Marchés

Thomson revit grâce aux licences

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Propriété de Technicolor, société mythique de l'électronique en France, la marque Thomson séduit de plus en plus de petits fabricants désireux de se démarquer sur des marchés embouteillés.

« Les marges dans l'EGP sont faibles. Nous avons donc cédé ces activités. Mais continuer à exploiter la marque Thomson permet d'utiliser les atouts du passé et d'intégrer les rayons de la distribution pour les sociétés qui l'utilisent. »MANUÈLE WAHL, vice-présidente licences chez Technicolor
« Les marges dans l'EGP sont faibles. Nous avons donc cédé ces activités. Mais continuer à exploiter la marque Thomson permet d'utiliser les atouts du passé et d'intégrer les rayons de la distribution pour les sociétés qui l'utilisent. »MANUÈLE WAHL, vice-présidente licences chez Technicolor © DR

Un nouveau venu sur le segment très convoité des tablettes tactiles, dont le nom n'est pas tout à fait inconnu dans l'Hexagone : Thomson. Ses tablettes, baptisées Motion, vont attaquer le marché par le bas, avec un prix d'entrée agressif de 179 E. Une tablette made in France ? Pas vraiment. La société qui fabrique la tablette est une usine chinoise baptisée Hevea, dont le grossiste pour la France, Admea, exploite la marque Thomson et l'accole sur les tablettes « made in China ».

Depuis 2005, Thomson ne fabrique plus de produits grand public. C'est cette année-là en effet que le groupe a revendu son activité téléviseur au chinois TCL.

 

Une société à huit têtes

Depuis 2010 d'ailleurs, Thomson n'existe plus, puisque la société a pris le nom de Technicolor, et son activité vise exclusivement les entreprises. Pourtant, des produits grand public sous marque Thomson sortent toujours dans le commerce : des home cinémas, des radios-réveils, des tablettes tactiles et, prochainement, des ampoules LED. «Nous avons conservé la marque que nous continuons à exploiter en licence, explique Manuèle Wahl, vice-présidente en charge des licences chez Technicolor. Nous en avons d'ailleurs plusieurs en catalogues, qui restent fortes auprès des consommateurs comme Thomson, RCA, Saba ou encore La Voix de son maître.»

En ce qui concerne Thomson, ce sont quelque huit entreprises qui exploitent la marque. Certaines, comme TCL, ont racheté des sites de productions, d'autres, de plus petite envergure, comme Hevea-Admea (les tablettes) ou Strong (les décodeurs TNT), ont un simple accord de licence. Concrètement, elles produisent ou importent des produits high-tech sur lesquels elles apposent le logo Thomson, moyennant un petit pourcentage (moins de 5%) sur le prix du produit vendu. « Ce sont des marchés à marge faible, nous ne voulons pas prendre un grand pourcentage avec nos royalties, explique Manuèle Wahl. Avec Thomson, nous leur apportons de la reconnaissance, ce qui les aide à être référencés. »

Le modèle fait des émules

 

Car pour le public, Thomson est encore dans l'inconscient collectif associé au made in France. Selon une étude de Panel on the web, la marque a un taux de notoriété de 99% en France. Plus intéressant encore, 75% des consommateurs français sont persuadés que la marque est présente partout dans la grande distribution. « C'est un avantage important quand nous abordons la distribution avec nos tablettes Thomson, assure Umbelina Oliveira, directrice commerciale du grossiste Admea. Cela nous permet de nous démarquer sur un segment où il y a énormément d'acteurs. »

Une stratégie gagnant-gagnant en quelque sorte. Technicolor fait fructifier son portefeuille de marques auprès d'entreprises désireuses de percer sur un marché encombré. Et elle n'est pas la seule. Au Japon JVC et Hitachi ont déjà une activité de licence de marque. En Europe, c'est Philips qui embraye le pas. En cédant son activité télévision, déficitaire, au hongkongais TPV Technology, le néerlandais ne va plus empocher que des royalties et se concentre sur des activités BtoB. Une manière de sortir la tête haute d'un échec en quelque sorte. Des déboires de plus en plus fréquents dans l'électronique grand public.

Une histoire complexe

  • Devenue Technicolor en 2010, l'historique société Thomson Multimédia (que le premier ministre Alain Juppé avait tenté de vendre au coréen Daewoo en 1996 pour 1 franc symbolique) ne produit plus d'électronique grand public depuis 2007.
  • Après la cession de la télévision en 2005 au chinois TCL, le groupe s'est séparé de l'audio-vidéo (Parsons) et des accessoires (Hama) en 2007.
  • Technicolor, acteur BtoB de la vidéo, n'a plus qu'une activité de licensing pour Thomson, ainsi que pour l'américain RCA.

Huit entreprises l'exploitent en France

  • TCL, le fabricant chinois, l'utilise dans la télévision
  • Parsons pour l'audio et la vidéo
  • Hama pour les accessoires
  • Strong pour les décodeurs
  • Admea pour la téléphonie, les moniteurs PC et les tablettes
  •  Fagor Brandt pour le gros électroménager
  •  Stab pour les produits de santé
  • GHTE pour l'éclairage

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA