Sofiprotéol et LDC s’allient pour créer un géant de la volaille en France - Exclu LSA

Sofiprotéol et LDC s’unissent pour créer un géant de la volaille sur le marché français. Le premier se spécialise sur la nutrition animale avec sa filiale Glon Sanders en cédant son activité volaille au second, qui se renforce dans l’abattage, la découpe et les produits élaborés. LSA vous dévoile les dessous  de cette opération.

Sofiproteol se spécialise désormais sur l'alimentation animale, LDC se renforce encore plus sur l'abattage et la découpe de volailles.
Sofiproteol se spécialise désormais sur l'alimentation animale, LDC se renforce encore plus sur l'abattage et la découpe de volailles.

Une alliance de deux gros poids lourds pour former un géant de la volaille en France. C’est, en substance, l’aboutissement de cet accord qui unit Sofiprotéol (CA : 7 milliards d’euros en 2013) à LDC, déjà leader européen - et français- de la volaille (CA : 3 milliards d’euros dont 85 % grâce à la volaille).

Echange de sites

Les deux entreprises se sont en fait réparti les activités en se cédant des sites. Une nouvelle entité va être créée pour regrouper ces 11 lieux de production, la Société bretonne de volailles (SBV). Elle regroupera six sites LDC et 5 sites de Glon Sanders (le pôle animal de Sofiprotéol qui pèse 1,9 milliard d’euros) et sera principalement détenue par LDC, avec une participation minoritaire de Glon Sanders.
La SBV s’engage à investir 100 millions d’euros sur 5 ans et Sanders injectera quant à lui 75 millions d’euros sur 5 ans dans la filière nutrition animale. Car LDC cède dans le même temps son site de nutrition animale hors volaille de Huttepain Bouix à Sanders.
Avec ces échanges de sites, 330 millions du chiffre d’affaires de Sofiprotéol vont être transférés au volailler, LDC cède quant à lui l’équivalent de 30 millions de son chiffre d’affaires. En parallèle de cette société, Sofiprotéol entre de « façon marginale » au capital de LDC et sera donc présent au conseil de surveillance avec un rôle « constructif » assure Michel Boucly, directeur général adjoint de Sofiprotéol.

"Spécialisation"

L’enjeu de cet accord à grande échelle est, pour chaque acteur, de se spécialiser sur les différents maillons de la filière volaille. Sanders, déjà leader en France de la nutrition animale avec 14 % de part de marché en volume, récupère un site de LDC pour se concentrer sur cette activité, ainsi que les bénéfices espérés de la reconquête du marché intérieur.
De son côté, LDC se spécialise encore plus sur la volaille (abattage et découpe) et les produits élaborés. Avec les sites acquis, il pourra ainsi se diversifier sur d’autres réseaux, en plus de ses activités en GMS (marques Loué, Maitre Coq et le Gaulois entre autres). Il pourra fournir la restauration mais aussi des industriels de l’agro-alimentaire et bénéficiera du savoir-faire en innovations des filiales cédées par Sofiprotéol.

Pour Denis Lambert, président du Groupe LDC : « Ce projet d’alliance est un signe fort pour la filière volaille française. Il traduit la mobilisation de deux acteurs majeurs de l’agro-alimentaire autour d’une ambition commune devant permettre à la filière de reconquérir dans la durée le marché national et de se développer à l’international. » Mais cette opération suffira-t-elle à faire de la volaille une filière compétitive en France ? Tilly Sabco, société spécialisée sur la volaille surgelée à l’export, a annoncé sa liquidation judiciaire à la rentrée.

Michel Boucly, directeur général adjoint chez Sofiprotéol, nous éclaire sur cette opération :

LSA - Quelle est l’objectif de cette opération avec LDC ?
Michel Boucly : L’objectif est de partir à la reconquête du marché intérieur. Il est anormal que 42 % du poulet consommé en France soit importé. En GMS, les marques ont fourni un beau travail et l’importation ne concerne que 20 % de l’offre, mais les plats préparés, les sandwichs proposent souvent cette volaille importée. Les chiffres grimpent dans la restauration collective et dans certaines chaines de fast foods. Nous voulons donc développer une filière compétitive en spécialisant chaque acteur sur son savoir-faire.

LSA – Vous créez un géant de la volaille, or cette filière est très fragile en France…
M. B. : L’élevage est aujourd’hui l’enfant malade de l’Agriculture. La filière de la volaille n’échappe pas à la règle, notamment parce qu’il n’y a pas eu assez d’investissements. Cette filière est en plus déstabilisée par les importations. De grands acteurs sont en effet présents en Europe tels que Plukon (Pays-Bas), Two sisters (Royaume-Uni), Wiesenhof (Allemagne) ou encore A.I.A en Italie. C’est pourquoi ce projet est capital, tant pour le marché français que pour le marché européen, sur lequel nous avons aussi de grandes ambitions.

LSA – Seriez-vous éventuellement ouvert à d’autres alliances?
M. B. : Oui, nous sommes intéressés par tous les projets intelligents et structurants qui aident à développer la ferme France.

 

Plus d’infos dans le prochain numéro de LSA à paraitre le 30 octobre.


Julie Delvallée et Jérôme Parigi

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