Standard and Poors estime que la grande distribution est plus menacée que la grande industrie des PGC

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L’agence de notation Standard and Poors estime que les grands industriels de la consommation devraient mieux affronter la crise mondiale que la distribution, notamment européenne, celle-ci étant souvent très dépendante de son marché domestique et peu présente sur les marchés émergents.

Standard and Poors
Standard and Poors© Wikimedia Commons

« Nous sommes confiants sur les perspectives des grands groupes de consommation qui ont des marques fortes, qui sont diversifiés et présents partout sur les pays émergents, analyse Nicolas Beaudoin, directeur de S&P à Paris. A l’inverse, la grande distribution a peu de chances d’échapper à la récession en Europe et nous avons dégradé au cours de la seule dernière année autant d’acteurs qu’en cinq ans ». En clair, Nestlé apparaît beaucoup plus solide pour faire face à la tempête que Carrefour, et Heineken & Procter qu’Ahold.


Trois dégradations pour Carrefour
Comme pour les Etats, les notations des entreprises sont très suivies par les banquiers et servent notamment à déterminer le taux des emprunts, plus élevés si les perspectives des entreprises sont plus risquées, ou moins dans le sens contraire. Carrefour a fait l’objet à lui seul de trois dégradations aux cours des dernières années et obtient la note BBB. Metro a été dégradé l’an dernier à BBB-, Tesco est passé à A- avec une perspective négative, idem pour Migros. En la matière, le meilleur de la classe en France reste Auchan avec un A. «Auchan détient son immobilier commercial, qui vaut plusieurs milliards d’euros, ce qui est de nature à rassurer », confie Nicolas Beaudoin, qui voit croître le chiffre d’affaires du nordiste de manière récurrente. Sa « perspective » est stable alors que celle du leader britannique Tesco est négative. Casino est à BBB- et cette note ne devrait pas changer à terme non plus, pas plus que celle de Carrefour, l’agence estimant que les groupes devraient subir moins les effets de la crise en 2013 que lors des deux dernières années. La seule enseigne à avoir vu sa note relevée a été… Picard.


Des industriels solides
Pour les groupes de grande consommation, mis à part Seb, confronté à une chute subite de ses profits en Asie, la solidité des sociétés est mise en avant. Nestlé, Unilever, Reckitt Benckiser, (entretien), LVMH (luxe), Anheuser-Busch (bière), Henkel, Bosch, Diageo, Danone obtiennent le sésame A, et d’autres comme Heineken, Pernod Ricard, affichent des BBB qui ne le mettent pas dans la catégorie à problèmes. L’agence de notation estime par ailleurs que la consommation ne devrait pas baisser en 2013, ni être affectée par la hausse des matières premières en raison de la baisse d’une partie de celles-ci. Et certaines analyses démontrant même un retour à la croissance, comme Thomson Reuters, l’an prochain. «En revanche, il est peu probable que le consommateur supporte seul la hausse des prix compte tenu de l’évolution de la fiscalité en cours, analyse Denis Beaudoin.  A notre avis, cette fois, ce sont à la fois les producteurs, les distributeurs et les consommateurs qui devront partager l’effort. Lors de la hausse des matières premières en 2009, on a vu une dégradation des résultats des distributeurs»

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