Soif de curiosité

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Un samedi après-midi de courses avec un passage dans un Naturalia. En moins de cinq minutes, au rayon frais, je vois un client suivi d’un deuxième, puis d’un troisième, prendre une boisson inconnue. La signature, Karma KFR, m’intrigue. En bonne cliente sujette aux impulsions, j’en pose une bouteille dans mon panier. De retour chez moi, réflexe de journaliste, je décortique l’étiquette. C’est une boisson fermentée, non pasteurisée, quasi sans sucre, aux fruits et au jus de grains de kéfir. Les grains de kéfir ? Jamais entendu parler. Une recherche rapide sur internet m’apprend que c’est un probiotique naturel d’origine caucasienne, issu de la fermentation du lait ou de jus de fruits… 

La morale de cette histoire ? Malgré une conjoncture défavorable, l’appétence des consommateurs pour les nouveaux ingrédients, les nouveaux goûts et les nouvelles recettes reste intacte. Et ce malgré la conjoncture qui pénalise les innovations valorisées. Certes, le jus de grains de kéfir ne sera probablement jamais un produit star de la grande conso. Reste que cette succession d’acheteurs du Karma KFR dans cette enseigne spécialisée dans les produits issus de l’agriculture bio et du commerce équitable témoigne d’une curiosité, d’une attente de nouveauté et même d’exotisme. Une curiosité semble-t-il partagée outre-Manche où c’est le jus de baobab (lui aussi, paraît-il, bardé d’atouts nutritionnels) qui est particulièrement en vogue. Une tendance que Matahi, une PME de Montpellier, tente d’ailleurs de reproduire en France…  

Certes, cette tendance aux nouveaux ingrédients et aux nouvelles saveurs ne date pas d’hier, mais elle apparaît pourtant plus que jamais centrale dans les politiques d’innovations de nombreux acteurs du rayon, petits et grands. Elle est même, et de plus en plus, un puissant vecteur d’animations. C’est ainsi que la stévia semble promise cette année à jouer un grand rôle. Les géants des boissons l’utilisent désormais pour compenser la chute des softs « light ». Coca-Cola life sera sans aucun doute l’un des grands lancements de 2015, et Coca-Cola Entreprise met tout en œuvre pour que les consommateurs l’essaient et l’adoptent.

Du côté de l’animation et de l’événementiel, ce sont les cocktails qui prennent le relais avec, à Paris, en janvier dernier, la Paris Cocktail Week. Sur le modèle de la Fashion Week, cet événement a mis en vedette de nouveaux assemblages d’alcools, de fruits et de sirops, à déguster dans l’un des trente-cinq bars partenaires de l’opération. Une tendance destinée bien sûr à se traduire en magasins, et très récemment dans deux rayons où on ne l’attendait pas forcément : celui des spiritueux sans alcool et celui des soft-drinks. Sans oublier celui de la bière, autre catégorie en pleine ébullition. À côté d’événements festifs autour des petites mousses (comme Planète Bière, fin mars au Tapis Rouge, Paris Xe), les brasseurs mènent une large campagne de communication pour « brasser les idées reçues », et ainsi affirmer la diversité des saveurs. 

L’appétence des consommateurs pour les nouveaux ingrédients reste intacte.

 

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Article extrait
du magazine N° 1HSB2015

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