Tesco, Asda et Primark accusés d'exploiter des femmes bengalies

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BRÈVESTesco, la filiale britannique de Wal-Mart et Primark sont accusés par l'organisation « War on Want » d'exploiter les femmes qui fabriquent leurs vêtements au Bangladesh.


Dans son rapport intitulé « Victimes de la mode: le vrai coût des vêtements bon marché de Primark, Asda et Tesco », l'organisation "War on Want" accuse les trois enseignes britanniques d'exploiter les femmes bengalies qui fabriquent leurs vêtements, en les payant notamment cinq pence de l'heure pour 80 heures de travail par semaine.

L'ONG a interrogé 60 employés dans six ateliers de Dacca employant 5 000 personnes, pour la plupart des femmes, et fournissant les trois distributeurs.

Selon le rapport, bien que Tesco, Asda et Primark se soient engagés officiellement à payer un salaire mensuel de 22 livres (32,5 euros), ce qui correspond au minimum vital au Bangladesh, les fiches de paie commencent à huit livres par mois dans les ateliers.

Les abus concerneraient aussi la durée du travail. Là encore, les trois entreprises demandent à leurs fournisseurs de ne dépasser qu'exceptionnellement le plafond de 48 heures hebdomadaires avec un jour de congé par semaine, mais la pratique est toute autre. « Les personnes interrogées travaillent jusqu'à 96 heures par semaine - soit le double - et perdent souvent leur jour de congé. Il est arrivé que les propriétaires de l'usine imposent jusqu'à 140 heures de travail supplémentaire par mois, souvent non payé, sous peine de licenciement », déplore-t-on chez « War on Want ».

Les trois groupes ont rejeté en bloc les accusations de l'ONG. Ainsi, Asda a assuré avoir inspecté les 13.000 fournisseurs de ses 313 supermarchés pour s'assurer qu'ils n'exploitaient pas la main d'oeuvre.

Le marché britannique de l'habillement (33 milliards de livres en 2006), très concurrentiel, est de plus en plus dominé par les chaînes à bas prix et les supermarchés, y compris pour les vêtements dits de qualité.

Selon des chiffres de Verdict Research, la part de marché de Primark dans les vêtements de qualité est passée de 12,9% à 15,7% entre 2005 et 2006, tandis que Tesco a doublé la sienne dans les vêtements féminins depuis 2002.

En même temps, le prix moyen des vêtements et des chaussures a baissé de 14,4% entre 2001 et 2005, « importateurs et distributeurs parvenant à trouver des fournisseurs bon marché dans les pays où la main d'oeuvre est moins chère », selon une étude du cabinet de recherche Key Note parue en mars.
Sylvie Leboulenger 
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