Marchés

SIAL 2016 : « l’Afrique subsaharienne a besoin d’usines de conditionnement ». G.Paulin Zambelogo

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Dossier Au rendez-vous du salon international de l’alimentation, l’Afrique subsaharienne se distingue par son offre de noix de cajou, de mangue séchée ou encore de sésame. Mais l’absence d’usines de conditionnement dans la région constitue le principal frein à la valorisation de ces produits

G.Paulin Zambelono, expert en politique commerciale au Ministère du commerce, de l'industrie et de l'artisanat du Burkina-Faso
G.Paulin Zambelono, expert en politique commerciale au Ministère du commerce, de l'industrie et de l'artisanat du Burkina-Faso

Présente à travers l’Aafex, association regroupant 115 entreprises implantées dans 16 pays, l’Afrique subsaharienne  se tourne vers les marchés export. Noix de cajou, cacao, mangue, sésame constituent les principaux produits de la région. « Depuis ces dix dernières années, les entreprises sont passées du stade artisanal à la transformation semi-artisanale. La transformation industrielle n’en est qu’à ses débuts.  Mais les investisseurs étrangers s’intéressent de plus en plus à l’Afrique subsaharienne », s’enthousiasme Hawa Berete, porte-parole de l’Aafex.  Un intérêt alimenté par l’African Growth and Opportunity Act. Cette loi américaine adoptée en 2000 exempte de droits de douane  un ensemble de produits en provenance d’Afrique subsaharienne. Cette loi qui arrivait à expiration en septembre 2015 a finalement été prorogée par l’administration Obama pour une période de 10 ans, soit jusqu’en 2025.

Avec 725 000 tonnes, la Cote d’Ivoire est le premier producteur au monde de noix de cajou, mais seulement 3% de ses volumes sont transformés dans ce pays. Des volumes de transformation à mettre en perspective avec ceux de l’Inde, pays qui contribue à 27% de la production mondiale de noix de cajou mais qui transforme 47% des volumes mondiaux de noix de cajou. « L’Aafex se mobilise pour développer les capacités de transformation de ses entreprises, d’autant plus que notre région ne manque pas de ressources », insiste Hawa Berete.

L’exemple du Burkina-Faso est à cet égard intéressant. Ce petit pays peuplé de 17 M d’habitants et situé au centre de l’Afrique de l’ouest est le quatrième producteur mondial de sésame. Le Burkina-Faso figure également dans le top cinq des pays exportateurs de beurre et d’amande de karité. Il est aussi le premier producteur de mangue séchée bio d’Afrique de l’ouest. Sur le stand de l’Aafex, une dizaine d’entreprises représentent le pays avec notamment une offre d’huile de sésame, de boulettes à base de graines de sésame, des mangues séchées… « Notre principal handicap réside dans le conditionnement de ces produits », reconnait G.Paulin Zambelongo, expert en politique commerciale auprès du Ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat du Burkina-Faso.

De fait, il n’existe aucune usine de conditionnement dans le pays, obligeant soit  les industriels à envoyer leurs produits en fûts, ce qui ne permet guère de les valoriser, soit à réaliser un premier conditionnement à partir d’emballages envoyés directement par les clients. « Nous avons besoin d’usines de conditionnement dans notre pays », insiste G.Paulin Zambelongo. A ceux qui pourraient douter du potentiel de ce marché G.Paulin Zambelongo fait valoir l’appartenance du Burkina-Faso à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédeao), regroupant 15 Etats membres, soit un marché de plus de 200 M de personnes…

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