Textile : Casino à l'école des spécialistes

Casino s'est équipé d'un entrepôt dédié pour gérer son activité textile à l'échelle nationale. Objectif : créer un outil comparable à celui d'une chaîne spécialisée.
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Un distributeur alimentaire peut-il développer son activité textile sans adopter le schéma logistique des chaînes spécialisées ? Non, pense-t-on chez Casino. En janvier 1996, le distributeur décide de revoir son organisation pour se mettre au diapason des enseignes textiles. Premier objectif : regrouper, pour les optimiser, les flux textiles, jusque-là divisés entre deux sites, l'un à Rennes et l'autre à Saint-Étienne.

Au même moment, l'enseigne mise sur l'actualisation permanente de ses collections pour les désaisonnaliser. Mais cela présente un risque. Comme les ventes peuvent varier d'une région à l'autre, en fonction des aléas climatiques, il faut aiguiller les produits, vers les magasins demandeurs. Seul un entrepôt disposant d'un stock tampon est capable de le réaliser, en temps réel et à l'échelle nationale. Qu'à cela ne tienne. En juin 1997, Casino inaugure, à Limoges, son entrepôt textile de 35 000 m2.

Au passage, l'enseigne en profite pour élargir son assortiment. Le nombre de références stockées passe de 6 000 à plus de 15 000. Le nouvel entrepôt gère désormais l'ensemble de l'offre de l'enseigne au niveau national (confection, lingerie, sous-vêtements, linge de maison, chaussures). Une telle largeur d'offre représente une contrainte propre aux GMS. Les spécialistes se contentant souvent d'un nombre de références réduit de moitié.

Point de réception unique, l'entrepôt de Limoges devient aussi le seul lieu d'expédition pour toute la France. Le site approvisionne les 112 Géant de métropole, à hauteur des deux tiers de leurs besoins, le reste leur est encore livré directement par les fournisseurs. « D'ici à trois ans, nous entendons couvrir 100 % des besoins des hypermarchés à partir de Limoges », annonce Daniel Pinatel, le directeur de l'entrepôt.

La plate-forme limougeaude approvisionne aussi les 4 Géant implantés dans les Dom-Tom et les 250 supermarchés Casino proposant un vrai rayon textile. L'ensemble génère un volume d'activité conséquent. Chaque année, l'entrepôt manipule plus de 13 millions d'unités, sous différentes formes : colis complets, pièces sous emballage plastique et pièce à pièce.

Des colis préparés par tailles et par couleurs

Pour amortir ses investissements, Casino recherche l'effet de masse. Le distributeur a déboursé 50 millions de francs (7,62 millions d'euros) pour convertir l'entrepôt de Limoges. Aujourd'hui, les résultats sont là. Rien ne le distingue plus de ceux des spécialistes du textile. Il faut dire que Casino est allé puiser son inspiration aux bonnes sources. « J'ai visité une bonne dizaine d'entrepôts de spécialistes, comme ceux de Kiabi ou de Camaïeu, et de généralistes avant de me faire une idée de ce dont nous avions besoin », se souvient Daniel Pinatel, qui a conduit le projet limougeaud dès l'origine.

Différents éléments, dont le contrôle qualité, témoignent de la professionnalisation de l'activité textile chez le distributeur alimentaire. La plate-forme agit comme un filtre pour éviter que des produits non conformes arrivent dans les magasins. « Avant son ouverture, le contrôle qualité n'existait pas », rappelle Daniel Pinatel.

L'équipement de l'entrepôt est aussi calé sur les standards des spécialistes. On y retrouve notamment une machine permettant de constituer, de manière automatique, les colis pour les magasins. Le dispositif est très proche de celui d'Etam Lingerie (voir LSA n° 1698). La machine, qui traite couramment chez Casino 60 000 pièces en sept heures, accélère le processus de préparation des commandes.

Elle facilite ainsi la gestion en flux tendus. « Sur les références que nous gérons en automatique, notre taux de prélèvement quotidien atteint 75 % », indique fièrement Daniel Pinatel. En langage profane cela signifie que 75 % des produits prélevés chaque jour dans l'entrepôt sont destinés à remplacer ceux vendus la veille dans les magasins. Les hypermarchés sont ainsi livrés entre 3 et 5 fois par semaine, contre une fois pour les supermarchés. L'outil présente un autre avantage. Les colis sont préparés par tailles et par coloris, ce qui fait gagner du temps pour la mise en rayon dans les magasins. Si la procédure est courante chez les spécialistes, Casino a encore affiné le système, pour mieux tenir compte du merchandising des GMS.

Deux jours entre la vente et le réassort

L'entrepôt confectionne des colis spécifiques par produits, tailles, coloris et même par pointures, pour les chaussettes par exemple. Pour efficace qu'elle soit, la préparation automatisée des commandes ne s'applique pas à tous les produits. Seules 40 % des références - les pièces à plat - gérées dans l'entrepôt sont concernées.

Une fois les commandes préparées, il reste à les expédier. Les magasins approvisionnés depuis Limoges, soit 70 % du réseau, recevront leurs commandes le lendemain. Deux jours se seront écoulés entre la vente et le réassort. Les autres devront attendre un jour de plus. Avant de leur parvenir, leurs commandes transiteront par des plates-formes régionales où elles seront regroupées avec d'autres familles de produits (alimentaire, hygiène, bazar ).

Satisfaite des premiers résultats, l'enseigne a programmé une extension de 25 000 m2, qui sera déposée avant la fin d'année auprès de la Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement (Drire). En cas de réponse positive, Casino envisage de traiter sur la surface ainsi gagnée les produits sur cintres (costumes, robes ) notamment, que l'entrepôt n'est pas, pour l'heure, en mesure de gérer. D'une manière générale, l'extension permettrait, en développant la préparation, de décharger les magasins de certaines tâches, comme le défroissage ou la pose des antivols. La plate-forme pourrait également traiter les volumes de clients autres que Casino. À commencer par Cora.

Casino a déjà fait des émules. Carrefour a lancé la construction d'un entrepôt de 90 000 m2 dédié au textile, qui doit ouvrir au deuxième semestre 2001. De là à conclure que les enseignes alimentaires ne peuvent plus aujourd'hui se passer de ce type d'outils logistiques, il n'y a qu'un pas.

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