Marchés

[Tribune] Etats généraux de l'alimentation : "Un marché de dupes", selon Dominique Amirault (Feef)

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TRIBUNE D'EXPERTS Dans cette tribune, Dominique Amirault, président de la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France, quelque 850 adhérents, veut que les «règles du jeu soient respectées».  

Dominique Amirault

- Le déséquilibre des relations commerciales pèse sur les PME et les agriculteurs

Le problème du revenu des agriculteurs n’est pas la guerre des prix (donc, pas les questions de SRP, promotions…); d’ailleurs, les « prix consommateurs » ne sont pas plus bas en France que chez nos voisins.

Le vrai problème est le déséquilibre des relations commerciales entre un amont très atomisé et un aval que l’on a laissé se concentrer de façon excessive et qui produit des dysfonctionnements de l’économie.

L’objectif de l’atelier 7 des Etats Généraux de l’Alimentation était d’améliorer ces relations commerciales pour créer plus de valeur et mieux la répartir auprès des acteurs les plus fragiles de l’amont, agriculteurs et PME.

Défendant et pratiquant les relations collaboratives avec les distributeurs depuis des années, nous avons soutenu, avec confiance, la méthode de concertation voulue par le Président Macron pour trouver ensemble des solutions efficaces et partagées.

- Mais, quand la concertation est faussée, les mesures retenues sont inadaptées…

Manifestement, on ne respecte pas les « règles du jeu » de la méthode collaborative. Clairement, on a compris que, par le jeu des lobbys, « les jeux étaient faits, entendus d’avance », transformant cet Atelier en chambre d’enregistrement :

            + En effet, à la question politique de l’augmentation des revenus agricoles, on a vite compris que, pour le gouvernement, la solution était encore réglementaire, notamment par la majoration du SRP (et l’encadrement des promotions) ! Solution anti-commerciale d’une économie administrée et déconnectée de la réalité du commerce sur le terrain puisqu’il en résultera inévitablement une augmentation des prix aux dépens des consommateurs. Ce qui profitera, au total, encore plus au commerce électronique (Amazon et autres…) !

            + Mais en plus, cette solution est portée par l’ensemble de l’aval concentré, c’est à dire les distributeurs et les grands groupes, confortant ainsi leur rentabilité et leurs rentes de situation (comme s’il s’agissait de protéger les acteurs établis). Par ailleurs, cette mesure est trompeuse car elle ne garantit, en rien, l’augmentation des revenus agricoles ! Enfin, cette mesure conservatrice est l’illustration de la complexité française par la « sur-réglementation » pour laquelle les PME ne sont pas armées. Comment, dans ces conditions, peut-on continuer à leur faire croire que c’est pour les protéger ?!

Les PME (qui représentent plus de 90% des fournisseurs de la GD, qui enracinées dans nos territoires ne délocalisent pas, innovent, créent le plus d’emplois en France) sont opposées à ces mesures conservatrices d’économie de rente et sont solidaires des agriculteurs pour trouver des solutions réelles et immédiates.

- Tenir compte des fluctuations de cours agricoles dans les tarifs pour pouvoir ainsi assurer les revenus des agriculteurs

C’est la seule solution à condition d’en respecter la date d’application (3 mois après l’envoi de LRAR), contrairement à ce qui se pratique actuellement. Le non-respect de cette règle, du fait du déséquilibre des relations commerciales, en fait supporter injustement les incidences aux acteurs les plus fragiles des filières agro-alimentaires (agriculteurs et PME).

Cette mesure est simple et efficace alors que le « SRP majoré » (et la limite des promotions) est une « usine à gaz » compliquée, inefficace et contraire à la réglementation européenne.

- Le discernement dans les relations commerciales pour tenir compte de la réalité composée de familles d'acteurs très différents

La LME a développé la « loi du plus fort » et accru le déséquilibre des relations commerciales aux dépens de l’amont. Il est donc nécessaire de traiter avec discernement les agriculteurs et les PME en tenant compte de leurs spécificités, mais aussi de leurs contributions dans le cadre de leurs partenariats avec les enseignes. Aussi, on ne peut pas traiter de la même manière les intervenants puissants et petits qui, manifestement « ne boxent pas dans la même catégorie » pour tenir compte de leurs diversités, sources de différenciation et de création de valeur.

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