STUDIEUX ÉTÉ

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Vite et fort. En « invitant » avec empressement industriels et distributeurs à baisser les prix de 2 % dès le mois de septembre sur les produits de grande consommation, Nicolas Sarkozy n'a pas cherché autre chose qu'à frapper les esprits. Obligé d'en rabattre sur ses prétentions (Bercy s'est rapidement rendu à l'impossibilité d'atteindre les 5 % espérés, sauf à engendrer d'incontrôlables dégâts collatéraux), Nicolas Sarkozy a triomphé sans gloire, menaces à peine voilées à la clé, en recueillant un consensus de façade sous l'oeil avide des caméras. Le ministre pensait réjouir les consommateurs ? Peine perdue ! L'UFC-Que choisir, qui s'est refusée à signer le protocole aux côtés des enseignes et des grands industriels - un protocole à ses yeux nettement insuffisant et en trompe l'oeil -, conduit désormais la fronde devant le Conseil de la concurrence invité à se prononcer sur la légalité d'un texte que d'aucuns pourraient soupçonner d'entente...

Avis du Conseil ou non, enseignes et industriels s'apprêtent à passer un été singulièrement studieux. Huit semaines pour s'accorder sur une baisse des prix, significative pour être perceptible, ne seront pas de trop ! Certes, les grands travaux ont déjà commencé. Il n'est guère d'enseignes qui n'ont d'ores et déjà affiché une baisse ostensible sur les produits des grandes marques. Et nombre d'industriels se sont également engagés sur une nouvelle politique tarifaire, amplement orientée à la baisse sur certaines familles de produits (p. 18 à 21). Nul doute que l'Observatoire souhaité par Nicolas Sarkozy ne soit en mesure de confirmer une baisse moyenne de 2 % sur les PGC à l'automne prochain. Plus difficile à appréhender sera la perception qu'auront les consommateurs d'une réelle baisse des prix sur ces produits qui constituent quelque 40 % de leur panier moyen. Or, c'est sur cette perception-là - et non sur une évolution aléatoire de l'étiquette - que repose, à court terme, le succès de l'opération Sarkozy.

En revanche, c'est à un tout autre enjeu qu'industriels et distributeurs savent devoir faire face. Commission Canivet ou non, c'est moins sur le succès attendu d'une baisse de 2 % sur les produits de grande consommation que sur l'enjeu des négociations de 2005 qu'ils entendent se concentrer dès la rentrée. Des négociations placées sous haute tension. Non pas la tension que Bercy s'efforce d'animer. Mais bien celle à laquelle, par leurs arbitrages permanents, les consommateurs les contraignent.

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Article extrait
du magazine N° 1869

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