Stéphane Le Foll veut « des solutions pour le prix du lait »

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Le ministre de l’Agriculture constate que le prix du lait est plus élevé en Allemagne qu’en France et veut « trouver des solutions », alors que se tient une table ronde au ministère en présence des enseignes, des industriels, des syndicats et du médiateur des relations agricoles.

Stéphane Le Foll Jean-Jacques Bourdin

C’est reparti pour les négociations sur le prix du lait via le médiateur des relations agricoles et sous l’égide du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Le but de la table ronde est de vérifier notamment que la hausse des prix « technique » de 2,5 cents par litre est bien appliquée sur les 24 milliards de litres produits, soit une hausse d’environ 600 millions d’euros.

"Maintenant le débat c'est : est-ce que avec ces 25 euros supplémentaires, on poursuit?", a expliqué le ministre sur BFM TV, reconnaissant que "certains transformateurs considèrent aujourd'hui, que compte tenu des problèmes de compétitivité, ils veulent plus". Via un communiqué à la sortie de la table ronde, le ministre a invité la filière à renouer un dialogue constructif afin de donner des perspectives pour l’année 2014 et d’améliorer de façon structurelle les relations commerciales tout au long de la filière : « Cette médiation du printemps dernier a permis d’aider des producteurs laitiers soumis à des coûts de production élevés. Elle doit aussi être un tournant : elle a prouvé qu’il est possible de trouver par le dialogue entre les maillons des filières des solutions préservant les intérêts de tous à des situations difficiles. La capacité à utiliser la médiation sera d’ailleurs renforcée dans la loi d’avenir. Mais c’est d’abord aux acteurs de reprendre la main, dès maintenant, pour recréer un vrai esprit de filière. Je fais confiance aux interprofessions : la rencontre proposée par les interprofessions aux distributeurs en décembre pour préparer l’année 2014 doit constituer le premier pas d’une nouvelle dynamique. »

Lundi, le président de la FNIL, Olivier Picot, accordait une interview à LSA dans laquelle il s’inquiétait des négociations 2014 avec la grande distribution. «Nous craignons que certaines enseignes n’aient pas bien entendu le message du médiateur. La hausse du prix technique doit être appliquée aussi l’an prochain, c’est le point de départ des négociations». Il indiquait que l’industrie laitière était « prise en tenaille » entre la production et la distribution. La Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), rattachée à la FNSEA, a également rappelé, par communiqué, que « les hausses techniques consenties par la distribution -qui s’est engagée à payer plus cher certains produits laitiers vendus par les industriels - qui ont permis une répercussion positive sur le prix du lait payés aux producteurs sur le deuxième trimestre. Rappelons que ce sont aussi les producteurs de lait qui sont allés chercher ces hausses de tarifs dans les magasins des grandes enseignes en mettant la pression sur la distribution. Les producteurs de lait n’ont pas à jouer éternellement le rôle des commerciaux des entreprises laitières auprès de la distribution. Pour la FNPL, il faut que le marché intérieur laitier fonctionne normalement du producteur au consommateur. La FNPL en appelle une nouvelle fois à la responsabilité de la filière laitière. »

Enfin, Syndifrais, le syndicat, qui rassemble les fabricants de produits laitiers frais (yaourts, petits-suisses, fromages blancs...), juge "vital que la grande distribution, notamment, prenne en compte la réalité économique de la filière. Le niveau de prix du lait, élevé en 2013, le sera certainement en 2014. Soyons clairs, les fabricants ne prônent pas une inflation débridée, mais souhaitent provoquer une prise de conscience". Pour Syndifrais, "la déflation de la catégorie des produits laitiers frais (- 2 % sur 2013) asphyxie la filière ; elle est destructrice de valeur et d'emplois en France, et ceci à court terme". Olivier Picot, pour la FNIL avait d’ailleurs pointé l’écart entre la hausse des prix à la production pour le lait de 8 %, et  la baisse des prix des produits laitiers en grande distribution de 1,1 %. Il craignait que les enseignes demandent des compensations de marge devant un tel recul des ventes. Mais comme rien n’est simple, la bataille vaut aussi entre les producteurs et les industriels, la FNPL dénonçant l’attitude de Lactalis que ne respecterait pas ses contrats avec les éleveurs…

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