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"Et si nous inventions un nouveau système alimentaire, pour devenir une référence mondiale?" [Tribune Conso demain]

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DossierTRIBUNE D'EXPERTS Pour Christophe Burtin, Senior Partner chez Kea&Partners, il faut d’urgence réinventer un système alimentaire à bout de souffle et inefficient tant du point de vue économique qu’écologique.  

Christophe Burtin, senior partner, 
Kea&Partners
Christophe Burtin, senior partner, Kea&Partners © DR

Et si nous inventions un nouveau système alimentaire qui soit une référence mondiale dans 10 ans ? Il faut d’urgence réinventer un système alimentaire à bout de souffle et inefficient tant du point de vue économique qu’écologique. Nous avions identifié au moins 20 points de gains possibles entre industriels et distributeurs avant une crise du covid qui n’a fait qu’amplifier les sujets. Et c’est sans compter la très faible résilience aux chocs futurs: le coût des énergies fossiles, la disponibilité en eau et la chute brutale de la biodiversité. Autant de points, c’est la porte ouverte à des disruptions par des foodtech ou par des acteurs extérieurs au food. 

Pour mémoire, un acteur de la grande distribution doit dégager au moins 23% de marge commerciale face à des modèles plus agressifs qui peuvent vivre à 10 points en-dessous (les hard discounters, mais aussi les magasins de producteurs ou les coopératives de consommateurs). La frugalité n'est donc pas une option. Les industriels doivent dégager une marge sur coût variable d'au moins 35% pour financer de manière récurrente du marketing et du soutien commercial pour la diffusion nationale de leurs marques (soit 20 à 30 de coûts), et faire face à des modèles plus agressifs (marques réservées, régionales, locales). Revisiter sa chaîne de valeur toujours dans une démarche frugale est une obligation pour ceux qui peinent à tenir cette ligne de flottaison.

Réinventer signifie changer toutes les règles actuelles de toute la chaîne de valeur avec la frugalité comme maître mot pour garder accessible une alimentation de qualité.

Le territoire réunissant une ville et ses campagnes environnantes doit être la matrice de cette réinvention. Un territoire vivant multipliant les interdépendances entre acteurs, poly-activités circulaires, relié à d’autres territoires proches ou lointains,valorisant les externalités  positives et créant les conditions pour entreprendre et innover

Quelques règles à remettre à plat : la massification (industrielle, achats), la spécialisation des productions, l’universalisme sur toute la France (assortiment, marques et enseigne), la spécialisation des sites (production, commerce, entrepôt), la logique annuelle, le culte du héros qui pense gagner tout seul, la spécialisation des acteurs sur un seul métier, l’indifférenciation client,...

Pour réussir, il s’agit aussi d’être clair sur sa raison d’être et de se doter d’une vision à 10 ans "aspirationnelle" pour ses salariés, actionnaires et parties prenantes, matérialisée par des preuves et des engagements tangibles et mesurables
 

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