Tirer efficacement parti du coaching

FOCUSressources humaines Le coaching intéresse de plus en plus les cadres soucieux de maximiser leurs performances et de prendre en main leur carrière.





Vous n'arrivez pas à atteindre vos objectifs. Votre équipe ne vous accepte pas, votre image se dégrade. Vous sentez l'émotion vous déborder, ou vous n'arrivez pas à gérer un conflit avec un collaborateur... Dans ces cas-là, ni les proches ni le patron ne sont les meilleurs conseillers. Ces tracasseries peuvent, à la longue, miner ou ternir la progression d'une carrière. Une méthode peut permettre d'y remédier : le coaching. Décriée par les uns, encensée par les autres, elle a fait couler beaucoup d'encre. Mais si l'outil n'est pas nouveau, ses vertus sont désormais clairement identifiées. Surtout, il se banalise. Et l'encadrement intermédiaire peut aujourd'hui prétendre bénéficier de cette démarche, qui n'est plus l'apanage des seuls dirigeants dans leur prise de décisions, ou des jeunes poulains à haut potentiel accompagnés dans leur parcours initiatique.







« Faire mieux avec moins d'effort »




De fait, le coaching suscite un intérêt grandissant chez les cadres. Il permet de débloquer des situations complexes, de voir plus clair, de prendre des décisions. « Dans un secteur très soumis à une pression quotidienne, comme l'est la distribution, il est parfois difficile, pour les cadres, de prendre du recul, de mobiliser et développer les ressources qu'ils ont sans le savoir, pour améliorer leurs performances. C'est là que le coaching peut se révéler une aide précieuse », explique Suzel Gaborit-Stiffel, vice-présidente de la Société française de coaching. En fait, se faire coacher permet de mobiliser ses ressources plus intelligemment pour arrêter de se contorsionner. En bref, « faire mieux avec moins d'effort », explique Alain Duluc, consultant chez Cegos. Tentant...



Une démarche d'autant plus salutaire que la réussite professionnelle d'un cadre passe par son adaptabilité, « et tient à sa capa-cité à analyser les choses et les gens, pour trouver les moyens de mieux interagir avec eux », selon un « coaché ».



Parmi les situations où l'accompagnement d'un coach peut s'avérer bénéfique, on trouve naturellement l'amélioration de la cohésion d'une équipe, la gestion d'un conflit ou la conduite du changement. Car la mission transversale d'un chef de projet devant coordonner des points de vue divergents est souvent délicate et politique. Le coaching peut aider à clarifier ses propres positions, à repérer les types de personnalités en face de soi, pour trouver les relais d'information adéquats et améliorer sa communication.



Mais, si l'entreprise reconnaît les bienfaits d'une telle expérience, elle n'accepte une demande que si elle y trouve son intérêt. Car le prix, entre celui d'une consul- tation chez le psy et les honoraires d'un avocat, fait encore frémir les directeurs financiers. C'est donc un contrat tripartite qui réunit l'employeur, le cadre et le coach, avec des objectifs clairement définis. Des objectifs parfois contraires entre la hiérarchie et le coaché, ce qui peut faire capoter la démarche...







Développer son « employabilité »




Pour ces raisons de coûts, des entreprises mettent en place des formules de coaching mixte, une partie en groupe, l'autre en duo. Encore peu nombreuses, d'autres développent aussi des techniques dernier cri. Exemple, un stage en milieu équestre, où les manageurs doivent apprendre à communiquer avec le cheval, animal peureux et sensible, pour lequel les félicitations et les remerciements sont indispensables pour l'amener à faire des exercices. Des moyens que la distribution n'est pas encore prête à mettre en oeuvre.



Mais le coaching est aussi de plus en plus apprécié par les cadres, soucieux de gérer leur carrière, à l'heure où les entreprises ne garantissent plus de plans d'évolution automatique. C'est un moyen de s'affirmer pour développer son « employabilité ». Se faire accompagner permet ainsi de s'emparer de sa mission rapidement lors d'une prise de poste, de déceler les enjeux, et d'identifier les risques. Reste qu'il n'est pas toujours possible de demander un coaching lorsque l'on arrive dans une entreprise, au moment où, justement, on doit prouver à son employeur qu'on est l'homme de la situation. Pas facile non plus de l'évoquer dans une entreprise où il reste tabou d'exprimer ses faiblesses. C'est pourquoi se développe le coaching à destination des particuliers : le cadre fait seul la démarche, à ses frais. Si le coût est un peu moindre, il reste important, et mieux vaut ne pas se tromper et savoir où l'on s'engage si l'on veut rentabiliser l'argent investi. À commencer par être sûr que l'on est bien « coachable ». L'expérience peut amener à se confronter avec des réalités pas toujours faciles à entendre. Il faut pouvoir accepter ce que le coach renvoie en miroir.



De plus, le coaching n'a pas vocation à être une béquille à vie. Il répond à un objectif précis. Il faut savoir le conclure, quitte à recommencer plus tard sur un autre objectif. Le choix du spécialiste est tout aussi primordial. « Il ne faut pas hésiter, conseille Alain Duluc, à en voir plusieurs pour trouver celui avec qui on se sent en phase. »



Attention, enfin, aux dérapages. Il n'existe pas d'encadrement réglementaire de ce métier, ni de diplôme reconnu par l'État. Outre les charlatans et les sectes, qui ont trouvé là un véritable terreau pour prospérer, nombre de consultants de bonne foi s'engouffrent sur ce marché juteux - 2 000 professionnels ont déclaré une activité de coaching en France en 2000 -, sans en avoir les compétences.







Regarder vers le futur pour atteindre un objectif




Il est donc important de se souvenir que le coach n'est pas un psy, même s'il emprunte certaines techniques d'écoute à la psychanalyse. La psychothérapie cher-che le lien entre une situation ac- tuelle et le passé, pour trouver les causes. Le coaching regarde vers le futur et vise à permettre au coaché de résoudre un problème, d'atteindre un objectif ou d'améliorer ses performances. « D'ail-leurs, explique Suzel Gaborit, on ne peut accepter de prendre en coaching que des personnes qui vont bien. Si l'on a des doutes sur leur équilibre psychique, nous les incitons à consulter un psy. »



En revanche, le coach doit avoir fait un travail sur lui-même pour être légitime. Il doit aussi très bien connaître l'entreprise. Mais il ne fait pas de conseil : le coach ne sait pas à la place de son client. Il amène celui-ci à trouver en lui des solutions, à mobiliser ses propres ressources. Dans le doute, il existe un recours : la Société française de coaching. Celle-ci rassemble 600 spécialistes, édite un code de déontologie, et s'est engagée dans une démarche d'agrément, garante du professionnalisme et de l'expérience de ses membres.







 





 









 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1845

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message