TÔT OU TARD ?

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Après un second trimestre particulièrement décevant, qui a vu la consommation reculer de 0,6 %, le mois de septembre s'annonce crucial pour tous les acteurs de la grande consommation. La ruée enregistrée lors de la période estivale sur certains produits - épiphénomène caniculaire - n'aura en rien permis de rétablir une situation compromise par un environnement économique qui n'a de cesse de peser sur le moral comme sur le pouvoir d'achat des ménages. La détermination du gouvernement, qui entend s'affranchir des contraintes du Pacte de stabilité pour mieux soutenir l'emploi et la croissance, réjouira sans doute ceux qui attendent quelques signes forts. À l'égard des entreprises, pour qu'elles retrouvent le chemin de l'investissement. À l'égard des ménages, pour que la consommation, dernier moteur de la croissance, ne faiblisse pas davantage.

Pour qui veut bien porter attention au moral des ménages, il y a fort à faire. Le tout dernier sondage la Tribune-CSA révèle que 62 % des Français (67 % des employés et 64 % des ouvriers) sont pessimistes sur l'évolution de la situation économique, alors que 82 % d'entre eux s'attendent à une dégradation de l'emploi. Inquiétante, cette crise de confiance se double d'une inquiétude plus vive quant à l'évolution du pouvoir d'achat. Là encore, la grande masse des salariés - et donc des consommateurs - exprime le plus vif pessimisme : 89 % des employés et 85 % des ouvriers envisagent une détérioration de la politique salariale. Autant d'inquiétude ne semble pas toutefois devoir affecter la consommation à court terme. Seuls, comme l'an passé à même époque, 29 % des ménages envisagent en effet de restreindre leurs achats.

Est-ce pour réveiller une ardeur consommatrice alanguie ? Les distributeurs, généralistes ou spécialistes, ont placé cette rentrée 2003 sous le signe des prix. L'offensive est générale et n'épargne aucun secteur. L'enjeu est de taille. Il s'agit rien moins que d'en appeler au pouvoir d'achat pour fidéliser ou conquérir. LSA passe en revue cette semaine les stratégies déployées par les grandes enseignes ( lire page 24). Au fond, peu importe si, comme le déclare Francis Mer, « les baisses d'impôts auront tôt ou tard un effet sur la consommation ». C'est dès ce mois-ci, avec l'offensive annoncée, que se joue une grande partie de la croissance 2003.

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Article extrait
du magazine N° 1827

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