SIAL 2016 : où exporter en 2017? Interview Christophe Monnier, directeur du département agroalimentaire de Business France

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DossierINTERVIEWINTERVIEW A l’occasion du Sial 2016, Business France, agence nationale pour le développement à l’international des entreprises françaises et également en charge de l’accueil des investisseurs étrangers en France, dévoile la nouvelle édition de son guide « Agroalimentaire : où exporter en 2017 ». Interview avec Christophe Monnier, directeur du département agroalimentaire de Business France qui revient sur les principaux éléments à retenir.

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Quelle est la place de la France dans les échanges commerciaux mondiaux de produits agroalimentaires et comment évolue-t-elle ?

Il y a 10 ans, la France était le second exportateur mondial de produits agroalimentaires. Une position de leadership qu’elle a perdu d’année en année au profit d’autres pays européens et notamment  l’Allemagne.  La part de marché de la France dans les échanges commerciaux mondiaux de produits agroalimentaire, en recul marqué dans les années 2000, s’est stabilisée aux alentours de 2008-2010. En 2015, la France se classe au sixième rang mondial des exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires derrière la Chine. Sa part de marché s’élève à 4,8%.

Quels sont les catégories de produits français qui s’exportent le plus ?

Les vins et spiritueux dominent toujours nos exportations, de même que les céréales et les produits laitiers. Il faut souligner que la part des produits transformés et en particulier les produits gourmets affichent une croissance continue. Ce segment de marché qui intègre différentes catégories de produits pèse désormais près de 7 Mds €, soit presque autant que les vins (8,7 Mds€). Au début des années 2000, les produits gourmets pesaient 7% dans les exportations françaises de produits agroalimentaires. En 2015, leurs poids s’élèvent à 15%. Qu’ils s’agissent de produits de boulangerie, pâtisserie et viennoiserie, de chocolat, de confiserie, de fromages, ces produits à forte valeur ajoutée progressent assez vite, y compris dans les pays tiers où jusqu’à présent leur poids étaient peu significatifs. Avec les vins, ils contribuent pour l’essentiel au solde positif des échanges commerciaux avec les pays tiers. 

La part de l’Europe a baissé de 5 points au cours de la période allant de 2010 à 2015.  Constitue-t-elle toujours un débouché à privilégier pour les produits agroalimentaires français ?

Oui bien sûr. La demande internationale, y compris en Europe pour des produits santé, bio, sans gluten, qui respectent le bien-être animal, offrent la garantie d’une stricte traçabilité  ou une véritable promesse gustative constituent une tendance de fond et qui ne va faire que se renforcer. Il y a bien sûr de grands marchés à regarder de près comme l’Indonésie, le Mexique ou le Vietnam. Mais l’erreur pour les entreprises de l’agroalimentaire serait de se focaliser uniquement sur les grandes destinations. Il n’y a pas que la Chine ! Même en Europe, marché mature par excellence, il y a des opportunités à saisir. Les pays en forte croissance comme la Pologne ou de petits marchés comme l’Irlande ou la Suède ne sont pas à négliger. Pour les industriels français, il est important d’avoir une approche équilibrée. Cela suppose de mener une analyse fine des marchés.

A cet égard, quel rôle peut jouer Business France.

Le guide que nous venons de publier « Agroalimentaire : où exporter en 2017 » avec le soutien du Ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire est mis gratuitement à la disposition des industriels pendant le Sial. Il offre un premier niveau d’analyse permettant d’identifier les principaux marchés. Avec un réseau de partenaires privés et publics présents dans 70 pays, nos services sont en mesure dans un second temps de fournir des informations sur le comportement de consommation dans les différents pays, d’éclairer les industriels sur les réseaux de distribution, d’importation, le climat des affaires, les aspects sanitaires et réglementaires, les certifications internationales…Nous offrons enfin toute une palette de services à l’export, allant des missions de prospection individuelle à l’étranger, les salons internationaux ou encore le volontariat international en entreprise (VIE).

 

Christophe Monnier, directeur du département agroalimentaire de Business France 

 

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