Sièges L'ère de la relaxation pour tous

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Assortiment Avec l'essor des nouvelles technologies les habitudes changent. Les sièges relax, les poufs et le canapé invitent l'utilisateur à se laisser aller et à se « vautrer ».

Fais pas ci, fais pas ça : tiens-toi droit. Pas facile de suivre ces règles de bienséance avec les produits que vendent les professionnels du meuble, et qui invitent à s'avachir ou à s'incliner... De nouvelles positions qui favorisent le marché du siège. Au point que, avec la literie et la cuisine, c'était l'un des segments les plus dynamiques du marché du meuble en France en 2004 (+3,9 %). Grâce aux produits de relaxation.

« L'arrivée massive des nouvelles technologies dans la maison va générer de nouvelles postures et, en parallèle, de plus en plus de stress, et donc un besoin de relaxation », prédit Soizcick Berthelot, ergonome au Centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA). « On constate une évolution du siège rembourré vers des produits qui bougent. Le marché de la relaxation n'est plus une niche », confirme Jean Cassou, directeur de la filiale Europe du Sud d'Ekornes (Stressless). C'est d'ailleurs cette marque qui a fait connaître le siège de relaxation aux Français. Mais, avec 195 points de vente, sa distribution est sélective. Un choix qui laisse une grande place à d'autres acteurs.

Si Conforama ne proposait qu'un fauteuil de relaxation en 2004, l'enseigne souhaite en référencer trois ou quatre cette année. Selon Stressless, 20 % à 30 % des sièges vendus en France sont des produits de relaxation. La raison du succès ? « Le fauteuil relax, c'est le fantasme masculin, toutes tranches d'âge confondues », assure Claude Thébaud, responsable de la communication du groupe Cauval Industrie, numéro un du siège en France. Pourtant, le fauteuil de relaxation type Stressless pêche encore par manque de style. « Nos collections sont les mêmes dans le monde entier, nous n'avons pas la volonté d'aller sur des produits tendance », précise Jean Cassou. Peut-on associer qualité d'assise et qualité de style, confort et décoration ? Pour le moment non. « Le siège de relaxation, tel qu'il existe, s'adapte dans son style et son ergonomie au troisième et quatrième âges, il ne permet que de s'allonger », regrette Soiczick Berthelot.

Le confort redimensionné

 

Mais l'appel à création lancé sur le siège Relax par le VIA, en collaboration avec le CTBA, ouvre de nouveaux horizons. Cinq designers - Éric Jourdan, Frédéric Sofia, Bernard Moïse, Arik Lévy et l'agence Sismo - ont présenté leur interprétation du confort. « Ils ont introduit des technologies de pointe, et nous ont présenté des produits très différents du fauteuil de grand-papa », affirme Soizick Berthelot. Mais une autre tendance forte émerge : le « vautré ». « Aux États-Unis, cela fait même plusieurs dizaines d'années que le "vautré" est reconnu comme une position très confortable », rappelle Gérard Laizé, l'auteur de Confort(s), la génération vautrée. Et pour s'avachir ou s'allonger au milieu des pièces à vivre, le marché offre désormais un vaste choix. À l'image de ce pouf en forme d'oreiller démesuré : « Le Fatboy est un produit très confortable, rappelle-t-on chez Kasane qui le distribue. On s'y trouve bien dans toutes les postures : assise, couchée ou semi-couchée. » Et le pouf rencontre un succès tel que l'on en trouve dans tous les circuits de distribution, d'Ikea à Ligne Roset.

Le canapé subit aussi de lourdes évolutions : une assise basse et de plus en plus profonde, associée à un dossier très court. « C'est très beau, mais cela ne répond à aucune règle ergonomique, prévient Soizick Berthelot. La personne n'a ni le dos appuyé, ni la tête tenue, ni les pieds au sol : c'est une aberration ergonomique.» La vente de ce type de produits ne ferait, selon elle, que relancer le marché du coussin ! Plus optimiste, Christophe Gazel, directeur de l'Institut de promotion et d'études de l'ameublement (Ipéa), rappelle que le canapé est le premier meuble multimédia. « Avec les ventes d'écrans plats réalisées en 2004, le marché du siège a de belles années devant lui, s'il ne joue pas la bataille des prix », souligne-t-il. Avant de rappeler que « dans les trois à cinq mois qui suivent cet investissement, les consommateurs ont envie de changer de canapé pour aller vers des produits d'angle ou plus bas ».

Cette tendance a été relevée chez Conforama. « On constate une vraie évolution dans le comportement du consommateur, assure Christian Gambin, directeur de la catégorie meubles de l'enseigne. Après avoir été ancré sur le canapé à trois places, il privilégie le confort et les produits d'angle. » Selon lui, la famille des canapés d'angle fait partie de celles qui, chez Conforama, ont le plus progressé en 2004. Côté matières, le cuir marche bien, particulièrement le buffle rouge ou pourpre. Pour ne pas rater ces tendances et proposer à la distribution des produits innovants, le groupe Cauval Industries (Dumeste, Steiner, Diva, ITA...) a fédéré ses équipes autour du projet Florilège. L'un des résultats vient taquiner la gamme des déhoussables, puisque le groupe lance le Rehoussable, dont le revêtement est lavable en machine à 60°, sans rétrécir...

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Article extrait
du magazine N° 1898

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