SFR, Bouygues Telecom et Orange s'adaptent au virtuel

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Debitel et Breizh Mobile aujourd'hui, combien d'autres demain ? En proposant des tarifs très serrés, les opérateurs virtuels obligent Orange, SFR et Bouygues Telecom à se repositionner.

Les nouvelles offres de SFR et de Bouygues Télécom (lire encadré) ont de quoi surprendre. Chez SFR, d'abord, Accès est présentée comme l'offre de téléphonie la moins chère du marché. Étonnante démarche pour un opérateur qui s'est toujours présenté comme celui dont le revenu moyen par abonné est le plus élevé. « Nous estimons la cible potentielle à 15 millions de personnes, dont 4 millions de 9-15 ans et 11 millions de seniors et d'adultes à faible revenu, détaille Thierry Gattegno, directeur général adjoint de SFR. Nous nous devons de nous adresser à toute la population. Et seules des offres de ce genre permettront de séduire les 30 % de Français qui ne sont pas encore équipés. » De son côté, Bouygues Telecom, qui a bâti sa réputa- tion sur une image d'opérateur bon marché, propose des forfaits destinés explicitement aux gros consommateurs de mobile. « La croissance du marché ne viendra pas de la hausse du taux d'équipement mais de la croissance des usages », assure Yves Goblet, directeur général adjoint, pour justifier cette stratégie.

Fatalisme et fermeté

 

Ces ajustements répondent peut-être à la stabilité des parts de marché respectives des trois opérateurs : près de 49 % pour Orange, 35 % pour SFR et 16 % pour Bouygues depuis plus de deux ans. Mais l'ouverture du marché mobile aux opérateurs virtuels, pour partielle qu'elle soit à ce jour, oblige les trois acteurs historiques à organiser leur défense. Soumis à la pression des pouvoirs publics, Orange et SFR ont déjà signé avec un partenaire virtuel. Bouygues, qui y semblait tota- lement opposé, laisse désormais entendre qu'un accord avec 9 Telecom n'est pas totalement exclu. Il faut dire que les trois opérateurs n'ont guère le choix.

Directeur de l'activité MVNO [Mobile Virtual Network Operator, opérateur mobile virtuel, NDLR] chez Orange, Patrick Roussel oscille entre fatalisme et fermeté : « Les MVNO vont arriver sur le marché, c'est l'évolution en cours. Nous nous y sommes préparés. Mais le MVNO doit être un partenaire de l'opérateur qui l'héberge, et non l'agresser. » Une formule sibylline, dans laquelle on lit en filigrane les principales questions que soulève l'arrivée des MVNO : quelle clientèle visent-ils ? Quelle sera leur politique tarifaire ? Menacent-ils les opérateurs historiques ? Il sem-ble établi que les MVNO proposeront des offres à bas prix. Quant à la concurrence avec les hébergeurs, elle nourrit les polémiques, et inspire à Jean-Louis Constanza, directeur général de Tele2, des réflexions acides : « Leur vocation est d'apporter de la concurrence dans un milieu où il n'y en a pas. Ce n'est pas en balayant dans les coins oubliés par les grands opérateurs qu'ils vont accroître la concurrence ! » Étrangement, Tele2 peine à trouver un opérateur désireux de l'héberger.

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Article extrait
du magazine N° 1878

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