devons prendre en compte car il pourrait bien s'étendre à l'Europe. » En cela, admet-il, la stratégie de Sony qui vise à positionner sa nouvelle machine comme une console de loisir au sens large est certainement la bonne.

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Article extrait
du magazine N° 1688

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