Traçabilité : La simplicité et la pédagogie primées

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Les trophées GS1 France 2005, remis le 20 octobre, ont récompensé des sociétés qui ont appliqué les standards en accompagnant leurs partenaires.

«Il faut énormément se parler avant l'implantation des technologies pour que tout soit plus fluide ensuite » C'est, résumée par Pierre Chatelain, responsable support technique produit chez Norauto, la recette commune des lauréats des trophées GS1 France pour 2005 : une vision claire des projets, un dialogue permanent, une mise en oeuvre rigoureuse.

Les sociétés primées ont su dépasser les aspects technologiques et - très - techniques, en coordonnant au maximum les équipes. En clair, plus les échanges sont dématérialisés, plus les relations entre les partenaires doivent se renforcer. Surtout avec les plus petits d'entre eux.

Une démarche explicative

« Nous avons décidé de nous mettre dans la peau du fournisseur que nous imaginions le plus démuni face aux exigences réglementaires de la traçabilité alimentaire », indique Bruno Valladon, directeur général de la Scachap. La centrale du groupement E.Leclerc, basée en Poitou-Charentes, a démarré sa démarche dès le début de l'année 2004. Car pas question d'imposer telles quelles à leurs plus petits fournisseurs les trois exigences d'une bonne solution traçabilité à la mode GS1 : marquage des unités logistiques avec l'étiquette EAN 128, exploitation de l'avis d'expédition électronique et utilisation d'un modèle d'étiquette bien précis selon le type de palette. « Nous avons mis en relation l'entreprise familiale de production de champignons, Scaec des Cèdres, avec nos deux chefs de projet traçabilité », ajoute Bruno Valladon. Ne disposant d'aucun ordinateur au départ, la société a ainsi progressivement évolué vers le web-EDI pour ses avis d'expédition électroniques avec un abonnement de 76 E par an pour une connexion à haut débit.

Histoire d'être le plus accessible possible, la centrale d'achats a réalisé une vidéo à destination de ses 200 PME et TPE fournisseurs. Résultat, les trois conditions sine qua non de la traçabilité sont respectées par 70 % des industriels. « Nous aimerions arriver à ce que la totalité de nos fournisseurs petits et moyens soient engagés dans le processus d'ici à la fin de l'année », souligne Bruno Valladon.

Le même esprit a animé Norauto dans la dématérialisation fiscale de la facture. Le numéro un des centres-autos en Frane s'appuie sur la plate-forme française pour stocker les factures des onze pays d'Europe où il est implanté. « Nos implantations dans les différents pays ne nous permettent pas d'avoir des outils dédiés, il est préférable de mutualiser », note Pierre Chatelain, responsable de support technique produit. Dans ce cadre, Norauto France agit comme prestataire de services. Mais que de travail pour en arriver là. En France, le premier projet a été d'automatiser la saisie des factures à partir de 1997. Cette année-là, l'enseigne s'est aussi attaquée à la dématérialisation fiscale. Elle a privilégié les fournisseurs livrant les centres-autos en direct, ceux qui génèrent le plus de factures ; les fournisseurs de pneumatiques, d'é- chappements et de batteries...

En attendant la RFID

Outre le gain financier, la facture dématérialisée permet, entre autres, une économie dans la saisie, un contrôle de facture strict et diminue le volume de stockage tout en assurant la sécurité de l'archivage. Les litiges et les relances de fournisseurs sont également restreints. Bilan de l'opération, plus de 1,8 million de factures de marchandises ont été traitées depuis le début du projet... Soit deux fois la hauteur de la tour Eiffel !

Du côté de Saint-Amand, on ignore le volume d'eau des quatre marques tracées par le groupe, mais le minéralier a su intégrer avec succès les standards GS1 dans ses systèmes informatiques. Le principe est de noter toutes les données liées à la traçabilité des matières premières et les actions et interventions sur la ligne de production. « Grâce au numéro d'identifiant palette (SSCC), nous pourrions rapatrier une palette jugée défectueuse », indique Franck Catry, directeur des opérations financières en charge de la logistique. Déjà appliquée sur l'usine de Saint-Amand, la solution se déploie actuellement sur les six autres sites de production. Avec 57 % du marché des marques de distributeurs, Saint-Amand a poussé l'intégration au maximum, car elles travaillent aussi en gestion partagée des approvisionnements et a mis en place avec Carrefour le traitement des factures dématérialisées.

Benedicta, qui a suivi une démarche similaire, est passé, de fil en aiguille, de problématiques purement techniques à une réflexion plus globale sur sa chaîne logistique. La cause ? L'étiquette d'identification par radiofréquence (RFID). « Les enjeux des deux technologies - AS2 et RFID - se recoupent souvent », indique Philippe Gautier, directeur informatique du numéro deux français des sauces froides. La démarche RFID, qui nécessite une bonne dose de pédagogie et plusieurs pilotes, sera certainement l'occasion de lancer bientôt un nouveau trophée GS1 France.

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Article extrait
du magazine N° 1926

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