Start-up qui réduisent le gaspillage alimentaire

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DossierENQUÊTE La grande distribution jetterait chaque année 600 000 tonnes de denrées alimentaires périssables. Cause nationale et européenne, la lutte contre le gaspillage alimentaire est devenue une priorité des magasins, qui peuvent aussi s’appuyer sur l’ingéniosité des start-up. Présentations.

Eqosphere, icichez Auchan, proposede revaloriser les invendus. Les surplus peuvent faire l’objetde dons (réduction d’impôts à la clé)ou de revente.
Eqosphere, icichez Auchan, proposede revaloriser les invendus. Les surplus peuvent faire l’objetde dons (réduction d’impôts à la clé)ou de revente.© dr

La lutte contre le gaspillage alimentaire est, depuis un an, au cœur d’un pacte national et gouvernemental, afin de réduire de moitié le gâchis d’ici à 2025. Les volumes qui finissent à la poubelle sont colossaux. Pour faire simple, un tiers des produits sont fabriqués pour être jetés, selon les chiffres de la fédération France Nature Environnement. Les clients se débarrasseraient, chaque année, de 20 à 30 kg de produits, dont 7 kg non déballés, tandis que la grande distribution, elle, enverrait 600 000 tonnes à la benne. 

Les paradoxes sont nombreux. Les clients n’achètent que des DLC ou DLUO longues, en contradiction avec leurs déclarations d’intention. Les distributeurs, eux, allongent les « garanties fraîcheur » et ne peuvent se permettre un risque sanitaire. Enfin, les obstacles concrets ne manquent pas : les associations caritatives ne prennent que rarement des produits frais, faute d’équipements adéquats ; il est souvent compliqué, en pratique, de stocker des produits élaborés le jour même en magasin… Au-delà des questions éthiques et morales que personne ne conteste, le gâchis alimentaire est aussi une absurdité commerciale. « Cela peut représenter jusqu’à 4% du chiffre d’affaires d’une GSA de 7 000 m² », selon les calculs de Gilles Briant, adhérent Intermarché de Pamiers (09), qui a adopté les corners « Zéro-Gâchis ». Voici les nouvelles idées qui peuvent aider les magasins.

Le gaspillage, des causes multiples dans la grande distribution

  • La course à la fraîcheurdes enseignes, la menacede sanction des autorités, et la prévention du risque sanitaire.
  • Les problèmes pratiques : erreurs de commande, pannes de chambre froide, mauvaises gestions de la chaîne du froid...
  • Les critères esthétiqueset de calibres pourles fruits et légumes.
  • Les campagnes de promotion mettent en avant de gros volumes de marchandises.
  • Les clauses de reprise des invendus par les fournisseurs.

Qui sont les gaspilleurs ? 

En France, ce sont en moyenne 21 % des aliments achetés qui sont jetés, selon l’Ademe (chiffres 2011), soit 5,6?millions de tonnes de déchets alimentaires par an, et 89,9?kg par an et par habitant. L’équivalent, en pouvoir d’achat, de 430?€ par an et par habitant. Difficile d’établir un classement précis mais, si l’on en croit le site du gouvernement (alimentation.gouv.fr), la restauration commerciale, à commencer parles restaurants traditionnels et gastronomiques, a les plus grosses pertes, avec 230 grammes de denrées perdus ou gaspillés par personne etpar repas. Vient ensuite la restauration collective (167 grammes par repas etpar personne). La grande distribution, elle, gaspillerait 197 tonnes par magasin en moyenne chaque année.

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Article extrait
du magazine N° 2328

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