Marchés

Spanghero: Le Foll et Hamon ont-ils confondu vitesse et précipitation ?

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Dossier L’émotion suscitée par la suspension de l’agrément de l’usine Spanghero va-t-il contraindre le gouvernement au rétro-pédalage ? La société continue d’affirmer qu’elle a été trompée et qu’elle a acheté les pains de bœuf congelé au prix du marché du bœuf. Et elle organise sa défense, en considérant que la suspension de l’agrément pour des raisons sanitaires n’a pas lieu d’être, puisqu’il n’y a pas de problème sanitaire.

Le volet social suscite beaucoup d'émoi...
Le volet social suscite beaucoup d'émoi...

« Il n'y a pas eu de fraude ici. Nous avons commandé de la viande de boeuf, nous avons réceptionné au vu des documents de traçabilité de la viande de boeuf que nous avons réexpédiée », a martelé Barthelemy Aguerre, président de Spanghero et vice-président de la coopérative basque Lur Berri. Mais l'affaire a pris une tournure sociale puisque 300 salariés sont sur le carreau et font figure de dommages collatéraux pour une affaire qui les dépasse depuis que Stéphane Le Foll a retiré l'agrément à l'entreprise de poursuivre son activité pour des raisons sanitaires. Or, l'entreprise n'a pas de problèmes sanitaires, puisqu'il s'agit d'une affaire de tromperie...

Pas d'arrêt de mort

Le ministre a justifié une « mesure juste et proportionnée » le temps d’identifier les manquements à la réglementation, mais un responsable du ministère aurait déjà indiqué qu’il ne s’agit pas d’un « retrait définitif qui aurait signé un arrêt de mort » de l’entreprise. Quant à Benoît Hamon, ouvertement critiqué pour avoir été « léger et imprudent » dans ses déclarations par Barthelemy Aguerre, il a précisé qu’il y a « a minima des très grosses négligences », estimant que la société Spanghero « n’était pas seule responsable » et qu’il y avait le volet « néerlandais ».

Fraude ou négligence...

Or, le ministre avait parlé de fraudes et a même transmis l’affaire au Parquet, l'affaire relevant du pénal avec une peine de deux ans de prison à la clé, alors que la négligence relèverait seulement de la sanction administrative. Fraude ou négligence ? Après avoir si rapidement solutionné le problème et identifié les lots et les entreprises concernées, il serait dommage pour les ministres que les décisions prises se transforment in fine en maladresses du point de vue du droit, ayant des conséquences pour l'emploi. Et que vitesse se soit transformée en précipitation. « La décision prise par le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll condamne à mort 300 personnes et leurs familles, sans compter tous nos partenaires», a déclaré le directeur commercial de Spanghero, donnant lecture d'un communiqué élaboré avec le personnel.

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