Stéphane Le Foll tente d'endiguer la colère des agriculteurs

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Dossier Alors que les manifestations de producteurs agricoles dans l'Ouest de la France prennent de l'ampleur, Stéphane Le Foll a annoncé un nouveau plan d'aides de plusieurs dizaines de millions d'euros qui ne semble pas suffire. Le ministre de l'Agriculture a aussi appelé les enseignes de distribution à tenir compte de la situation dans les négociations commerciales... 

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, peine à trouver une solution pérenne pour les exploitants agricoles
Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, peine à trouver une solution pérenne pour les exploitants agricoles © Laëtitia Duarte/LSA

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Après les 700 millions d'euros d'aides sur trois ans pour l'Agriculture accordés en septembre dernier après des mois de manifestations, le ministre de l'Agriculture a de nouveau sorti le chéquier pour les éleveurs, a ajoutant plusieurs centaines de millions d'euros d'aides, en puisant notamment dans le fonds de calamités agricoles, d'environ 250 millions, qui devaient revenir au budget de l'Etat, faute d'utilisation, comme indiqué dans la loi de finances. Ce qui avait fait hurler la FNSEA, qui ignorait même que la somme existait.

L'une des enveloppes, de 125 millions d'euros, ira aux éleveurs en difficulté en raison de la faiblesse des cours mondiaux, principalement à l'élevage, porc, lait et viande bovine, mais aussi à des producteurs de céréales en difficulté. La somme se divise en 50 millions d'euros d'allégements de charges, 50 millions d'euros de prises en charge des cotisations sociales, et 25 millions d'euros pour des céréaliers et producteurs de légumes en difficulté. Il y aurait environ 65 000 exploitations affichant des pertes.

Le gouvernement vient également en soutien des filières qui souffrent des crises sanitaires, et en particulier le secteur des oies et canards du Sud-Ouest, - et donc du foie gras - dont les élevages sont mis en quarantaine jusqu'au mois d'août, ce qui devrait d'ailleurs entraîner une réduction de la production du Sud-Ouest de 30 %. Une enveloppe de 130 millions d'euros est prévue pour cette crise, à laquelle s'ajoute 35 millions d'euros pour la fièvre catarrhale des moutons. La fédération de la volaille s'est réjouie des "décisions prises et attend qu'elle soit mise en oeuvre rapidement". 

"Des relations commerciales plus durables". 

Mais le ministre insiste aussi pour que les négociations commerciales, actuellement en cours, tiennent compte des coûts de production en France et pas seulement des cours mondiaux. "J'appelle solennellement les entreprises de l'agroalimentaire et de la distribution à la responsabilité afin de permettre une meilleure prise en compte des coûts de production dans les prix pratiqués afin de construire des relations commerciales plus durables". Et les abus lors des négociations seront sanctionnés... 

Le ministre réussira-t-il à désamorcer la colère des producteurs de l'Ouest ? Pas si sûr. D'une part, le mouvement se "politiserait" et certains cherchent à ajouter de fausses informations dramatiques, comme un "triple suicide' de producteurs qui s'est propagé sur les réseaux sociaux et qui n'a jamais eu lieu. Une enquête des journalistes du Télégramme de Brest a permis d'infirmer l'information. Par ailleurs, les cours mondiaux du lait, du porc ou de la viande bovine sont au plus bas, et les producteurs les plus fragiles n'y résistent pas. Enfin, en France, la consommation de viande et de produits laitiers chute inexorablement, d'autant plus que les enseignes ne s'aventurent que peu à des promotions et des mises en avant, de peur d'être accusées de brader les prix. Mais sans dynamique commerciale, c'est toute la consommation qui recule...

  

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