statut : La proximité bénéficie aux gérants-mandataires

RESSOURCES HUMAINES - Seules les enseignes Nicolas et Petit Casino fonctionnent encore avec des gérants-mandataires. À mi-chemin entre l'indépendant et le salarié, ce statut s'adapte assez bien au commerce de proximité.

En 2001, on ne donnait pas cher de sa peau. Les plaintes déposées par plusieurs gérants des hôtels Accor avaient porté un éclairage préjudiciable sur ce statut professionnel un peu bancal : ni tout à fait indépendants ni tout à fait salarié. Dans l'alimentaire pourtant, deux enseignes continuent de s'appuyer sur cette formule pour développer leur réseau de proximité : Nicolas (430 ma-gasins) et surtout Petit Casino (2 280 supérettes). Sans réelle entrave de recrutement à déplorer, à en croire leurs dirigeants.

« C'est un statut qui demande à être expliqué, reconnaît Patrice Bourdier, directeur commercial de Nicolas. C'est à nous d'aller vers les gens et de le faire connaître. Mais c'est un contrat où les deux parties trouvent leur compte. » De mémoire d'homme, on ne se rappelle pas avoir connu de problèmes avec cette formule. Au total, 95 % des magasins exploités le sont par des gérants-mandataires.

Christian Gué, responsable RH de la branche proximité de Casino, est un autre convaincu : « Le statut de gérant-mandataire non salarié n'est pas en voie de disparition. Simplement beaucoup de distributeurs qui proposaient ce statut à leurs collaborateurs ont cédé ou abandonné leurs réseaux de proximité. » À ses yeux, la formule présente des avantages partagés : un couple peut exercer le métier sans apport personnel, et le groupe conserve l'activité en étant propriétaire du fonds de commerce. Casino rémunère ses gérants-mandataires 6 % du chiffre d'affaires, plus une bonification de 0,35 % en fin d'année. Pour le distributeur, qui prend en charge la logistique et la maintenance informatique, c'est la possibilité à la fois de maintenir et d'étendre son réseau (une centaine d'ouvertures par an) et la garantie de vendre ses produits à ses prix.

Daniel Sanna, qui exploite un Petit Casino de 177 m2 dans l'Ain avec son épouse Argentina, affirme y trouver son compte : « Cette solution m'a permis d'exercer le métier que je voulais sans avoir à investir au départ. Nous ne sommes pas totalement indépendants, mais à voir le nombre de commerçants de proximité qui disparaissent ou qui vivotent, nous sommes plutôt en bonne position. »

Entrepreneurs, les gérants-mandataires le restent dans l'âme, avec l'objectif de gérer des magasins plus grands ou mieux situés. Ou la possibilité de prendre un magasin en franchise.
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Article extrait
du magazine N° 1802

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