Sortie de crise dans la filière bovine

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Le groupe Bigard, après avoir cristallisé la colère des éleveurs trois jours durant, est parvenu à un accord, la semaine dernière, sur le prix de la viande bovine.


A l'issue d'un accord portant sur une hausse de 5 centimes d'euro le kilo de carcasse de viande bovine, la totalité des abattoirs du groupe Bigard ont pu retrouver une activité normale en fin de semaine dernière. L'incendie est-il définitivement éteint ? Pendant trois jours, neuf des plus gros abattoirs de l'industriel ont été bloqués. Un conflit d'une rare intensité dans une filière pourtant habituée aux rapports de forces. À tel point que Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, est intervenu rapidement en nommant un médiateur, Loïc Gouello, puis en convoquant une réunion de toute la filière mercredi 10 novembre.

 

Une conjoncture très difficile

Pour la première fois, un seul industriel a été visé, le groupe Bigard, qui représente, il est vrai, 40 % du marché de la viande bovine. Son président, Jean Paul Bigard, est aussi président du Sniv-SNCP, syndicat représentant les intérêts des entreprises françaises du secteur. « La conjoncture est extrêmement difficile pour les éleveurs et les perspectives ne sont pas limpides », avance un observateur. En cause, une offre surabondante.
Depuis 2009, les abattages ont augmenté de 3 %. Cette hausse est liée à la conjoncture laitière, qui a pu décourager un certain nombre d'éleveurs, mais aussi au problème de sécheresse de l'été dans l'ouest de la France. Résultat, les prix au kilo s'inscrivent à la baisse. Un contexte qui ne doit pas occulter les problèmes structurels de la filière, en prise avec la concurrence européenne, notamment la prise de part de marché des grands opérateurs allemands.
Menés par la Fédération nationale bovine (FNB), les éleveurs demandaient une hausse de 60 centimes d'euro par kilo de carcasse, arguant d'une augmentation de 35 % des coûts de production ces dernières années. Force est de constater l'écart important qui subsiste avec les résultats obtenus à l'issue de la négociation. Mais, selon le Sniv-SCNP, accéder à une telle revendication provoquerait une augmentation de 700 millions d'euros pour l'ensemble des bovins vendus : « Cela représente la masse salariale de l'ensemble des industriels de la viande. C'est comme si on nous demandait de multiplier par deux les salaires du secteur. C'est impossible au regard de la rentabilité de la filière, qui oscille entre 1 et 2 %. »
Au terme des négociations, le ministère de l'Agriculture a formulé un certain nombre d'engagements, dont la défense de l'exception française et l'allégement de certaines contraintes administratives pour faciliter les exportations. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour calmer le jeu durablement.

 

5 cents €

La hausse de prix par kilo de carcasse de viande bovine accordée par le groupe Bigard aux éleveurs.

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Article extrait
du magazine N° 2159

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