Toujours plus d'alcool dans les chariots des Français!

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En attendant la réouverture des terrasses et établissements de hors-domicile, les Français ont acheté davantage d'alcools en grandes surfaces. NielsenIQ fait le point, compare les pertes des bars et restaurants avec les ventes additionnelles en grandes surfaces et évoque les performances des champagnes ou encore des magasins de certains quartiers parisiens

Parmi les plus fortes croissances de ce début d’année au sein du rayon, on retrouve notamment les champagnes, les gins, les vodkas et les liqueurs. Le point commun entre ces catégories ? La dimension “festive” et le partage.
Parmi les plus fortes croissances de ce début d’année au sein du rayon, on retrouve notamment les champagnes, les gins, les vodkas et les liqueurs. Le point commun entre ces catégories ? La dimension “festive” et le partage.© 123rf
"Après une année 2020 au beau fixe pour les ventes d’alcools en grandes surfaces, les premiers mois de l’année confirment la bonne dynamique du rayon alors que les établissements de CHR (cafés, hôtels et restaurants) affichent toujours portes closes en attendant leur prochaine réouverture", note NielsenIQ dans son communiqué. Les gains de la grande distribution ne compensent pas les pertes du CHR En temps “normal” (hors COVID-19), les ventes d’alcool en Cafés, Hôtels et Restaurants (CHR) devraient s’élever à 80 millions de litres sur les 4 premiers mois de l’année. En 2019, avant la pandémie, c’est cette quantité d’alcools qui avait été consommée dans ces commerces. Autant de litres non vendus cette année dans les bars, pubs et autres restaurants donc, et que les Français remplacent par une consommation à domicile, avec des bouteilles achetées notamment en grandes surfaces.
 
Pour autant, la croissance observée en grande distribution sur les 4 premiers mois de 2021 ne permet pas de compenser les pertes engendrées en hors domicile. Ce sont en effet 63 millions de litres additionnels d’alcools qui ont été vendus par rapport à la même période en 2020. Si le report entre les circuits s’effectue à 95% sur les spiritueux, il n’est que de 69% sur les bières, particulièrement pénalisées par la fermeture des établissements hors-domicile.
Pour Nicolas Léger, Directeur Analytique chez NielsenIQ, “le début d’année est en temps normal une période plutôt creuse pour le rayon alcools, et force est de constater que les ventes d’alcool augmentent considérablement ces derniers mois. Mais si la consommation à domicile a sensiblement augmenté, il s’agit essentiellement de reports de consommation : la consommation globale d’alcool est quant à elle plutôt en déclin. Reste à savoir si une fois le plan de déconfinement progressif enclenché, la tendance finira par se tasser pour le rayon alcools… Ou si au contraire, les Français auront pris pour nouvelle habitude de privilégier une consommation conviviale à leur domicile, au détriment des établissements du CHR tels que les pubs, bars etc…”
Si le report d’une consommation hors domicile vers le domicile en raison de la fermeture des établissements de CHR explique en partie les fortes croissances observées en janvier et février, celles-ci se poursuivent en mars et avril.
 
Avec un 3ème confinement moins strict que celui du printemps 2020, et davantage de possibilités de se retrouver entre proches, ces hausses ne sont pas surprenantes, mais la comparaison des tendances en volume et en valeur révèle également une valorisation de la consommation. Alors que l’écart de croissance entre l’évolution du chiffre d’affaires et des volumes était de 0.7 point en 2020 (+5.7% en valeur et +5.0% en volume), il est cette année passé à 3.7 points (+14.4% en valeur et +10.7% en volume). “Les Français semblent saturer de cette situation qui dure depuis plus d’un an désormais, et ont besoin de ces moments de partage pour s’évader et se retrouver. Mais ils cherchent également à se faire plaisir, en étant moins regardants quant au budget alloué à leur consommation d’alcool. Le prix moyen au litre d’alcool en CHR étant, en moyenne, 10 fois plus élevé qu’en grande distribution, on comprend que cette envie de se faire plaisir, doublée d’un pouvoir d’achat accru, entraîne cette valorisation”, explique Nicolas Léger.
Parmi les plus fortes croissances de ce début d’année au sein du rayon, on retrouve notamment les champagnes, les gins, les vodkas et les liqueurs. Le point commun entre ces catégories ? La dimension “festive” et le partage.
 
Alors que fêtes et sorties ont subi un net coup d’arrêt en mars 2020, les Français montrent sur ce début d’année une volonté de rattraper le temps perdu et de célébrer à nouveau… tout particulièrement ces dernières semaines. Ainsi la croissance des ventes de vodka a doublé depuis mi-mars. C’est notamment le cas pour les populations les plus jeunes, adeptes des établissements de CHR en temps normal : les moins de 35 ans sont ceux qui ont le plus augmenté leur consommation d’alcool lors du premier trimestre, avec 16% de dépenses en plus. L’analyse plus fine en termes de géographies est également révélatrice : la bière s’avère ainsi extrêmement dynamique dans certaines zones, comme le constate Mathieu Fazilleau, Consultant chez NielsenIQ : “la bière révèle des performances encore plus fortes dans la capitale depuis le début d’année, et tout particulièrement dans certains quartiers “festifs” de la capitale, comme le Marais, Montmartre ou le Canal Saint-Martin”.