[Tribune] "Les enseignes doivent faire entrer d’urgence leur marketing dans le 21ème siècle digital", Olivier Magnan-Saurin (Fidzup)

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

TRIBUNE D'EXPERTS Pour Olivier Magnan-Saurin, le PDG de Fidzup, start-up spécialisée dans le marketing mobile à la performance, il y a urgence pour les enseignes physiques à rentrer enfin dans  le 21ème siècle digital en transférant leurs investissements marketing du offline vers le online. Pour lui, le mobile, outil personnel et local par excellence, est la pierre angulaire de cette indispensable transformation digitale. Tribune.

Olivier Magnan-Saurin, PDG de Fidzup.
Olivier Magnan-Saurin, PDG de Fidzup. © DR

Le récent rachat de l’enseigne physique Whole Foods Market par Amazon pour 13,7 milliards de dollars et les récents dépôts de bilan de MIM et TATI montrent bien que le commerce de détail vit actuellement un chamboulement sans précédent. Pour endiguer la baisse de leur chiffre d’affaires et gagner face à la concurrence, les enseignes doivent réagir rapidement en transférant leurs investissements marketing du « off line » vers le « on line ». Le mobile, outil personnel et local par excellence est la pierre angulaire de cette indispensable transformation digitale.

Des frontières chaque jour un peu plus floues

Grâce aux gigantesques réserves de trésorerie dont il dispose, Amazon vient récemment de racheter Whole Foods Market, un distributeur de produits frais bio au chiffre d’affaires de 16 milliards de dollars. Par la même occasion, il a mis la main sur un réseau de distribution de 460 magasins aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume Uni. Avec cette opération, le géant de l’e-commerce, qui ne réussissait pas à percer dans ce secteur de l’alimentaire, vient d’ébranler le cours de bourse des grands barons américains que sont les Walmart, Kroger ou autres Costco. Le géant du Web disposera désormais d’une base étendue pour livrer les Internautes en produits frais, en toute confiance et dans les délais record qui constituent sa marque de fabrique. Nul secteur n’est à l’abri désormais.

Les magasins physiques sur la sellette

Curieux télescopage, dans le même temps, l’actualité française était rythmée par la fermeture de centaines de magasins MIM et par la liquidation judiciaire du groupe TATI, disrupteur en son temps d’un secteur textile encore axé sur des produits made in France. Ces claps de fin ne sont pas isolés. Pour quelques grands noms qui disparaissent, nombre de magasins d’enseignes sont étranglés par des loyers démesurés au regard du chiffre d’affaires généré. Combien de liquidations faudra-t-il encore pour que le commerce physique entame son indispensable mue digitale ? Combien de temps pour que les enseignes se décident à se battre avec les mêmes armes que les acteurs de l’e-commerce ? Quelques grands noms comme la FNAC ou Darty ont réussi à faire leur entrée dans le 21ème siècle digital. Synonyme de modernité malgré leur ancienneté, ils ont fait d’Internet un outil privilégié pour conquérir les consommateurs et booster leur croissance. Alors, on s’y met quand ?

Les commerçants à la traine du digital

Alors que les e-commerçants disposent aujourd’hui d’outils innovants et accessibles financièrement pour maximiser le ROI de leurs campagnes et l’analyser au centime près, ils continuent à utiliser les outils du 20ème siècle. Ainsi, des millions d’euros sont investis chaque année dans des catalogues papier qui finissent à la poubelle, dans des affichages en 4 par 3 qui sont oubliés aussitôt vus et dans des campagnes sur les radios locales où leurs marques sont noyées parmi des centaines d’autres. Le dénominateur commun de toutes ces dépenses ? Le manque de ciblage en amont et l’impossibilité d’analyser le ROI des campagnes en aval. Tous ces investissements à l’aveugle sont réalisés au nom d’une croyance révolue : « le digital c’est bien mais ça ne permet pas de cibler les bons consommateurs, dans la zone de chalandise ad hoc ».

L’urgence de basculer les investissements du off line vers le on line

Le marketing on line, ainsi que toute une gamme d’outils de tracking et d’analyse pour le commerce physique permettent aujourd’hui un ciblage optimal du consommateur. Le comportement de ce dernier est donc analysé, qu’il soit en train de surfer sur Internet ou de faire ses courses dans un magasin près de chez lui ou de son travail. Les responsables marketing des points de vente peuvent ainsi s’appuyer sur une fine connaissance des attentes et des préférences des consommateurs situés dans leur zone de chalandise. Ils peuvent gérer finement des campagnes de promotions, de recrutement et de fidélisation et en mesurer l’impact avec précision. Ils maximisent ainsi leurs KPI et le retour sur investissement de leurs actions marketing. Grâce au mobile, un véritable changement de paradigme est en cours, offrant une opportunité unique pour les Retailers. Marketing digital de nombreuses opportunités pour les retailers Le smartphone permet aux magasins physiques de créer un lien étroit et en continu avec les clients. Loin de s’opposer, le point de vente et Internet s’envisagent donc comme deux canaux complémentaires. Les consommateurs sont prêts pour ce changement. Selon une enquête IFOP 2016, un Français sur deux (51%) trouverait intéressant de recevoir des offres promotionnelles en temps réel sur son smartphone, en passant dans les rayons d’un magasin (67% des moins de 35 ans).  Cette efficacité s’explique par le fait que le message est reçu sur un smartphone, un outil personnel et essentiel au quotidien, utilisé notamment pour le paiement.

De nombreuses enseignes ont d’ores et déjà commencé à reporter leurs investissements du off line vers le on line, en plaçant le smartphone au cœur de leur dispositif marketing. Les Retailers physiques doivent franchir le pas rapidement pour profiter de cette opportunité de croissance unique, dans une ère où les dépôts de bilans sont de plus en plus nombreux et où le commerce électronique menace désormais tous les secteurs d’activité

 

L’auteur

Olivier Magnan-Saurin, 29 ans, est diplômé de l’ICAM et de l’Ecole de Management de Grenoble. Il est le co-fondateuret PDG de Fidzup, start-up spécialisée dans le marketing mobile à la performance pour le retail physique.

 

L’entreprise

Créée en 2011, FIDZUP  se revendique comme une plateforme leader du Marketing Mobile à la performance pour le retail. Elle vise à permettre aux enseignes physiques de disposer des mêmes atouts que les enseignes en ligne pour augmenter le trafic et les ventes en magasin. La technologie propriétaire de Fidzup permet à ces dernières de déployer des campagnes publicitaires ciblées sur le mobile et d’en mesurer les impacts en magasin (trafic, intention d’achat, durée de visite, essayage ou test produit, acquisition, fidélisation…). L’offre de Fidzup repose sur la fusion d’une DSP, d’une DMP et de Tags Wifi placés en point de vente. La société emploie plus de 25 collaborateurs en France et compte parmi ses clients de grandes enseignes de la distribution généraliste et spécialisée. La société vient récemment de lever 3 millions d’euros pour accélérer sa croissance et mieux servir ses clients.

 

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA