Sony marie numérique et prix grand public

Les caméscopes numériques représentent 85 % des ventes au Japon, mais seulement 8 % en Europe. Raison essentielle : le surcoût par rapport aux produits analogiques. Grâce au Digital 8, Sony jette un pont entre les deux formats.

Sony annonçait « la nouveauté vidéo de l'année ». Il est vrai que le nouveau caméscope Digital 8 de la marque constitue une petite révolution. Le fabricant japonais, qui domine largement le marché français, a logé dans ses châssis analogiques un mécanisme d'enregistrement numérique. Résultat : des caméscopes moins chers que les modèles numériques DV - qui ne se négocient pas à moins de 9 990 F - mais avec exactement la même qualité. De plus, ces nouveaux modèles utilisent des cassettes Hi 8 (l'un des deux standards analogiques de Sony), moins chères que les cassettes DV et déclinées en plusieurs durées quand le DV doit se contenter du format 60 min. Le Digital 8 peut ainsi lire les cassettes analogiques enregistrées sur un caméscope Hi 8. Seul inconvénient : pour loger sur une cassette classique autant d'informations que sur une cassette DV, les têtes de lecture doivent tourner beaucoup plus vite, ce qui réduit d'environ un tiers la durée d'enregistrement (compter quarante minutes utiles sur une cassette 60 min). Le Digital 8 ouvre un quatrième segment dans la gamme Sony, plus cher et performant que les modèles Vidéo 8 et Hi 8, mais moins cher et moins compact que le DV. Il crée ainsi un pont technologique entre analogique et numérique. Reste à faire passer le message auprès des distributeurs, puis des consommateurs Pour les néophytes, le positionnement du Digital 8 est en effet subtil. Il faudra expliquer le surcoût par rapport aux modèles analogiques en vantant la qualité d'enregistrement numérique, tout en se gardant bien d'oublier les mérites du « vrai » numérique, qui pourrait pâtir d'un discours mal ajusté. Car il ne faut pas s'y tromper : le Digital 8 ne sonne le glas ni de l'analogique ni du DV. Le moins cher des modèles se négociera à 6 000 F, soit le double de l'entrée de gamme analogique. C'est d'ailleurs ce qui motive Sony et Hitachi à poursuivre le développement du 8 mm, quand Panasonic, JVC, Canon ou Sharp délaissent quelque peu ce format pour investir au maximum sur le DV. Dans un marché où 90 % des ventes se font sur des modèles à moins de 7 000 F, l'analogique garde sa raison d'être, et Sony annonce un repositionnement de sa gamme 8 mm pour février. Quant au numérique, son surcoût se justifie encore par plusieurs avantages, dont la compacité. Sans parler des atouts purement techniques (doublage son ou transfert direct sur un ordinateur) - peut-être moins utiles pour le grand public. Pour Olivier Malandra, chef de produits caméscopes, le message à faire passer sera donc : « Ceux qui ont de l'argent choisiront le DV, ceux qui souhaitent accéder à la qualité numérique mais ne peuvent pas investir 10 000 F choisiront le Digital 8 et auront moins de compacité. » Et pour les moins fortunés, il y aura toujours un peu d'analogique en rayons

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Article extrait
du magazine N° 1614

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