[Coronavirus] Témoignage du Président de l'entreprise Segafredo Zanetti France

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Dossier La filiale française du torréfacteur italien Segafredo Zanetti, basée à Sotteville les Rouen (76) a adapté son organisation pour faire face à la demande et se plier aux récentes directives du gouvernement français liées au Covid-19. Nicolas Peyresblanques, son Président directeur général détaille les mesures prises.  

Le patron de Segafredo France Nicolas Peyresblanques témoigne des mesures prises face à la pandémie.
Le patron de Segafredo France Nicolas Peyresblanques témoigne des mesures prises face à la pandémie.

LSA : Comment vous organisez-vous face à cette situation de pandémie ?
Nicolas Peyresblanques : Nous sommes en situation de crise depuis deux ou trois semaines. Nous sommes un groupe italien avec une usine en France, ce qui nous a permis d’être alerté très tôt. Grâce à cela, nous avons organisé assez tôt le flux pour gérer l’arrivée de la matière première qui arrive par bateau dans les ports mais aussi celle des emballages. Nous n’avons donc pas de problème de transport pour l’instant mais la situation évolue d’heure en heure…

LSA : Qu'en est-il des stocks ?
N.P.: Concernant les stocks, nous avons environ 5 jours de stocks de matières premières sur notre usine de Sotteville les Rouen et environ 1 mois de stock déporté. Nous avons également sur notre site de Rouen 15 à 20 jours de stocks d’emballages et plus d’un mois de stock de produits finis.

LSA : Avez-vous constaté une hausse des ventes ?
N.P.: Nous avons enregistré une croissance de nos ventes de l’ordre de 15 à 20%. Le changement est surtout perceptible depuis deux jours suite à l’intervention de président Macron puis celle du Premier ministre Edouard Philippe. Le café n’est pas un produit sur-stocké. Nous n’irons pas sur des ventes X5 comme les pâtes mais plutôt sur du X2. Avec aussi une augmentation liée à la fermeture du CHR.

LSA : comment est-elle gérée ?
N.P.: La partie GMS a été gérée avec des montées en stock sur des produits essentiels de façon à pouvoir livrer sans problème toute la grande distribution et accroître de 50 % nos produits finis en cas d’arrêt partiel de la production. Notre capacité de production a été accrue avec le passage des équipes en 3X8 au lieu de 2X8 (une trentaine de personnes). Les horaires des équipes ont été aménagés pour éviter qu’elles ne se croisent avec, par exemple, un arrêt à 12h50 au lieu de 13h et une arrivée de l’équipe suivante à 13h10 au lieu de 13h. L’interaction est désormais interdite entre les services administratifs (une trentaine de personnes également) et l’usine avec des pauses alternées (autorisation de fumer aux heures paires ou impaires selon les services). Aucune visite n’est autorisée au niveau du siège avec une mise en place du télétravail dans la mesure du possible. La force de vente (45 personnes en GMS) intervient au cas par cas selon la volonté des enseignes.

LSA : Quid du CHR ?
N.P.: La partie CHR (Cafés, hôtels, restaurants) est, en revanche, totalement à l’arrêt avec notre force de vente d’une cinquantaine de personnes à 95% en chômage partiel. Nous ne livrons plus que les boulangeries, les hôpitaux, les maisons de retraite...

 

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