Tati, c’est quasi fini : seul le magasin historique de Barbès demeurera

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Le groupe GPG (groupe Philippe Ginestet) annonce que Tati, reprise en 2017, est vouée à quasi disparaître. Dès 2020 seul restera le magasin historique de Barbès, à Paris. Les autres sont destinés à fermer (13 points de vente), à se fondre sous enseigne GiFi (49 magasins), ou à connaître un nouveau destin sous une nouvelle enseigne, à déterminer, dédiée au déstockage (30 unités).

Seul demeurera le magasin Tati de Barbès, à Paris.
Seul demeurera le magasin Tati de Barbès, à Paris.

L’histoire chaotique de Tati s’apprête à connaître un nouveau tournant. Seul le magasin historique de Barbès, à Paris, restera encore, comme le souvenir d’une gloire ancienne. Mais celui-là, au moins, demeurera : une marque ne meurt jamais complètement.

Pour le reste, les quelque 92 autres magasins sous enseigne Tati sont voués à d’autres destins, dès 2019 et 2020 : 13 font fermer définitivement leurs portes, quand 49 sont appelés à poursuivre leur route en arborant l’enseigne GiFi, et 30, repris par un groupe de managers Tati, vont tenter l’aventure d’une nouvelle enseigne. Cette dernière, au nom encore « confidentiel à date », sera davantage ancrée sur les produits de déstockage, explique le groupe GPC (groupe Philippe Ginestet).

150 millions d’euros investis en deux ans

Cette annonce n’est malheureusement pas surprenante, tant les difficultés de Tati sont anciennes. Et tant, surtout, le marché du textile est lui-même compliqué - un doux euphémisme pour un secteur qui a perdu 15% de sa valeur en dix ans. Rajoutez à cela que Tati œuvre sur un créneau où la concurrence se nomme Primark, et comprenez que tout cela soit tout sauf simple. « Le textile à petit-prix reste un marché difficile et l’impact de la crise des gilets jaunes sur le retail s’avère significatif, confirme d’ailleurs GPG dans son communiqué. Tati, dans sa configuration actuelle en tant que réseau, souffre et continue d’afficher des pertes. Les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, malgré tous les efforts entrepris, et les 150 millions d’euros que le groupe GPG a investi en deux ans (soit deux fois plus que ce que nous avions initialement prévu et annoncé) pour redynamiser l’enseigne, remettre les magasins en état, innover au niveau des concepts, relooker le merchandising, faire de la publicité, et ouvrir neuf nouveaux magasins. »

Capitaliser sur l’enseigne qui fonctionne

Au moment de la reprise par GiFi, en juin 2017, Tati venait d’être placée en redressement judiciaire. A l’époque, le groupe dirigé par Philippe Ginestet faisait entrer dans son giron 109 des 140 magasins Tati. Le pari était osé, tout le monde le savait : le journal Le Monde évoquait alors, pour Tati, des pertes cumulées de 148,5 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 346 millions d’euros.

Deux ans plus tard, après avoir revu le concept lingerie de Tati et après avoir installé des corners de l’enseigne dans ses magasins GiFi, Philipe Ginestet se rend à l’évidence : faire vivre deux enseignes au sein d’un même groupe s’avère bien trop complexe. Et mieux vaut capitaliser sur celle des deux qui fonctionne : « Le réseau GiFi performe avec une large gamme de produits qui répond à l’attente des consommateurs (…) et les tests de changement d’enseigne sur plusieurs magasins ont vu les ventes repartir à la hausse », indique GPG.

En 2018, les 457 magasins sous enseigne GiFi en France ont ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros TTC, en croissance de 3,8% dans l’année. Le réseau de distribution au complet, lui, avec la participation dans le groupe belge Trafic et la reprise du groupe Tati par la holding GPG, compte de son côté 845 magasins, pour 9500 collaborateurs. Et affiche toujours son objectif d’atteindre « un parc de 1000 magasins et un effectif de 10000 collaborateurs à l’horizon 2027 ».

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