Sortir des eaux troubles

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A vis de tempête sur les rayons des produits de la mer ! Les poids lourds des rayons, comme le saumon ou le surimi au traiteur de la mer, affichent des évolutions négatives, respectivement à - 5,5% et - 6,5% en volume, selon Iri, en cumul annuel mobile arrêté au 26 janvier 2014. Difficile à croire, alors que le poisson reste un produit fortement plébiscité par les consommateurs. Plébiscité, certes, mais aussi malmené. Plusieurs polémiques ont entaché la réputation de ces marchés en 2013. Petit rappel des faits. Au mois de juillet, l’Agence de sécurité alimentaire (Anses), suite aux déclarations du ministre de la Santé norvégien, met en garde contre la consommation excessive de saumon d’élevage norvégien et préconise de limiter la consommation du poisson gras – dont le saumon – à deux fois par semaine, en raison de la pollution de la mer Baltique et de la présence de polychlorobyphéniles (PCB). Quelques mois plus tard, nouveau coup dur pour la filière avec, en novembre, un reportage télé dénonçant l’industrie du saumon au pays des fjords. Résultat : le marché du saumon fumé plonge au moment crucial des fêtes de fin d’année. L’autre pilier du rayon, le surimi, a subi un sort guère plus ­glorieux. Ce produit, dont la composition est souvent mal connue par les consommateurs, pâtit des dommages collatéraux du horsegate, qui a semé le doute dans l’esprit des consommateurs…

2013 reste aussi un passage difficile pour Intermarché et son armateur, la Scapêche. Dès le mois de juin, la pêche en eaux profondes est en effet mise sous les feux des projecteurs par l’association écologiste Bloom, partie en guerre contre la pratique du chalutage. Avec l’aide de l’illustratrice Pénélope de Bagieu, les deux acteurs réalisent une campagne digitale très efficace qui vise le distributeur et son outil de pêche. Les militants parviendront à leurs fins en faisant plier les distributeurs sur la fin de la commercialisation de plusieurs espèces, dont le sabre noir, le grenadier et le brosme. Face à ces polémiques, les industriels ne restent pas les bras ballants. Discours sur la qualité, sur l’origine et efforts de transparence sont de mise. « La préoccupation des consommateurs français nous conduit à faire évoluer notre consommation », assure par exemple Maria de Perlinghi, directrice France du centre des produits de la mer de Norvège (Norge). L’enjeu est crucial, pour remettre durablement le poisson dans les assiettes des Français.

Les tendances

  • Les industriels multiplient les démarches qualité, en amont, pour garantir aux consommateurs un produit irréprochable.
  • Les produits élaborés, comme le surimi, jouent la carte de la transparence sur la composition des produits.
  • L’origine France tente une percée, même sur les stands traditionnels, afin de rassurer les consommateurs.

Les tops

Le saumon fumé (hors Norvège, écosse Irlande et Atlantique)
  • + 42,4% en volume
  • + 43,3% en valeur
  • Les poissons panés + 10,6% en volume
  • + 14,6% en valeur
  • La truite fumée + 10,5% en volume + 12,1% en valeur

Les flops

  • Le saumon fumé irlandais - 57,7% en volume - 54% en valeur
  • Les Poissons en carpaccio et marinés - 15,1% en volume - 16% en valeur
  • Les terrines de la mer - 11,4% en volume - 12,6% en valeur

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Article extrait
du magazine N° 2317

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