Marchés

Sofiproteol projette 8,9 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2018

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Le groupe agroalimentaire et agroindustriel Sofiproteol a défini un plan stratégique à cinq ans qui devrait l'amener à réaliser un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros en 2017. Propriétaire de Lesieur et Puget, de Glon Sanders (nutrition animale, volaille et porc), ainsi que de la marque d’œufs Matines, et présent dans les agro-carburants notamment, le groupe a réalisé 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2012 et sa croissance est phénoménale puiqu’il ne réalisait que 500 millions d’euros en 2003

Jean Philippe Puig, directeur général de Sofiprotéol
Jean Philippe Puig, directeur général de Sofiprotéol

Sofiprotéol vient notamment de procéder au rachat de Lesieur Cristal au Maroc, en partenariat avec le groupe Castel. « Nous visons l’international, notamment la Roumanie, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, le marché européen étant à maturité, mais toujours en lien avec les producteurs de colza et de tournesol qui sont nos actionnaires pour la durabilité de leur activité », a indiqué Jean-Philippe Puig, directeur général de Sofiprotéol et depuis peu de Glon Sanders. Le groupe veut doubler son ebitda, de 200 à 400 millions d’euros, grâce à une mutualisation des coûts.

Pas intéressé par Doux

Sofiprotéol, présidé par Xavier Beulin, par ailleurs président de la FNSEA, était aussi sur les rangs "en tant que coordinateur" avec des coopératives pour reprendre le groupe Doux dans son ensemble, offre qui a été refusée par le tribunal de Quimper. Avec la baisse des subventions européennes qui pourraient à nouveau mettre à mal le groupe volailler breton, Sofiprotéol va-t-il revenir sur le dossier ? "Non, nous avons déjà repris quatre sites de Doux dans lesquels nous allons investir des millions d’euros pour atteindre nos critères industriels, a indiqué Jean Philippe Puig. Nous n’avons pas vocation à aborder le grand export. Mais la baisse des subventions est un vrai problème pour l’aviculture en Bretagne, l’export représente 50 % de l’activité."

Conquête du marché français de la volaille

Exit, donc, un retour sur Doux. En revanche, Sofiproteol veut reconquérir le marché français qui est capté pour 40 % par les importations. "Nous devons proposer une offre de volailles plus adaptée à la demande, avec une qualité mais aussi des prix compétitifs. Les labels n'y répondent pas, ils ne couvrent qu’une partie des besoins". Sofiprotéol disposerait de l’outil d’abattage, via la filiale de Glon Sanders spécialisée Boscher, le plus moderne d’Europe. Et fournit surtout le BtoB, Mc Donald, Fleury Michon, KFC et cherche aussi à conquérir la grande distribution. La crise du poulet et du porc ne le touche pas. "Tous nos outils sont rentables, et éleveurs de volailles français sont très performants". Un discours que l’on entend rarement…

Du beurre dans... l'huile

En revanche, la vache à lait que les agrocarburants représentaient ont plombé les résultats de Sofiprotéol l’an dernier, "à cause d’un dumping sur les prix menés par l’Argentine et l’Indonésie". Le groupe entend "adapter la carte industrielle dans le biodiesel à une demande en mutation". Enfin, pour Lesieur, le groupe entend "renforcer le rôle de leader de Lesieur et Puget en huiles de table". En juin, la marque Lesieur devrait s’enrichir d’une nouvelle référence mélangeant beurre (10 %) et huile, une vraie innovation de rupture. Et dans les sauces et condiments, il s’agit d’atteindre la place de N°2,  notamment grâce au lancement d’une nouvelle mayonnaise Isio 4. Les deux produits seront en rayon en juin prochain. Et en septembre dernier, Sofiproteol avait pris le contrôle de la marque Soleou, une petite PME de Provence auparavant détenue par Dominique Amirault, également présente en grandes surfaces.

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