Snacking et nomadisme inspirent les packagings

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Les modes de consommation évoluent, les packagings aussi. Les acteurs de l'épicerie salée doivent en effet s'adapter au développement du snacking. Des opportunités à saisir pour dynamiser le marché.

Box, cups, sticks et autres petits formats... Longue est la liste des packagings innovants qui ont donné un coup de jeune à certains marchés,

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La croissance, en volume, du marché des b ox en 2011, à 9 083 tonnes Source : Industriels

souvent parmi les plus matures, de l'épicerie salée. Le mouvement semble même s'accélérer ces dernières années. L'arrivée des fameuses box est pour beaucoup dans cette impression. Voici en effet un format qui n'existait pas il y a trois ans en grande distribution, et qui revendique déjà un taux de pénétration de près de 20%. Un phénomène qui s'explique par le changement évident des modes de consommation. « Les repas ne sont plus tout à fait ce qu'ils étaient, explique un industriel. Et les familles non plus. Nous mangeons de plus en plus souvent seuls, rapidement, voire même dans la rue ou en faisant autre chose... Cela s'appelle du snacking ou du nomadisme. La majeure partie des nouveaux formats, et plus généralement des nouveaux conditionnements apparus ces dernières années, sont liés à la volonté des industriels de prendre en compte ces évolutions. »

De fait, au-delà des petits formats (conserves de légumes de 200 g par exemple) dédiés à une consommation « en famille », il est frappant de constater qu'un grand nombre de ces innovations vont chercher leur croissance non pas au rayon épicerie, mais plutôt du côté du frais ou des sandwichs. C'est le cas des box, bien sûr, mais aussi d'autres produits d'épicerie, comme les soupes. Objectifs : valider un positionnement « snacking-nomadisme » et se positionner dans un univers beaucoup plus valorisé. Dernier exemple en date, The Soup de La Courtisane, 5 recettes de soupes d'été conditionnées en canettes d'acier et dotées d'un couvercle à vis, d'une contenance de 17 cl. Prix de vente conseillé : 2,20 €. « L'idée est de proposer un produit d'accompagnement "premium" et 100% naturel pour le repas de midi », explique Cécile Courtine, responsable de l'entreprise.

Choisi d'abord pour préserver au mieux le produit, le packaging lui confère un impact indiscutable. « La canette permet surtout un

Le snacking au format box

Les box représenteraient aujourd'hui, et à elles seules, 30% de la croissance du rayon traiteur. L'exemple parfait du produit indissociable de son packaging qui lui permet de tenir ses promesses : praticité et modernité.

traitement thermique beaucoup plus doux qu'une conserve classique, tout en offrant une DLUO (date limite d'utilisation optimale) de un an ! », affirme Cécile Courtine. Quant au prix, la responsable refuse la comparaison avec les produits du rayon épicerie. « Notre produit est 100% nomade. La comparaison doit se faire avec les prix pratiqués en restauration hors foyer, et non pas avec l'épicerie. L'usage n'est pas le même », explique la responsable, sans préciser l'impact de la canette dans le coût de revient du produit...

« Un vrai intérêt à intégrer l'offre snacking pour recruter davantage »

De son côté, Floriane Borde, responsable de la marque Purée, Potages & Plats chez Maggi, et à ce titre en charge de Bolino, produit considéré par certains comme l'un des pionniers de l'offre snacking en GMS, estime que la marque aurait davantage à gagner à se rapprocher de l'espace snacking qu'à retravailler son packaging. « Bolino existe depuis plus de vingt ans. Nous avons une clientèle fidèle qui sait où trouver les produits dans le magasin. Mais je suis persuadée que nous recruterions davantage en étant intégrés à l'offre snacking et non à l'épicerie comme c'est le cas aujourd'hui. Ce qui ne nous dispense évidemment pas de réfléchir au packaging. Pour améliorer la perception du produit et de la technologie déshydratée plus que pour espérer, via l'emballage, améliorer la praticité du produit », affirme-t-elle.

Pour les acteurs de l'épicerie salée, serait-il plus facile d'innover (par le packaging) loin de leurs bases, dans l'espace snacking plutôt qu'au rayon épicerie proprement dit ? Floriane Borde n'est pas loin de le penser. « D'un côté, nous avons un rayon jeune où tout ou presque est encore à inventer. De l'autre, des marchés matures où les marges de manoeuvre sont plus réduites et les enjeux économiques plus importants. » Pour autant, précise-t-elle, c'est bien à un nouveau packaging que Maggi-Sveltesse (des soupes déshydratées conditionnées en sticks) doit une partie de son succès. « Ces dernières années, le marché de la soupe s'est développé par le liquide au détriment des autres technologies. En partie grâce à son packaging, Maggi-Sveltesse a recruté une nouvelle clientèle (44% de consommateurs exclusifs), beaucoup plus jeune que celle ordinairement associée aux produits déshydratés... »

Les ouvertures, des systèmes « sous surveillance »

Autre acteur innovant du rayon, Hénaff. Le roi du pâté en boîte n'est en revanche qu'un acteur parmi d'autres sur le segment des verrines. « Autant l'ouest de la France apprécie la boîte, autant l'Est a tendance à lui préférer le verre, constate Jildaz Colin, chef de marque. D'où nos efforts dans cette direction, tant au niveau des recettes que des verrines elles-mêmes. Nous avons ainsi adopté "l'épaulage". Leur partie supérieure, celle qui supporte le couvercle, est légèrement moins large que le corps de la verrine. D'où une forte limitation du risque de contamination du produit par ouverture accidentelle lors d'un choc en rayon par exemple. » Une innovation sans doute pas très spectaculaire, « mais une vraie sécurité pour les produits, les magasins et les consommateurs », souligne Jildaz Colin.

Autre thème actuellement « sous surveillance » : l'ouverture. L'américain Crown a dévoilé l'an dernier un système baptisé Orbit, qui permet l'ouverture sans effort des verrines et autres bocaux. « C'est indéniablement très séduisant, confie Jildaz Colin. Une vraie innovation qui permettrait sans doute de recruter », affirme-t-il. Seul problème : le coût, semble-t-il encore un peu trop élevé...

LES TENDANCES

  • Snacking et nomadisme sont les deux tendances très porteuses qui réclament des packagings spécifiques : ouverture et fermeture, résistance au transport et au mouvement, intégration de couverts...
  • L'impact écologique de l'emballage est un facteur important pour les consommateurs. Selon le millésime 2012 de l'étude ACN - IFOP, la brique alimentaire est considérée comme l'emballage le plus respectueux de l'environnement par 77% des sondés.
  • Le développement des espaces traiteur, snacking, restauration à emporter... dans les magasins devrait favoriser la diversification de l'offre, et donc l'ouverture de nouveaux segments.

     

Casino a choisi TetraRecart de TetraPak

Les Français sont sensibles à la préservation de l'environnement, Casino aussi. L'enseigne a choisi l'emballage en carton TetraRecart de TetraPak pour certaines de ses conserves à marque propre. L'emballage carton se substituera peu à peu aux bocaux de verre et autres conserves en métal. Il permettait de diminuer les émissions de CO2 de 35% par rapport à une conserve en acier et de 65% par rapport à un bocal.

 

De la soupe en canette

Lancées en début d'année, dans un premier temps seulement chez Intermarché, les 5 recettes The Soup de La Courtisane sont associées à une vitrine rafraîchissante qui permet à son acheteur de partir avec un produit « prêt à consommer ». Attendues pour septembre, les 5 nouvelles recettes de soupe chaude seront-elles associées à une vitrine chauffante ?

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Article extrait
du magazine N° HSEPICIERIE2012

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