Shopper, le retour

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En bon français, on devrait écrire chaland, qui signifie « client d'une boutique », selon le Petit Larousse illustré. Mais, à ce terme un peu daté, les professionnels de la grande consommation préfèrent celui plus évocateur de « shopper ». Autrement dit, de « client qui visite les boutiques à la recherche d'une marchandise ou de promotions », selon une traduction glanée sur internet qui colle à merveille à l'air du temps. Car peu importe le langage. Le client est bel et bien de retour dans les rayons, il y furète et, surtout, il achète. Les chiffres de l'institut d'études SymphonyIRI publiés par LSA dans ce hors série l'attestent.

Oubliée, la croissance zéro de l'an dernier. Les ventes en volume des produits de grande consommation ont recommencé à croître dans les hypers et supermarchés. Mieux, les grandes marques ont retrouvé des couleurs face aux marques de distributeurs. Et les produits élaborés remontent vers le haut de la liste de course, alors qu'il y a un an le chariot était surtout rempli d'articles de base. La parenthèse de l'année 2008, qui avait été marquée par une certaine paupérisation de la grande consommation, est refermée. Elle est également close pour le Sial, qui s'ouvre dans un climat bien plus optimiste que celui qui avait caractérisé sa précédente session, il y a deux ans, avec un nombre croissant d'exposants et de produits nouveaux. Le spectre de la déconsommation, un moment redouté, s'éloigne.

La parenthèse de l’année 2008, qui avait été marquée par une certaine paupérisation de la grande consommation, est refermée.

 

Pour autant, il serait hâtif de conclure de ce retournement de situation que la crise est définitivement oubliée et que tout va repartir, comme si de rien n'était. Le shopper est tout, sauf amnésique. Il continue d'éprouver un véritable attrait pour une consommation plus sensée et respectueuse de l'environnement, qui se mesure, entre autres, au succès non démenti du bio. Il accorde une attention plus grande que jamais au rapport bénéfice-produit-prix. S'il a montré, à travers la reprise des douze mois écoulés, qu'il restait réceptif aux innovations, il prend désormais le recul nécessaire pour les jauger avant de tester la première nouveauté venue. Un recul auquel les industriels se sont adaptés. En cherchant, comme Danone ou L'Oréal, à rendre leurs innovations plus accessibles, inspirées au besoin de recettes en vigueur dans les pays émergents et compensées, quand c'est possible, par des réductions de coûts.

Ce repositionnement ne conduit pas forcément à renoncer au premium, qui demeure vivace sur des marchés festifs comme celui des alcools, ou des familles formidables comme les dosettes de café. Pour une marque de grande consommation, occuper tout le spectre peut permettre d'équilibrer volumes et valeur. Quant aux magasins, ils sont eux aussi conduits à clarifier leur offre, leur merchandising et la mise en valeur de leurs rayons. Bref, à redécouvrir, eux aussi, le shopper. OCOSTIL@LSA.FR

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Article extrait
du magazine N° HSPGCSIAL

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