Taxe soda, objectif non atteint

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Dossier Les acteurs des boissons sucrées n’en ont pas fini avec les taxes. Pourtant, la dernière hausse, la fameuse taxe soda, n’a pas eu les effets escomptés en matière de changement de comportement. En revanche, elle a nui au pouvoir d’achat des foyers les plus modestes.

Un nouveau coup de bambou menace le pouvoir d’achat des Français. En début d’année, la sénatrice UMP Catherine Deroche et son collège PS Yves Daudigny – l’initiateur de la « taxe Nutella » sur l’huile de palme, non adoptée – ont sorti un énième rapport sur la fiscalité comportementale.

Que préconise cette somme de 150 pages Que tout produit alimentaire faisant l’objet d’une contribution de santé publique ne devrait pas bénéficier d’un taux réduit de TVA. Et, au-delà, que seuls les produits qui ne sont pas mauvais pour la santé devraient profiter d’une TVA à 5,5%. Tous les autres aliments verraient leur taux passer de 5,5% à 20%. Avant qu’il ne sorte du gouvernement, Guillaume Garrot, alors ministre de l’Agroalimentaire, avait indiqué qu’il n’était pas favorable à cette préconisation. Et, de fait, celle-ci va totalement à l’encontre de la « pause fiscale » chère au président François Hollande.

En attendant, la menace pèse sur les fabricants de boissons sucrées dont les produits sont déjà soumis, depuis le 1er janvier 2012, à une taxe spécifique de 6,22 € par hectolitre, soit 0,11 € par bouteille de 1,5 litre.

Raison pour laquelle le Syndicat national des boissons rafraîchissantes (SNBR) rend maintenant publique une étude menée en 2013, soit un an après la mise en place de ce nouvel impôt. Réalisée par Iri et Kantar Worldpanel, celle-ci porte sur l’impact de la taxe relative aux boissons rafraîchissantes.

« Un surcoût de 90 M € »

Premier constat, le prix des Coca-Cola, Orangina et MDD a augmenté en moyenne de 6,3%, soit plus du triple que les PGC (+2%, en 2012). « Cela a représenté un surcoût de 90 millions d’euros pour les Français, sachant que neuf foyers sur dix consomment des soft-drinks », note Béatrice Adam, déléguée générale du SNBR. La taxe soda a particulièrement touché les foyers modestes, en induisant une hausse de près de 9% de leurs dépenses. Or, ces foyers sont ceux dont la part des dépenses alimentaires dans leur budget est la plus élevée, lit-on dans cette étude. De fait, 25% des achats de soft-drinks sont réalisés dans le circuit hard-discount. Si ce premier constat n’étonnera personne, pas même les politiques, le deuxième constat pourrait peut-être faire réfléchir ceux qui nous gouvernent.

Kantar est allé interviewer un échantillon de 1 600 Français pour savoir s’ils avaient changé leurs habitudes de consommation suite à la hausse des prix des soft-drinks. « Les adolescents n’ont bu que 5 cl de moins par semaine », relaie Béatrice Adam. Soit l’équivalent de 3 calories, sachant que la recommandation des apports caloriques journaliers est comprise entre 2 000 et 2 500 calories. Avouons-le : 3 calories, c’est insuffisant pour endiguer le phénomène de l’obésité. Surtout que le gouvernement avait fait adopté la taxe « soda » pour prévenir la montée de ce fléau.

« Made in France »

L’effet recherché n’a donc pas fonctionné. Le troisième volet de cette étude se concentre sur le regard qu’ont porté les Français sur cette taxe très médiatisée à l’époque. Celle-ci a-t-elle pesé sur leur pouvoir d’achat Oui, ont-ils répondu à 77%. Et 80% l’ont perçue comme inutile. Et 91% d’entre eux ont tout simplement pensé que cette taxe était un impôt déguisé…

Voilà qui a dû remonter le moral des 5 000 salariés de la filière des soft-drinks en France. Une industrie forte de 38 sites qui, rappelons-le, est peu délocalisable, en raison du poids de ces produits vendus entre 1 et 3 €. Coca-Cola rappelle souvent, via de grandes pages de publicité dans les quotidiens, que 95% des canettes et autres bouteilles siglées Coca, Fanta ou Powerade sont fabriquées dans ses cinq sites français. Toutefois, la hausse des prix de 2012 a entraîné celle des importations en provenance d’Espagne et d’Europe de l’Est, six fois supérieures à celles des années précédentes. Au lieu d’une nouvelle taxe qui aggraverait un peu plus ce phénomène, les industriels aimeraient bien que le gouvernement reconnaisse les gros efforts qu’ils font en matière de réduction du taux de sucre, ainsi que les actions qu’ils mènent envers la pratique d’un sport ou l’alimentation.

Les adolescents n’ont pas réduit leur consommation de soft-drinks

300 M €* : Le montant de la taxe soda payée par les fabricants en 2012

Une taxe mal perçue par les consommateurs

  • 77% : des ménages estiment que la taxe a affaibli leur pouvoir d’achat
  • 80% : des ménages ont perçu la taxe comme inutile
  • 91% : des ménages ont pensé que la taxe était un impôt déguisé

Deux initiatives pour lutter contre l’obésité

Orangina-Schweppes et Fondation Nestlé France sont impliqués dans le programme Vif
Vif pour « Vivons en forme », un programme qui a remplacé Epod. Celui-ci mobilise des acteurs de la ville pour sensibiliser les habitants sur l’importance d’une alimentation saine combinée à de l’activité physique pour s’assurer une bonne santé et lutter contre les problèmes de surpoids. Ce programme est proposé aux villes. Avranches, Évreux, Royan et Épernay ont déjà adhéré à Vif.

« Le sport, ça me dit », 69 villes ont déjà leur cube sportif
Cette année, Coca-Cola met un peu plus l’accent sur son programme lancé en 2008, « Le sport, ça me dit ». Ce programme se traduit par la vente aux mairies d’un gros cube contenant tous les équipements nécessaires à la pratique de six sports (football, tir à l’arc, etc.). Celui-ci est proposé à petit prix (590 €, soit 20% du prix du cube). Coca-Cola, souvent pointé du doigt lors des débats sur la montée de l’obésité, entend lutter ainsi contre la sédentarité, principale cause de ce fléau. En 2012, 69 villes avaient accueilli un « cube ». En 2014, 550 000 jeunes devraient en bénéficier.

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