Travail le dimanche: les syndicats vent debout

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Les syndicats sont contre les grandes lignes du projet d'Emmanuel Macron sur l'ouverture le dimanche.
Les syndicats sont contre les grandes lignes du projet d'Emmanuel Macron sur l'ouverture le dimanche.

Il n’y a plus qu’eux pour protester contre l’assouplissement du travail le dimanche. Sitôt la conférence de presse d’Emmanuel Macron terminée hier et l’annonce de mesures élargissant l’ouverture dominicale, le CLIC-P, intersyndicale du commerce parisien qui réunit la CFDT, la CGT et l’UNSA, a dégainé. « D’ores et déjà et sans aucune justification économique démontrée, entre récitation des dogmes libéraux, critères flous (potentiel économique) et lapalissades (zones touristiques de dimension internationale), le nouveau ministre de l’économie va bien plus loin que le rapport Bailly : il s’attaque au travail de nuit (rebaptisé « travail en soirée ») qui n’avait pas fait l’objet d’une étude dans le rapport, au mépris de la santé et de la sécurité des travailleurs ».

Et le CLIC-P de brandir des arguments économiques : il rappelle qu’aucune étude sérieuse à ce jour n’a démontré les effets positifs d’un accroissement des horaires dans le commerce. « Bien au contraire, les contre exemples fleurissent en Europe (Italie, Allemagne) et jusqu’en France où l’on a pu entendre le patron de Bricorama se plaindre récemment de l’absence d’effet sur son chiffre de l’ouverture de ses magasins le dimanche ».

Les syndicats accusent Emmanuel Macron de céder aux demandes du Medef. "On voit bien que cette dérèglementation générale du temps de travail est un tribut que demande le patronat ». Même les garde-fous que propose le gouvernement (paiement double, repos compensateur obligatoires) ne satisfont pas les syndicats. « On se doute bien que le Medef qui pleure toute l'année sur le coût excessif du travail ne va pas accepter durablement des majorations de salaires sur certaines plages horaires", poursuit Karl Ghazi. « On ne peut pas dire que le travail coûte trop cher le lundi, le mardi, le mercredi, mais pas le dimanche!".

Force Ouvrière Commerce pointe l’ouverture annoncée des commerces dans une douzaine de gares. "Les propositions de passer à 12 dimanches au lieu de 5 et de permettre aux gares d'ouvrir leurs commerces le dimanche, ne favorisent que les grandes enseignes, c'est la mort du commerce en proximité des gares et en centre-ville ».

Le fait de donner la main aux maires pour accorder des dimanches supplémentaires (7 en tout) risque selon la CFDT d’accroître le lobbying. « Cela risque de renforcer le clientélisme politique en donnant aux maires la capacité d'accorder 12 ouvertures dominicales et, d'une manière plus cynique, de les obliger à le faire en créant une concurrence intercommunale". Et la fixation du seuil de 11 salariés, en dessous duquel il n’y aurait ni compensations salariales ni repos supplémentaire risque également "de pénaliser les salariés des petites entreprises en leur retirant tout droit à compensation et toute liberté de refuser une modification substantielle de leur contrat de travail".

Les syndicats appellent à une journée de manifestation des salariés le 14 novembre. Reste à savoir s'ils seront suivis par une population syndiquée à moins de 10%. Le débat parlementaire qui aura lieu début 2015 risque fort d'être agité.

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