Travail le dimanche, où en sont les enseignes ?

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LÉGISLATION - LOISTRAVAIL DOMINICAL La Fnac qui propose de payer triple son personnel le dimanche, les grands magasins qui ne parviennent pas à trouver d’accord avec leurs salariés, à l’inverse de Zara qui, elle, ouvrira ses portes sept jours sur sept… Tour d’horizon des négociations « dominicales » dans la distribution.

Si la Fnac compte payer triple les dimanches travaillés, aucun repos compensateur n’est prévu pour les volontaires.
Si la Fnac compte payer triple les dimanches travaillés, aucun repos compensateur n’est prévu pour les volontaires.© Intermarché Dole

Le chemin qui mène à l’ouverture dominicale reste semé d’embûches. Le cadre législatif simplifie pourtant, en théorie, la donne. Douze dimanches dits « du maire » sont accordés à l’ensemble des magasins depuis le début de l’année. Ajoutez à cela la loi Macron, adoptée le 10 juillet 2015, qui offre la possibilité, à l’issue d’un accord de branche ou d’entreprise, de généraliser cette pratique tout au long de l’année moyennant une rémunération double des salariés et un repos compensateur des heures travaillées.

« Une loi très complexe »

Mais ce texte fortement médiatisé génère en pratique des situations alambiquées chez les distributeurs : « Il a encadré les discussions entre la direction et les syndicats et pourrait conduire à la multiplication des référendums au sein des entreprises. Le maintien des zonages rend aussi cette loi très complexe à appliquer », souligne Hélène Gelas, avocate associée au cabinet CGR Legal, en référence à l’établissement des « ZTI », ces zones touristiques internationales dans lesquelles les boutiques peuvent ouvrir sept jours sur sept.

Où en sont les enseignes ? Si certaines sont parvenues à un accord facilement, comme Darty et celles du groupe Inditex (lire ci-dessous), beaucoup sont actuellement en cours de négociations, à l’instar de H & M, Marionnaud et Sephora. Ces géants restent discrets sur les conditions proposées pour aboutir à une ouverture dominicale généralisée. La Fnac, qui n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, revoit sa copie à l’heure où nous mettons sous presse. Toutefois, une annonce phare parmi ses propositions est déjà connue : le groupe prévoit en effet de payer triple les dimanches travaillés, douze fois par an, pour les salariés volontaires. « Mais attention, prévient Myriam Boudouma, secrétaire fédérale CFDT-Services, ces dimanches payés triple n’ont pas de repos compensateur. »

Le rôle clé de la CFDT

Ce syndicat pourrait jouer un rôle décisif dans de nombreuses négociations qui avancent cahin-caha. En effet, les forces syndicales présentes dans le commerce, la CGT et FO, sont idéologiquement contre le travail dominical. La CFDT, qui se dit certes « attachée à ce jour de repos », se positionne de façon plus pragmatique selon les propositions des groupes. Majoritaire chez Zara, ce syndicat a, par exemple, signé pour ouvrir tous les dimanches, moyennant une majoration du salaire de 110%, avec repos compensateur pour les cadres. Cet accord permettra à 90 points de vente Inditex, dont une trentaine sous la griffe Zara, d’ouvrir tous les jours de la semaine.

Le dernier dossier houleux concerne les grands magasins. À ce jour, les points de friction sont nombreux : les démonstrateurs dans les corners, qui représentent plus de 60% du personnel présent, n’auraient pas le droit aux mêmes avantages que les employés de ces grands magasins, et les conditions proposées à l’heure actuelle ne sont pas assez intéressantes aux yeux des syndicats contactés. L’Union du grand commerce de centre-ville doit donc revoir sa copie… pour espérer profiter de cette loi tant attendue.

Ces magasins ouverts le septième jour

Les salariés ont dit « oui » au travail dominical dans deux groupes. Chez Darty, sept magasins parisiens ouvrent tous les dimanches depuis le 18 octobre 2015. Chez Nature et Découvertes ainsi qu'Etam, les accords ont été facilement adopté. Autre groupe de textile où le travail pourra être généralisé sept jours sur sept, Les magasins du groupe Inditex présents en France (Zara, Massimo Dutti, Bershka, Oysho…) ont signé un accord le 30 décembre ; 90 boutiques du groupe sont concernées car situées dans des zones touristiques. Pour rappel, des dérogations existent déjà pour les pépiniéristes, l’ameublement et le bricolage. Les commerces alimentaires ont également une autorisation jusqu’à 13 heures, tous les dimanches.

 

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