Toshiba concentre ses forces

Classé parmi les 30 principaux groupes industriels mondiaux, le japonais Toshiba ne joue pourtant pas les ténors dans l'électronique grand public. Présent sur quelques segments seulement, il compte sur le numérique pour aborder de nouveaux marchés.

La dernière annonce du groupe Toshiba, le 29 novembre, n'a rien de réjouissant. Numéro un mondial des PC portables, le fabricant se retire du marché américain de l'ordinateur de bureau. Ultime décision liée au plan de restructuration lancé en 1998 ? Peut-être. Surtout, ce renoncement illustre bien la philosophie du groupe qu'Eric Surdej, directeur général France, traduit en chiffres : « Sur nos marchés, il faut 4 % de part de marché pour survivre, 7 % pour vivre bien. Aux États-Unis, nous étions à 1 % en PC. » D'où la décision de retrait et de recentrage sur les deux points forts de la marque en informatique : les portables et les serveurs.

Même stratégie dans l'audio-vidéo, qui, depuis 1999, a rejoint l'informatique au sein de la Digital Media Company. Plutôt que d'être présent sur tous les segments du marché, Toshiba se concentre sur les familles ayant le vent en poupe et assurant de la valeur ajoutée. Deux axes sont retenus : le home cinéma, avec principalement les grands écrans, et les produits multimédias à technologie numérique, c'est-à-dire essentiellement le DVD et la photo numérique.

Dans la distribution française, Toshiba existe donc à travers une très large gamme de téléviseurs, plasmas, de vidéo-projecteurs et, surtout, de rétroprojecteurs. Dans un avenir proche, on annonce deux nouveautés importantes : un enregistreur DVD, probablement équipé d'un disque dur, que la marque proposera quand la guerre des standards sera réglée, et des téléviseurs à cristaux liquides positionnés à un tarif agressif.

La SD en vedette

À plus court terme, dès le début 2002, Toshiba entend également frapper un grand coup dans la photo numérique avec un appareil très compact, peu cher (environ 304,90 EUR) et jouant sur le côté « mode » en proposant des façades interchangeables. La marque négocie des partenariats avec de grandes marques pour griffer le nouvel appareil. Qui bénéficiera d'une campagne publicitaire d'envergure et qui intègre « l'arme fatale » du groupe : la carte mémoire SD (voir LSA no1735).

Avec Matsushita et SanDisk, Toshiba appartient au trio d'initiateurs de ce standard de cartes mémoires numériques à tout faire. Le fabricant propose ses premiers produits SD sur le marché japonais (chaînes audio, DVD portable, scanners ) et place d'immenses espoirs dans la SD. « Notre expérience dans l'informatique et les composants va nous permettre de jouer à fond la carte du numérique, assure Eric Surdej. Grâce à la SD, Toshiba va revenir sur des marchés dont il était absent, comme les produits audio. » Quant à la concurrence avec le Memory Stick de Sony, Eric Surdej est bien placé pour la commenter : il occupait un poste important chez Sony France quand le groupe a lancé ce produit. « C'est une nouvelle guerre de standards, constate-t-il. Sans préjuger de son issue, je dirais qu'il vaut mieux abandonner un standard qui perd de l'argent et adopter celui de la concurrence. Deux ans après, tout le monde a oublié. Les gens de Sony ont prouvé qu'ils étaient capables de se résoudre à ce genre de décision lorsqu'ils ont abandonné les magnétoscopes Betamax. »

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Article extrait
du magazine N° 1748

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