Système U engage la mécanisation de sa logistique

Le distributeur mène plusieurs chantiers logistiques et, pour gagner en efficacité et anticiper les contraintes réglementaires, il travaille à mécaniser certaines plates-formes. Illustration en Vendée, dans un nouvel entrepôt dédié aux produits frais, que LSA a visité.

Flambant neufCette plate-forme de 28?000 m² dessert en produits frais 67 magasins de tous formats.
Flambant neufCette plate-forme de 28?000 m² dessert en produits frais 67 magasins de tous formats.

A Fontenay-le-Comte (Vendée), la toute nouvelle plate-forme produits frais de Système U Ouest, sortie de terre le 9 septembre, va illustrer les évolutions introduites dans la coopérative, afin d’améliorer sa performance logistique en regard de la croissance du chiffre d’affaires de l’enseigne (+ 3,5% en 2013). Dans moins de six mois, une immense cellule logistique de 1 200 m², qui sonne encore le vide, accueillera des convoyeurs automatisés et deux bras-robots. En bout de processus, des véhicules à guidage automatique (« AGV » dans le jargon), s’occuperont de la mise à quai.

L’ensemble du dispositif, conçu par l’espagnol Ulma, pour un budget proche de 1,5 million d’euros, couvrira la préparation de commandes de près de 65% des références de fruits et légumes, sans aucune manipulation humaine. « Cela fait plusieurs années que nous travaillons sur la mécanisation de nos entrepôts », confie Ronan Le Corre, le directeur général délégué de Système U Ouest, la plus grosse des quatre centrales de U, avec ses onze plates-formes et ses près de 500 magasins dans 23 départements. La solution Ulma a été implantée avec succès sur la plate-forme de Carquefou en décembre 2012.

Au pas de charge

En chiffres

4e 

plate-forme de frais de Système U Ouest, sur 11 plates-formes au total 

Source : Système U Ouest

Tous les six mois, un nouvel entrepôt est équipé. Après Nantes, puis Savigny-en-Véron et Saint-Brieuc, c’est donc au tour de Fontenay-le-Comte, la quatrième plate-forme de frais de Système U Ouest, qui a aussi la particularité d’être la première, dans ce domaine, à être déléguée à un prestataire, en l’occurrence Norbert Dentressangle. « Nous regardons aussi les opportunités de déployer des automates sur d’autres gammes de produits frais, sans que cela ne remette en cause l’emploi », annonce Ronan Le Corre, tout en menant la visite de l’entrepôt au pas de charge.

« Je ne crois pas au tout-automatique, le retour sur investissement n’est pas au rendez-vous, embraye le directeur général délégué, qui achève un programme de visites de plusieurs plates-formes de distributeurs dans toute l’Europe. Néanmoins, la multiplication des normes autour de la pénibilité du travail en entrepôt, comme l’interdiction de la manutention humaine à plus de 1,80 mètre, couplée à une recherche de productivité sur certains types de produits, plaide pour ces solutions. » 

Après les fruits et légumes, un deuxième secteur va se convertir à la préparation automatique de commandes, en janvier prochain. Il s’agit des boissons. La plate-forme de Ploufragan inaugurera un dispositif automatisé, composé de convoyeurs, trans­stockeurs et bras automatisés, ainsi que de dépileurs, tours de filmage automatisées puis AGV. Un véritable laboratoire de R&D pour toute la coopérative. « L’entreprise bretonne Syleps a conçu un système qui, comme l’ont montré nos tests, traite 99,8% des références de toute nature : packs, petits colis ou bouteilles de vin », confie Ronan Le Corre. Les volumes en jeu sont colossaux, et la manutention pénible. En boissons, une activité soumise à un pic saisonnier l’été, entre 240 à 280 colis peuvent être traités à l’heure.

Trois mètres sous plafond

La mécanisation a aussi pour but de concilier efficacité et respect des nouvelles obligations en matière de pénibilité du travail en entrepôt. Outre l’interdiction de manutention humaine à plus de 1,80 mètre, la lutte des pouvoirs publics contre les troubles musculo-squelettiques se traduit par des restrictions régulières du poids total que chaque opérateur peut soulever quotidiennement, de l’ordre de 12 tonnes actuellement.

Pour Ronan Le Corre, cette contrainte peut être convertie en opportunité. « Nous avons réfléchi à l’optimisation du remplissage de nos camions, afin de baisser les coûts de transport, explique-t-il. Or, dans les fruits et légumes, par exemple, nous avons conçu un système de double palette empilable de 1,40 mètre chacune, soit 2,80 mètres au total. Nous remplissons beaucoup mieux nos camions, qui ont dorénavant une hauteur sous plafond de 3 mètres. » Dans cette configuration, l’enseigne peut stocker 66 palettes de 1,40 mètre dans un semi-remorque, contre 33 palettes de 1,80 mètre auparavant. Un gain considérable. 

Florent Maillet

Des systèmes d’information uniformisés

Un autre chantier important se joue dans les entrepôts U, au niveau informatique cette fois-ci. Le grand chantier de l’uniformisation des systèmes de gestion d’entrepôts (WMS) et de transport (TMS), est en passe de s’achever, avec une solution maison dans le premier cas, et une suite signée Hardis concernant le TMS. Auparavant, chaque région travaillait avec son propre système d’information, au grand dam des fournisseurs.

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Article extrait
du magazine N° 2308

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