Toshiba veut vite oublier le HD DVD

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GUERRE DES STANDARDS - Défait par Sony et son Blu Ray, le japonais a renoncé à imposer son format de DVD haute-définition et pourrait mettre l'accent sur des activités plus rentables dans le B to B.

Tourner la page. Chez Toshiba, on ne souhaite pas s'appesantir davantage sur l'échec du standard HD DVD face au Blu-ray. Communiqué laconique annonçant « l'arrêt de l'activité » et silence radio au siège français. Une discrétion qui tranche avec les mois de forcing tant médiatique que marketing pour imposer son format.

Début février, la marque conviait encore des journalistes pour détailler sa stratégie de reconquête suite au départ des studios Warner en janvier vers le camp du Blu-ray ! Car, depuis la défection du plus gros éditeur de DVD aux États-Unis, plus rien n'allait. Ventes de lecteurs en retrait, rumeur de nouveaux départs de studios vers le camp d'en face (Paramount, Universal...) et soutien pour le moins discret de Microsoft, pourtant naguère ardent partisan du HD DVD. Jusqu'à l'annonce fatale du leader mondial de la distribution, Wal-Mart, suivi par Best Buy, le Darty américain : le retrait de leurs rayons des lecteurs HD DVD. « Avec cette prise de position forte de la part de deux distributeurs majeurs, explique Juan Hoguet, directeur des produits techniques de la Fnac, le standard était condamné. »

Dès lors, Toshiba n'a pas insisté. « Ils ont eu raison de prendre une décision rapide, assure à LSA Junichi Saeki, vice-président du département recherche chez IDC Japon. L'activité coûtait entre 200 et 300 millions de dollars par an à la société, il fallait donc agir vite. »

Retrait du secteur ?

Quitte à écorner son image et décevoir les consommateurs qui ont investi dans le HD DVD. Car ils risquent de ne plus trouver très longtemps des films en haute définition lisibles par leur lecteur. « Heureusement, on était sur de très petits volumes, explique Juan Hoguet (Fnac), il n'y a guère que ceux qui ont acheté leur platine au prix fort il y a un an qui seront lésés. » Idem côté distribution. Toshiba a assuré qu'il récupérerait les stocks de platines restant en magasins. Celui-ci n'en aura, toutefois, vendu que 20 000 en France, selon nos estimations, contre plus de 600 000 Blu-ray côté Sony, grâce, essentiellement à ses Playstation 3.

Pour Toshiba, l'avenir pourrait prendre la forme d'un retrait progressif de l'électronique grand public. Peu rentable et trop aléatoire pour une marque qui, hors des PC portables, n'a pas la popularité d'un Sony ou d'un Samsung. D'ailleurs, le groupe annonce un partenariat avec l'américain Sandisk pour construire deux usines de fabrication de mémoires flash. Une technologie qui équipe les appareils photo numériques et les iPod. « La société s'efforce d'abandonner ses activités les moins rentables pour se focaliser sur celles qui présentent les meilleures perspectives, les microprocesseurs ou le nucléaire », explique Junichi Saeki. Des marchés qui offrent plus de perspectives que ceux des supports physiques. Car si le Blu-ray a battu le HD DVD, un adversaire plus coriace se présentera bientôt : la vidéo à la demande. En abandonnant le navire, Toshiba a peut-être renoncé à une onéreuse... victoire à la Pyrrhus.

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Article extrait
du magazine N° 2033

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