Travail le dimanche : le Conseil de Paris devrait dire non à l'ouverture des grands magasins

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Très attendu, le rapport de la mission d'information et d'évaluation demandé par Anne Hidalgo commence à circuler et oppose une fin de non-recevoir à la généralisation de l'ouverture dominicale dans Paris. Le Conseil de Paris, qui doit se réunir le 15 décembre, devrait donc dire non à cette libéralisation. Les grands magasins ne pourront pas ouvrir le dimanche, comme ils l'espéraient. Une victoire pour les syndicats. Reste la loi proposée par Emmanuel Macron qui, lui, prône l'assouplissement du travail dominical...

Les Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à Paris, aimeraient ouvrir le dimanche, tout comme le Printemps.
Les Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à Paris, aimeraient ouvrir le dimanche, tout comme le Printemps.

Cela devrait être une déception pour les lobbys du commerce parisien. Après un premier refus en juin 2010, les grands magasins risquent fort de se voir refuser par le Conseil de Paris qui se réunit le 15 décembre l'autorisation d'ouvrir le dimanche. "Il y avait 100 000 demandeurs d'emploi à Paris en 2010, il y en a 130 000 aujourd'hui", soupire Claude Boulle, président de l'UCV, l'Union du commerce de centre-ville qui représente les grands magasins. La majorité de gauche, ainsi que les écologistes, sont opposés au travail le dimanche. Et pour Anne Hidalgo, maire de Paris, c'est une manière de répondre à Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, qui, dans sa loi de la croissance, dont le projet devrait être présenté en Conseil des Ministres le 10 ou le 17 décembre, souhaite la création de "zones touristiques internationales" (ZTI) où les commerces pourraient ouvrir le dimanche.

Un long débat

A Paris, le débat dure depuis plusieurs mois, depuis que Laurent Fabius, qui a le tourisme dans son ministère des Affaires étrangères, a remis le sujet sur la table en mai dernier. Anne Hidalgo a donc nommé une Mission d'information et d'évaluation (MIE) qui a auditionné les lobbys du commerce, des économistes, des syndicalistes. En question, la ville de Paris, découpée aujourd'hui en huit zones touristiques. Selon plusieurs élus, l'intérêt économique de l'ouverture le dimanche ne serait pas démontré. Ce que dément fortement l'UCV, chiffres à l'appui. "L'impact économique de l'ouverture le dimanche des quatre grands magasins parisiens intéressés, les Galeries Lafayette, le Printemps, le BHV et le Bon Marché, est évalué à 5% de chiffre d'affaires supplémentaire, soit 160 millions d'euros par an et représente 2000 postes de travail". A eux quatre, ces magasins réalisent 1,3 millard d'euros de chiffre d'affaires avec les touristes. Un argument qui offusque les syndicats. "C'est faux, répond Eric Scherrer, du Clic-P, l'intersyndicale parisienne en pointe sur le sujet. Les gens ne consommeront pas le lundi ce qu'ils ont acheté le dimanche". Et d'ajouter, anticipant un débat difficile en 2015 : "le gouvernement va s'apercevoir que pour voter une loi, il faut une majorité".

Ci-dessous le document de l'audition de l'UCV devant la MIE

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