Marchés

Top départ pour la 4G

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Sur un marché en forte croissance et alors que le très haut débit mobile se déploie progressivement en France, les fabricants de mobiles ne veulent pas refaire les erreurs de la génération smartphone.

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+ 23%

La croissance du chiffre d'affaires de la téléphonie mobile attendue en France en 2013, soit aux alentours de 3,1 milliards d'euros (23 millions d'appareils, dont 15,2 millions de smartphones)

Source : GfK

La téléphonie, c'est un peu l'exception dans l'électronique en France. Alors que les ventes de télévisions s'effondrent, entraînant l'électronique grand public dans son sillage (- 20% en 2012), que les PC ne sont pas au mieux (- 9% pour les portables, - 26% pour les PC de bureau) et que la photo s'effrite d'année en année (- 4% encore l'année dernière), le téléphone mobile, lui, n'en finit pas de progresser. En 2012, le chiffre d'affaires généré par la vente de téléphones mobiles en France a bondi de 15%, pour s'établir à plus de 2,5 milliards d'euros, selon GfK. Et les perspectives de croissance pour 2013 sont encore meilleures car l'institut prévoit que le marché devrait progresser de 23%. Et pourtant, les volumes de ventes, eux, sont stables depuis quelques années, voire en léger recul. Il s'est ainsi vendu 22,9 millions de mobiles en 2012 soit 1,5 million de moins qu'en 2011. En 2013, il devrait s'en vendre peu ou prou autant qu'en 2012.


Cycle de croissance en vue

Un nouveau tournant

  • La nouvelle génération de réseau mobile, déjà déployée dansles grandes villes de France, permet des débits 10 fois plus rapides que la 3G en moyenne.
  • Les ventes d'appareils 4G devraient représenter, selon les estimations des fabricants, quelque 10% du total des smartphones vendus en France en 2013, soit 1,5 million d'unités.
  • Les « perdants » de la génération smartphone ont cette fois dégainé tôt leurs mobiles 4G : LG avec sa série F d'entrée de gamme, Sony dans le haut de gamme (Xperia Z en smartphone et tablette) ou encore HTC, avec le très puissant One.

Des volumes stables et un chiffre d'affaires en hausse... La téléphonie fait assurément figure d'extraterrestre dans le high-tech. L'explication est à chercher dans l'évolution du mix-produit. Chaque année, les smartphones prennent du poids dans les ventes totales de mobiles en France. En 2012, ils ont représenté 58% des ventes et devraient dépasser les deux tiers en 2013. Or, comme ils coûtent plus cher (285 € en moyenne, soit plus du double que des téléphones classiques), ils font gonfler le marché de la téléphonie mobile. Or, les smartphones actuels sont la troisième génération de téléphones mobiles, celle des réseaux UMTS et de l'internet mobile. Mais voilà que se profile la quatrième génération, dite 4G, qui devrait permettre de nouveaux usages et de lancer un nouveau cycle de croissance. « Déjà déployée en 2012 dans certaines grandes villes par les opérateurs, la 4G sera la principale attente sur ce marché cette année, estime Michael Mathieu, directeur image et télécoms chez GfK Consumer Choices. L'année dernière, douze produits 4G étaient disponibles sur le marché et ils ont représenté 4% des ventes. » Cette année, les fabricants interrogés tablent sur 10% des smartphones vendus compatibles 4G, soit entre 1,5 et 2 millions de terminaux.

 

Cinq fois plus rapide que l'internet domestique

Mais d'abord, la 4G, ça change quoi ? La nouvelle norme de la téléphonie mobile permettra d'accéder au très haut débit mobile. Il s'agira en quelque sorte de l'équivalent pour le smartphone du passage du bas débit à l'ADSL pour l'internet à domicile. Maisla comparaison s'arrête là, car la 4G permettra d'accéder à des débits de téléchargement bien supérieurs à l'antique ADSL. Le débit théorique sera en effet de 100 mégabits/seconde, soit cinq fois plus rapide que l'internet à domicile aujourd'hui. Une petite bombe qui permettra donc en théorie de télécharger un album complet en moins d'une seconde et un film en moins de 10 secondes...

Et qui dit nouvelle génération dit redistribution des cartes. Après la sortie de l'iPhone en 2007 et le début de l'ère smartphone pour le grand public, le paysage de la téléphonie a beaucoup changé en France. À l'époque, Nokia était le leader mondial et national du marché du mobile. LG triomphait avec ses téléphones qui empruntaient aux codes du luxe (Chocolate, Prada), Samsung était le jeune espoir du secteur, et Sony-Ericsson, en embuscade, capitalisait sur les marques du japonais (Walkman, Cybershot...). Aujourd'hui, le marché est beaucoup plus concentré, avec un Samsung qui pèse près de 50% du secteur en volume, Apple aux alentours de 14% et Sony (Ericsson a abandonné la partie entre-temps) à 8%. Et si on prend en compte les OS, la concentration est encore plus importante avec un Android à 80%, un iOS (Apple) à 15% et le reste pour le Windows Phone de Microsoft. Bref, en sous-estimant l'émergence du smartphone (évolution a posteriori logique de la 3G), moult fabricants ont perdu des plumes ces cinq dernières années.

Vu au salon MWC 2013

Les tendances à retenir du Mobile World Congress 2013, qui s'est tenu à Barcelone, du 25 au 28 février

  • De nouvelles tailles d'écrans Après avoir créé les « phoneblets » avec son Galaxy Note, Samsung voit encore plus grand avec le Galaxy Note 2 et un écran de 8 pouces et attaque l'iPad mini en frontal. Pour une sortie au deuxième trimestre.
  • Des petits prix Nokia s'est distingué avec ses tarifs agressifs. Il y a certes le petit 105, à 15 € (pas vendu en France), mais surtout les modèles 301, 520 et 720, sous Windows Phone 8, que le finlandais proposera nus entre 89 et 369 €. Les fabricants Lenovo et HP sont aussi très agressifs, avec des modèles à 129 et 169 €.
  • De nouveaux OS De nouveaux venus veulent bousculer la hiérarchie des fournisseurs d'OS dans le mobile. Deux acteurs du logiciel libre (Mozilla, avec des Firefox Phone low-cost chez les chinois ZTE, Huawei et TCL et le coréen LG), et Ubuntu avec une tablette prototype, mais aussi Samsung avec Tizen.

Tous dans les starting-blocks

Mais ils ont compris la leçon, et vont tous dégainer très tôt. Comme Samsung qui avait raté le début de l'ère smartphone, abandonnant durant deux ans la suprématie à Apple. « Cette fois, nous avons voulu être précurseurs pour éduquer le marché, explique Philippe Barthelet, vice-président de Samsung France. Le consommateur doit assimiler la 4G à Samsung, c'est pour ça que nous sommes aujourd'hui le seul constructeur à faire de la pub en télé sur la 4G. » Profitant du fait que l'iPhone 5 n'est pour l'heure pas compatible en France sur la 4G, le leader du marché devrait lancer cette année une douzaine de modèles « 4G ready ». Mais les autres fabricants aussi sont dans les starting-blocks. Comme Sony, nouveau troisième acteur du secteur en France, qui va lancer son très attendu XPeria Z sur le haut de gamme et se sent désormais pousser des ailes. « Nous pensons avoir la capacité de doubler Apple dont la capacité s'effrite », a confié Laurent La Rocca, directeur marketing de la division française de Sony Mobile, à nos confrères de ZDNet. Ou encore LG qui compte vendre 50% de téléphones en plus en 2013 (40 millions) grâce à une gamme de smartphones 4G à prix agressifs. Les concurrents sont nombreux sur la ligne de départ à attendre le coup de feu.

Samsung écrase la concurrence

Part de marché en volume des cinq plus gros fabricants de smartphones en France en 2012
Samsung 45% Apple 14% Sony 8% Nokia 6,9% LG 5,5%
Un temps dépassé par Apple et son iPhone, Samsung a pris un ascendant sans doute définitif sur son concurrent américain en France. Derrière, Sony et LG se disputent la deuxième place des fabricants de smartphones Android, et Nokia tente tant bien que mal de percer avec ses Windows Phone.

Source : GfK ; origine : fabricants

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